Trois motivations bien différentes

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Le botteur Ray Early a été parfait en remplacement de Chris Milo. Ce dernier a raté les trois derniers matches de la saison en raison d'une blessure à la jambe droite. Blessure qu'il espère mettre derrière lui.

Frank Gunn, La Presse canadienne

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(Toronto) Trois joueurs du Rouge et Noir, trois motivations bien différentes en vue du match de la coupe Grey.

Connor Williams, Tank Reed et Chris Milo multipliaient les entrevues, vendredi midi, à 48 heures de la finale de la Ligue canadienne de football (LCF). Leurs coéquipiers et eux tenteront d'offrir un premier championnat à Ottawa en 40 ans.

Les défunts Rough Riders avaient gagné la coupe en 1976, à Toronto. La même ville qui accueillera dimanche l'affrontement entre le Rouge et Noir et les Stampeders de Calgary au stade BMO.

« Les gens attendent une conquête depuis longtemps à Ottawa », a reconnu Williams, qui a grandi dans la capitale nationale. Le plaqueur converti en ailier défensif s'avère l'un des cinq joueurs qui ont l'occasion d'évoluer dans leur patelin.

« Cette année, au moins, je vais pouvoir aider l'équipe », a ajouté l'athlète âgé de 25 ans, qui avait raté le match de la coupe Grey en 2015 à Winnipeg. Des maux de dos l'avaient limité à une seule partie en saison régulière.

« Le voyage en avion vers Winnipeg avait été atroce. Déjà que j'avais beaucoup de douleur à marcher et rester assis pour de courtes périodes de temps. Disons que je suis bien content que cela soit maintenant de l'histoire ancienne. »

Et ses patrons, eux, sont contents de miser sur Williams, surnommé « Conan le barbare » par ses coéquipiers. Un clin d'oeil au personnage de fiction du même nom aux pectoraux impressionnants et une généreuse chevelure.

Le numéro 99 a été un des meilleurs joueurs des siens lors de la finale de l'Est, réussissant quatre plaqués et un sac. Il s'est aussi distingué par son visage recouvert d'une peinture noire.

Williams avait décidé de se maquiller contre les Eskimos. « J'aime le look de guerrier. Ce n'est pas la première fois que je faisais ça », a-t-il rappelé.

Plus loin, un de ses amis en défensive, le secondeur Tank Reed, attaquait de front une question sensible. Il commentait sa participation précédente au match de la coupe Grey en 2014.

Une gaffe de sa part avait coûté la victoire aux Tiger-Cats de Hamilton, l'équipe pour laquelle il évoluait à l'époque. Sa pénalité pour bloc illégal avait forcé les officiels à annuler un touché sur un retour de botté de 90 verges de son coéquipier Brandon Banks lors de la dernière minute de la partie.

« Je ne l'ai pas oublié ce jeu. J'en conserve encore un goût amer, a avoué Reed. C'est pourquoi je suis heureux de participer à nouveau à une finale. C'est une occasion pour moi de me racheter et aider une équipe à gagner. »

« À l'aise » avec Early

Quant à Chris Milo, il cherche à revenir au jeu après avoir raté les trois dernières parties en raison d'une blessure à la jambe droite. « Je vais bien et je me sens prêt à jouer. Mais on verra », a dit le botteur québécois. La décision reviendra aux entraîneurs. Rick Campbell a dit vendredi qu'il « était à l'aise » de faire appel à la recrue Ray Early, qui a été parfaite en l'absence de Milo.

« C'est le dernier match de l'année... le plus important. C'est sûr que j'aimerais y participer. Mais je vais respecter le choix des coaches. Ray a fait du super bon travail et je vais comprendre si l'équipe va dans cette direction. »

Campbell a vu juste

Rick Campbell parle à ses joueurs durant l'entraînement... (Paul Chiasson, La Presse canadienne) - image 3.0

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Rick Campbell parle à ses joueurs durant l'entraînement de vendredi.

Paul Chiasson, La Presse canadienne

Il y a deux ans, Rick Campbell avait promis que son équipe serait meilleure. Elle venait de conclure une première saison pénible.

La franchise d'expansion n'avait gagné que deux parties.

«Personne ne me croyait à l'époque, s'est rappelé l'entraîneur-chef du Rouge et Noir, vendredi, alors que les siens se préparent à disputer le match de la coupe Grey pour une deuxième année de suite. Même si nous étions les petits nouveaux, nous étions dans le coup. Nos matches étaient souvent serrés. Le meilleur était à venir.»

À ses yeux, cette saison de misère a permis de bien préparer son club à ce qu'il a vécu en 2016. Une année marquée par plusieurs revers en fin de joute.

«Lors de notre première année, personne ne blâmait l'autre pour la défaite. Les joueurs avaient la bonne attitude. Ils ont aussi réalisé à quel point ce n'était pas facile de gagner.»

Ce qui lui fait dire que le Rouge et Noir sera bien armé si le match de la coupe Grey doit se décider dans les dernières minutes, dimanche, contre les Stampeders. «Nous avons été impliqués dans tellement de parties serrées ces dernières années. Notre expérience devrait bien nous aider. Nous ne serons pas nerveux», a-t-il plaidé.

Messam excelle loin du nid

Deux ans après avoir été mis à la rue par les Alouettes de Montréal, Jerome Messam s'avère le meilleur joueur canadien de la LCF pour la deuxième fois de sa carrière.

Un honneur qu'il a reçu, jeudi, au gala annuel du circuit. Le porteur de ballon des Stampeders de Calgary a récolté 1198 verges et 11 touchés en 18 parties en 2016.

Un seul club l'a stoppé... le Rouge et Noir. En deux matches contre eux, Messam n'a amassé que 67 verges sur 19 courses.

De quoi le fouetter à la veille du match de la coupe Grey.

Vendredi, il a parlé d'une autre chose qui l'a motivé ces derniers mois. «Quand les Alouettes m'ont libéré, ça m'a complètement pris par surprise. Je n'ai jamais vu venir le coup. Ce fut une période difficile de ma carrière», a soutenu l'athlète qui fait 6'3'' et 254 livres.

L'équipe a tenté de le convertir en centre-arrière. Puis, elle trouvait qu'il coûtait cher à l'époque.

«J'espérais qu'un club appelle et me donne une nouvelle chance (...) Cela a fait de moi une meilleure personne. Je ne tiens plus rien maintenant pour acquis.»

Ce sont les Roughriders de la Saskatchewan qui l'ont mis sous contrat l'an dernier, l'échangeant plus tard durant la saison à Calgary. «Je me sens à la maison ici», a-t-il dit.

Mature et dangereux

Messam s'est promené en sept ans dans la LCF. Il a commencé sa carrière à Vancouver en 2010.

Une bataille avec un coéquipier chez les Lions lui a coûté son poste. L'année suivante, il aboutissait à Edmonton, récoltant 1057 verges au sol et le titre de joueur canadien par excellence. «Je suis plus mature maintenant», a-t-il avoué plus tôt dans la semaine.

Et surtout plus dangereux sur le terrain, aurait pu ajouter Jerome Messam.

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