Un directeur général remis de ses émotions

Le directeur général du Rouge et Noir, Marcel... (Martin Roy, Archives Le Droit)

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Le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins

Martin Roy, Archives Le Droit

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Son coeur battait plus lentement, lundi, au lendemain de la victoire du Rouge et Noir en finale de l'Est. Marcel Desjardins était remis de ses émotions de la veille.

Il a craint que son équipe échappe cette partie face aux Eskimos d'Edmonton. Une avance de 22 points a notamment fondu à cinq points avec trois minutes à écouler au match.

«C'était frustrant par moment. Nous avons tout fait pour leur donner une chance de revenir dans cette partie», a avoué le directeur général au bout du fil.

Un scénario qui avait des airs de déjà-vu à la Place TD. Le Rouge et Noir a flambé quelques avances au dernier quart en saison régulière.

Sauf que cette fois-ci, le dénouement a été différent, et nettement plus plaisant pour Desjardins.

«Très satisfaisant»

L'équipe qu'il a construite participera au match de la coupe Grey pour une deuxième année de suite, dimanche, au stade BMO de Toronto. Pas pire pour un club qui complète seulement sa troisième saison dans la LCF.

«C'est très satisfaisant, surtout que nous avons dû confier des responsabilités plus importantes à des joueurs qui n'étaient pas des partants en début de saison», a rappelé Desjardins.

Les blessures ont coûté des matches à des morceaux importants de l'équipe. Des noms? Burris, Harris, Williams, Rogers, Powell, Hopkins, Gavins, Van, MacMillan, Gillanders, Milo et Whiteside.

Ce qui a permis aux Lauzon-Séguin, Rose, Criner, Madu, LaFrance, Draheim et Early de faire leurs preuves et donner un sérieux coup de main.

«Tu aurais pu presque aligner une équipe étoile avec tous les noms que nous avions sur la liste des blessés à un certain moment, a fait remarquer Burris.

«Ça démontre que nous avons un bon groupe d'entraîneurs et de dépisteurs, a expliqué Desjardins. Ils ont pu dénicher de bons joueurs et les mettre ensuite dans une situation pour qu'ils puissent connaître du succès. Ça démontre que l'organisation prend de la maturité.»

Journée occupée

L'entretien a duré six minutes. Pas que le DG n'aime pas jaser avec les journalistes.

Au contraire. Mais ce fut le lundi le plus occupé de l'année dans les bureaux du Rouge et Noir.

À une extrémité, les joueurs multipliaient les réunions avec les entraîneurs. À l'autre bout, ça cognait à la porte de Desjardins.

Tout ça afin de préparer la prochaine semaine fertile en émotions et... distractions.

L'équipe doit s'envoler vers Toronto mardi après-midi et s'entraînera une première fois mercredi. Puis jeudi, ce sera place au traditionnel déjeuner des champions de l'Est. En soirée, il y aura le gala de la LCF où le Rouge et Noir s'avère en lice pour quatre prix.

Les journées de vendredi et samedi seront tout aussi folles. Et il y a le match de la coupe Grey le dimanche.

«Tu espères que l'expérience vécue l'an dernier va nous aider», a souligné Marcel Desjardins entre deux demandes de billets et de chambres d'hôtel de la part de ses employés.

Lendemain douloureux

La réalité a rattrapé Patrick Lavoie à son réveil.

Sa cheville droite était enflée. « C'est sûr que c'est plus douloureux qu'hier », a reconnu le centre-arrière québécois, lundi, au lendemain de la plus importante victoire du Rouge et Noir en 2016.

Lavoie a été un des nombreux joueurs qui a dû être recevoir l'aide des soigneurs pour regagner les lignes de côté, dimanche après-midi. Son coéquipier Kienan LaFrance venait de tomber contre sa jambe droite qui a pris des allures de bretzel.

Sur le coup, le capitaine des unités spéciales a craint le pire. L'organisation aussi. Lavoie est revenu au jeu plus tard, même s'il trainait de la patte. Il a même réussi un converti de deux points.

L'organisation lui donnera fort probablement congé d'entraînement cette semaine afin de guérir. « Je serai surpris de ne pas jouer le match de la coupe Grey... Très très surpris », a assuré le numéro 81, qui n'a raté aucune partie cette saison pour la première fois de sa carrière dans la LCF.

L'an dernier, Lavoie avait été le meilleur joueur canadien du Rouge et Noir en grande finale, marquant notamment un touché dans la cause perdante. Une partie qu'il avait failli manquer puisque sa conjointe était sur le point d'accoucher.

« C'était un peu notre crainte », a-t-il avoué. Finalement, fiston a vu le jour une semaine plus tard.

Le Rouge et Noir surveillera de près aussi l'état de santé de deux autres joueurs dans les prochains jours à Toronto. Le maraudeur Antoine Pruneau et le secondeur Tank Reed sont blessés respectivement au cou et au bras droit.

Jackson près de la retraite

Le match de la coupe Grey pourrait clore la carrière d'un autre vétéran du Rouge et Noir.

« Ça pourrait être ma dernière partie de football à vie », a laissé tomber Tristan Jackson, dimanche, une heure après la victoire des siens en finale de l'Est. Une déclaration qui a surpris un peu puisque le joueur âgé de 30 ans a relancé sa carrière en se joignant à Ottawa en juillet.

Ce dernier a notamment inscrit deux touchés en 2016 sur des retours de botté de dégagement, dont un de 76 verges dans le gain de 35-23 contre les Eskimos, il y a moins de 48 heures.

Le jeu donnait une avance de 22 points aux siens.

« Tu ne sais jamais ce que la vie te réserve... Je sais par contre que j'approche de la fin », a ajouté Jackson qui a dû jouer malgré divers bobos dans les quatre derniers mois.

Conditions éprouvantes

C'est pourquoi il savourait ce touché dans la neige qui lui permettra de participer une deuxième fois en carrière au match de la coupe Grey. « Je n'ai jamais joué dans des conditions aussi éprouvantes, que ce soit dans les rangs collégiaux ou professionnels. Tu as toujours cette crainte de perdre pied et échapper le ballon... »

C'est ce qui s'est produit justement face aux Eskimos en première demie. Heureusement, un joueur du Rouge et Noir était non loin pour récupérer le ballon. « J'étais heureux quand j'ai réussi à ramener un retour de botté jusque dans la zone des buts. J'ai pu me racheter auprès de mes coéquipiers. Ils me respectent beaucoup et j'avais l'impression de les avoir laissé tomber plus tôt dans la partie. »

Un touché que le joueur originaire du Mississippi n'oubliera jamais, galopant dans la neige.

« Je vais pouvoir raconter ce jeu-là souvent à mes enfants pendant plusieurs années. »

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