La Coupe Grey à Ottawa, 40 ans plus tard

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Henry Burris a été nommé joueur le plus utile du match de la Coupe Grey.

Patrick Woodbury, Le Droit

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(Toronto) Finie l'attente. Ottawa peut se targuer à nouveau d'être champion de la coupe Grey, 40 ans après les exploits de Tony Gabriel en 1976.

Cette fois-ci, c'est un quart-arrière âgé de la quarantaine qui a joué les héros dans une des plus grandes surprises à survenir dans l'histoire de la Ligue canadienne de football (LCF). Henry Burris a surmonté une blessure subie au genou gauche pour aider le Rouge et Noir à gagner 39-33 en prolongation contre les puissants Stampeders de Calgary, dimanche soir, devant 33 421 spectateurs au stade BMO.

La victoire met la table maintenant à un défilé sur la rue Bank, mardi, sur le coup de midi.

« Tout ce que je veux faire maintenant, c'est laisser les amateurs d'Ottawa toucher cette coupe. Ça fait trop longtemps qu'ils attendent ce moment, a soutenu Burris, 41 ans, devenant du même coup le plus vieux quart dans les annales du circuit à soulever le trophée à bout de bras.

«Puis, ça fait du bien de faire mal paraître tous les gens qui ont douté de nous. Qui ont dit que nous n'avions aucune chance, car nous n'avions gagné que huit matches en saison régulière», a ajouté Burris.

Ses coéquipiers et lui sont devenus seulement le troisième club à gagner la coupe après avoir conservé une fiche perdante. Les Lions de la Colombie-Britannique et les Stampeders de Calgary avaient réussi l'exploit, respectivement en 2000 et 2001.

Burris a complété 35 de 46 passes pour 461 verges, le plus haut total depuis 1996. C'est sans compter qu'il a lancé trois passes de touchées en plus d'en inscrire deux autres au sol.

Sa plus importante passe ? Celle de 19 verges à l'intention d'Ernest Jackson qui a donné la victoire des siens en prolongation.

Son receveur favori a jonglé avec le ballon avant de marquer. «Hank nous a donné une frousse avant le match en se blessant durant l'échauffement. Nous ne savions pas s'il allait jouer. Wow. Il a été incroyable», a-t-il soutenu.

Il s'agit de la troisième et peut-être dernière fois que Burris gagnait la coupe Grey. Le père de famille aurait indiqué à des proches qu'il prendrait sa retraite si le Rouge et Noir devait réussir l'improbable et gagner. 

Si c'est bel et bien le cas, il aura conclu son aventure avec un point d'exclamation.

Sa participation était incertaine, quelques minutes avant la finale. Trevor Harris se préparait à prendre sa relève, participant même au traditionnelle pile ou face entre les capitaines des deux clubs.

Puis tout d'un coup, Henry Burris est sorti du vestiaire, allant rejoindre ses coéquipiers déjà sur le terrain. Il a traversé la surface de jeu en levant les bras vers le ciel, lui valant une ovation d'une foule majoritairement rouge et noir

Burris a effacé tous les doutes dès la première séquence offensive du Rouge et Noir. Il a complété quatre passes, couronnant le tout avec une course d'une verge dans la zone des buts.

Des touchés par la suite de Lavoie et Sinopoli, combinés à quelques placements de Ray Early, donnaient une avance de 20 points à Ottawa.

Un coussin qui allait être nécessaire puisque les Stampeders ont orchestré une remontée, profitant de revirements et de pénalités. Un placement de 10 verges du botteur Rene Parades avec 10 secondes à écouler à créer l'égalité 33-33 pour forcer les deux clubs à la prolongation.

«Nous n'avons jamais abandonné. Nous avons été capables de marquer en prolongation et surtout, notre défensive a eu le dernier mot en arrêtant les Stampeders sur leurs trois essais», a souligné le secondeur Tank Reed en célébrant avec ses coéquipiers.

«Je n'ai déjà plus de voix»

Les larmes ont cédé place aux cris de joie et aux bouteilles de champagne.

« Ça ne fait que 15 minutes que le match de la coupe Grey est terminé, mais je n'ai déjà plus de voix », a lancé le maraudeur québécois Antoine Pruneau. Ce dernier n'avait pas oublié la défaite crève-coeur de l'an dernier à cette même finale contre les Eskimos d'Edmonton.

« Cela avait fait mal. Mais là, c'est fou. Nous avons enfin gagné », a affirmé Pruneau. Il fêtait sur le terrain avec sa famille, tout comme ses amis francos Patrick Lavoie, Jason Lauzon-Séguin et Arnaud Gascon-Nadon.

Quatre joueurs qui ont réussi des jeux importants dans cette première conquête de la jeune histoire du Rouge et Noir. Pruneau a effectué un gros plaqué sur le premier jeu du match tandis que Lavoie a marqué un touché.

Quant à Gascon-Nadon, qui a réussi un sac pendant que Lauzon-Séguin a bien protégé le quart-arrière Henry Burris.

« C'est une année 2016 incroyable pour moi. Je suis repêché en première ronde. Puis il y a toutes les reconnaissances et voilà maintenant que nous gagnons la coupe Grey », a lancé le bloqueur recrue originaire de St-Eugène, dans l'Est ontarien.

Encore plus spécial pour lui ? Cette victoire survient le jour de sa fête.

Un autre qui ne cessait de sourire, c'était Lavoie.

« Je vais être honnête. Après l'an dernier, je commençais à douter. Je me demandais si je finirais par la gagner la coupe. J'en suis déjà à ma cinquième ou sixième année dans la ligue », a-t-il rappelé.

Les receveurs célèbrent

Les receveurs Greg Ellingson et Brad Sinopoli célébraient avec les partisans sur le bord des gradins. Le premier en était à sa quatrième participation au match de la coupe Grey, ayant perdu lors des trois dernières années. Le second, lui, a été nommé joueur canadien par excellence.

Ellingson a tenu à louanger la défensive. « Elle a réussi des jeux importants », a-t-il noté, vantant le demi Forrest Hightower a notamment réussi deux sacs.

Le mot de la fin revient à Rick Campbell. « La coupe revient à Ottawa », a-t-il lancé à la foule en recevant la coupe Grey.

Le Rouge et Noir s'est souvenu de Goulet-Veilleux

Cinq mois plus tard, le Rouge et Noir n'a pas oublié son plus grand blessé de la saison. Il l'a amené avec lui au match de la coupe Grey.

Le secondeur Olivier Goulet-Veilleux a passé la soirée le long des lignes de côté, à multiplier les encouragements. Il s'était fracturé le tibia et le péroné de la jambe gauche le 30 juin lors de la deuxième partie régulière à Montréal.

« Oui, je suis à Toronto avec l'équipe, mais je n'ai pas un traitement spécial. Tous les joueurs blessés et les joueurs au sein de l'équipe d'entraînement sont aussi ici », a-t-il fait remarquer.

Il reste que ce ne sont pas tous les clubs de la LCF qui amènent tous ses éclopés en grande finale. Encore moins un joueur de première année qui n'a pas joué depuis le début de l'été.

Mais le Rouge et Noir a toujours répété qu'elle ne laisserait pas tomber Goulet-Veilleux. La recrue québécoise avait surpris en obtenant un poste au camp d'entraînement. Il brillait au sein des unités spéciales avant que le joueur des Alouettes, Martin Bédard, tombe sur sa jambe lors d'un retour de botté.

Une scène horrible qui hante encore ses coéquipiers, visiblement heureux de le revoir dans le giron de l'équipe.

Un autre des joueurs qui jouaient le rôle de spectateur à ce match de la coupe Grey ? Le maraudeur et membre des unités spéciales, Mikaël Charland.

La recrue gatinoise a été laissée de côté contre les Stampeders. Il avait aussi écopé le week-end précédent lors de la finale de l'Est. Tout ça après avoir participé aux trois dernières parties.

« C'est sûr que c'est décevant de ne pas participer à la grosse partie. Ce n'est pas toutes les années que tu peux obtenir une pareille chance de jouer en finale, a soutenu Charland, choix de deuxième ronde au dernier encan de la LCF.

«Mais j'encourage l'équipe. Je suis content d'être ici sur le bord du terrain. Nous formons une belle famille. Je n'aurais pu tomber sur une aussi bonne organisation. Je n'avais entendu que de bons commentaires avant d'être repêché par Ottawa. Les rumeurs étaient fondées.»

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