L'homme derrière la conquête

Marcel Desjardins a distribué les poignées de main... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Marcel Desjardins a distribué les poignées de main dans le vestiaire après la victoire de son équipe à Toronto.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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L'ivresse de la victoire a frappé le Rouge et Noir de plein fouet, tard dimanche soir, dans un vestiaire du stade BMO.

Il était passé minuit. Il restait trois journalistes, dont celui du Droit, dans une mer de joueurs, entraîneurs, employés et amis des nouveaux champions de la coupe Grey.

Puis tout d'un coup, une scène retiendra l'attention.

Cigare à la bouche, le demi de coin Jonathan Rose serre la main du directeur général Marcel Desjardins. La recrue américaine âgée de 23 ans invite ensuite son patron quinquagénaire à faire quelques pas de danse avec lui.

Les autres joueurs rigolent et multiplient les photos.

«Plusieurs autres gars comme moi dans cette équipe n'ont jamais remporté un championnat depuis leurs débuts au football mineur. Et ce moment-ci, il a été rendu possible par cet homme, explique Rose.

«C'est lui qui a construit cette formation championne en si peu de temps. C'est lui qui amené tous ces joueurs à Ottawa. Il mérite qu'on lui démontre un peu d'amour ce soir !»

Desjardins a poursuivi sa tournée. Tout le monde a eu droit à sa poignée de main. Du héros et quart-arrière Henry Burris au demi défensif Forrest Hightower en passant par les soigneurs et autres membres du personnel de soutien.

Personne n'a été oublié par le DG franco-ontarien.

Ça ne surprenait pas l'ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon. «Du haut jusqu'en bas, il y a une appréciation pour chacun de soi, a-t-il noté.

«Puis on se dit souvent entre joueurs : je t'aime mon gars. Nous passons tellement de temps ensemble à l'extérieur du terrain. Je n'ai jamais vécu ça auparavant. Les gens ici prennent le temps de créer des liens. Et ça vaut la peine.»

C'était une soirée spéciale pour les joueurs. Mais ce l'était tout autant pour Desjardins, un partisan des défunts Rough Riders qui a réalisé un rêve d'enfance en devenant directeur général d'une franchise à Ottawa en janvier 2013.

«J'ai encore mon chandail numéro 33 de Skip Walker chez moi... Mais il ne me fait plus», a-t-il lancé en riant.

Le DG était entouré des membres de sa famille, lui qui a grandi à 45 minutes de route de Toronto, à Burlington. Son premier souvenir des Riders, c'était la conquête de la coupe Grey en 1976. La dernière d'Ottawa avant l'exploit réussi par son équipe, le Rouge et Noir.

Il y a 40 ans

«C'est ce match, il y a 40 ans, qui m'a fait triper sur Ottawa, a rappelé Desjardins.

«Je suis content pour nos joueurs, la ville et ses partisans, mais aussi nos propriétaires. Ils ont mis beaucoup d'années avant d'avoir une franchise. Puis après qu'ils m'ont embauché, ils m'ont laissé faire mon travail et ils m'ont aussi donné les ressources nécessaires et de bonnes installations. Maintenant, ils vont avoir droit chacun à une grosse bague de champions !»

Mais il l'avoue. Le Rouge et Noir lui a donné des sueurs en fin de match contre Calgary, laissant filer une avance pour se retrouver en prolongation.

«Même quand nous menions par 10 points avec trois minutes à faire au quatrième quart, je savais que ce n'était pas fini», a-t-il dit.

Pas que Desjardins ne faisait pas confiance aux siens. «J'ai compris depuis très longtemps que trois minutes dans cette ligue-ci, c'est beaucoup de temps, a-t-il ajouté.

«Ce fut intense, mais à la fin, nous avons obtenu le résultat que nous voulions. Nous avons fini le travail que nous avons commencé l'an passé au match de la coupe Grey à Winnipeg.»

Plus de temps, plus d'argent et plus de plaisir

Il fêtait de façon timide. Un peu en retrait de l'équipe. Mais sans lui et ses partenaires, Ottawa serait peut-être encore sans équipe de la LCF. Un championnat de la coupe Grey ne serait encore qu'un rêve fou.

La Place TD n'existerait pas. Des tours d'habitations se retrouveraient plutôt sur les terres du parc Lansdowne.

En regardant le trophée centenaire se promener de mains dimanche soir à Toronto, Roger Greenberg s'est souvenu de sa première discussion avec John Ruddy, un important homme d'affaires de la capitale nationale tout comme lui.

C'était en 2007. Un an et demi auparavant, les Renegades avaient mis la clé sous la porte. Le duo songeait à convaincre la ligue de leur accorder une nouvelle franchise. Jeff Hunt, alors propriétaire des 67's d'Ottawa, s'est joint au groupe, tout comme William Shenkman et John Pugh.

« Au début de cette aventure folle, John Ruddy m'a dit que ça prendrait un peu de temps, un peu d'argent et que nous aurions beaucoup de plaisir... Je peux te dire que cette équipe a exigé beaucoup plus de notre temps, beaucoup plus de notre argent, mais elle nous a procuré nettement plus de plaisir que ce à quoi je m'attendais.»

«Jamais je n'aurais cru que nous serions si bons si rapidement. Même lors de l'an un en 2014, nous n'avions gagné que deux matches. Mais 14 des 18 parties étaient très serrées.»

Puis il y va d'une autre confidence. Elle concerne le quart-arrière étoile Henry Burris, qui s'est blessé au genou gauche durant la période d'échauffement. Quand j'ai vu que tous les joueurs sortaient du vestiaire en vue de la partie, sauf Henry, j'étais inquiet. Je suis allé voir ce qui se passait avec John Ruddy. Nous avons vu les soigneurs qui s'occupaient de lui.

«Henry grimaçait de douleur. John et moi, nous nous sommes regardés et nous avons dit quelques mots que tu ne peux pas publier dans ton journal familial ! De le voir fouler le terrain et jouer de la sorte par la suite, ce fut incroyable.»

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