Feu vert au sexe à la coupe Grey

L'entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell (à droite), et... (LA PRESSE CANADIENNE)

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L'entraîneur-chef du Rouge et Noir, Rick Campbell (à droite), et son opposant des Stampeders de Calgary, Dave Dickenson, prennent la pose aux côtés de la coupe Grey.

LA PRESSE CANADIENNE

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(Toronto) Cette question, Rick Campbell l'attendait avec un large sourire. Dave Dickenson aussi. Leur réponse passera à l'histoire de la coupe Grey.

La scène s'est déroulée mercredi matin dans un hôtel de Toronto. Les deux hommes prenaient part à la traditionnelle conférence de presse des entraîneurs-chefs des clubs participant à la finale de la Ligue canadienne de football (LCF).

Un journaliste a demandé si le Rouge et Noir d'Ottawa et les Stampeders de Calgary allaient interdire ou non à leurs joueurs d'avoir des relations sexuelles dans les jours précédant la partie prévue dimanche. « L'an dernier, j'ai choqué ma mère en parlant de sexe devant les médias nationaux. Je n'ai pas le goût de me retrouver dans le pétrin à nouveau », a commencé par dire Campbell, qui n'a toutefois pu résister de livrer le fond de sa pensée.

« Si tu ne réussis pas la première fois, essaie-toi encore et encore, a répondu l'entraîneur du Rouge et Noir, donnant le feu vert à ses joueurs. Ça, c'est notre slogan cette année ! »

Ce fut un clin d'oeil à la défaite d'Ottawa subie au match de la coupe Grey en 2015 contre les Eskimos d'Edmonton.

La déclaration a fait rire son ami Dickenson. Mais l'instructeur-chef des Stamps allait le surpasser.

« Soyez constant. Ne changez pas votre routine qui vous a permis d'avoir du succès. Donc faites attention Toronto », a-t-il répondu à son tour.

Les Stampeders n'ont perdu que deux parties depuis le mois de juin et s'avèrent les favoris en vue de cette 104e finale de la LCF. Quant au Rouge et Noir, il participera au match de la coupe Grey pour une deuxième année de suite. Il tentera de devenir seulement la troisième formation à gagner le trophée après avoir conservé une fiche perdante en saison régulière.

« Personne ne s'attendait à une pareille saison de notre part », a rappelé Dickenson, qui a misé sur la meilleure attaque et meilleure défensive du circuit.

« L'organisation avait apporté plusieurs changements durant l'hiver. Un peu tout le monde prédisait que notre équipe terminerait au milieu du peloton. »

Tout l'opposé du Rouge et Noir, qui a déçu en gagnant seulement huit de ses 18 parties régulières.

« C'est une bonne chose lorsque les gens ont des attentes élevées, que tout le monde s'attende à ce que ton club soit compétitif », a soutenu Campbell.

Dickenson et lui ont abordé leur amitié, ayant travaillé côtes à côtes à titre d'adjoints pendant trois saisons à Calgary. Ils ont partagé plusieurs soirées à jaser de tout et de rien.

« De musique et de quelles célébrités que nous trouvions de notre goût », a lancé Campbell à la blague.

Ce dernier est revenu aussi sur son embauche par le Rouge et Noir en décembre 2013. « Je suis allé voir l'entraîneur-chef de l'époque à Calgary, John Hufnagel, dans son bureau. Je lui ai demandé si je faisais le bon choix en disant oui, en devenant entraîneur-chef. Je lui ai posé la question, car j'ai beaucoup confiance en ses conseils... Ce fut une bonne décision », a-t-il confié.

Dans quelques jours, Campbell pourrait lever la coupe Grey justement devant Hufnagel, maintenant directeur général des Stampeders.

De la Coupe Subway à la Coupe Grey

Une décennie plus tard, William Langlais jouera à nouveau dans un match de championnat. Sauf que cette fois-ci, le trophée sera différent et il y aura nettement plus de spectateurs des deux côtés du terrain.

«Ce ne sera pas pour la Coupe Subway», laisse tomber en riant le centre-arrière des Stampeders de Calgary. Ce dernier a joué une saison dans la Ligue de football scolaire de l'Outaouais.

Langlais portait à l'époque les couleurs des Panthères de Mont-Bleu. «Je conserve encore de beaux souvenirs de cette année-là, de jouer un match dans la boue à Papineauville», dit-il.

Si sa famille n'habite plus en Outaouais, la région demeure son port d'attache. Chaque décembre, il y revient afin de passer la saison morte.

«Je viens m'y entraîner, y travailler aussi», précise l'athlète âgé de 26 ans.

Mais pour l'instant, pas question de penser à ce qui l'attend à son retour à Hull dans la prochaine semaine ou deux. Seule une victoire au match de la coupe Grey lui trotte en tête.

Pour y arriver, il faudra que les Stampeders battent le Rouge et Noir. Langlais ne croit pas que ce sera aussi facile que les experts laissent entendre.

«Faut faire attention. Tout le monde nous lance des fleurs depuis que nous sommes arrivés ici. Tout le monde dit que la victoire est dans la poche. Ce n'est pas le cas. Nous savons qu'Ottawa va en donner plus que les gens s'attendent.»

Le sort veut que William Langlais, membre important des unités spéciales des Stamps, affrontera l'équipe de son patelin. Le Rouge et Noir tenait à le repêcher en 2015, mais Calgary l'a sélectionné un rang plus tôt.

«Une place ou l'autre, j'aurais été bien traité. Je me compte très choyé. J'aime bien la mentalité gagnante qu'on y retrouve.»

Deux clubs qui ont pleuré des décès

Deux équipes, deux tragédies qui ont marqué leur saison respective.

Les Stampeders auront une pensée pour Mylan Hicks, dimanche, au match de la coupe Grey. Le Rouge et Noir, lui, aimerait bien gagner les grands honneurs pour Rosario Lattanzio.

Le premier est un demi défensif qui a été tué en septembre lors d'une fusillade survenue à l'extérieur d'une boîte de nuit de Calgary. Il n'avait que 23 ans.

« Un jeune homme qui part de Détroit pour venir faire carrière à Calgary... Ce genre de choses ne devrait jamais se produire. Son décès nous a ébranlés. Lorsque cela s'est produit, je ne savais pas comment l'annoncer à nos joueurs et nos entraîneurs », s'est rappelé l'instructeur-chef Dave Dickenson.

« Ce fut des moments difficiles. Nous pensons encore à lui. Il se trouve encore dans nos coeurs. Nous ne cherchons pas à oublier ce qui s'est produit. Au contraire. Ça nous rappelle à quel point il faut profiter de la vie et apprécier le temps passé auprès de nos familles. »

Quant au Rouge et Noir, il a dû épauler son plaqueur Ettore Lattanzio, qui a perdu son père Rosario en octobre après une bataille épique contre un cancer à l'estomac. Ce dernier a passé à travers 13 rondes de chimiothérapie en 14 mois.

Lattanzio avait décidé de lui rendre hommage en jouant trois jours après le décès de son héros. « J'aimerais tellement qu'il soit ici avec nous lors du match de la coupe Grey », a-t-il confié, mercredi, après l'entraînement des siens.

«Mais je suis convaincu qu'il nous regarde, quelque part en haut là, et il s'avère fier de nous voir en finale», a-t-il ajouté.

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