Le Rouge et Noir jouera pour la Coupe Grey

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Le Rouge et Noir affrontera les Stampeders de Calgary en finale pour la coupe Grey.

Justin Tang, La Presse canadienne

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Il neigeait. Il ventait. Et surtout, ça fêtait fort, dimanche après-midi, à la Place TD.

Le Rouge et Noir venait de créer la surprise, battant les Eskimos d'Edmonton afin d'accéder au match de la coupe Grey pour une deuxième année de suite. Une victoire de 35-23 dans laquelle les champions de l'Est ont failli bousiller une avance de 22 points en deuxième demie.

« Je n'étais jamais inquiet pour nous, a assuré un des héros inattendus de cette conquête, le porteur de ballon Kienan LaFrance.

« Ce que je retiens ? Cette équipe a faim... Et le repas s'avère la coupe Grey. »

LaFrance et ses coéquipiers affronteront les Stampeders de Calgary, dimanche prochain, au stade BMO de Toronto. Le principal intéressé a célébré sur le terrain après la joute avec une poignée des 24 248 spectateurs, qui avaient bravé la première tempête de l'automne.

Le demi-offensif franco-manitobain a porté le ballon 25 fois pour 157 verges en relève à Mossis Madu, blessé sur la première séquence offensive. Surtout, il a scellé la victoire des siens avec un touché de 20 verges avec 45 secondes à écouler en temps réglementaire.

« Je n'étais pas surpris de le voir exceller de la sorte. C'est un gars originaire de Winnipeg. Il est habitué à des conditions pareilles », a lancé à la blague le quart-arrière Henry Burris. Un commentaire qui a fait sourire LaFrance, qui était le quatrième demi offensif dans l'organigramme de l'équipe à un certain moment cette saison.

« J'ai déjà joué dans une pire tempête que ça à l'école secondaire », a avoué l'ancienne vedette des Bisons du Manitoba et choix de sixième ronde du Rouge et Noir au repêchage en 2015.

Kienan LaFrance n'a pas été le seul joueur à épater sur la surface enneigée et surtout glissante. L'éternel blessé Tristan Jackson a ramené un botté de dégagement sur 75 verges pour donner une avance de 25-3 aux siens au milieu du troisième quart. Greg Ellingson et Khalil Paden avaient inscrit des touchés dans une première demie dominée par le Rouge et Noir.

Un peu tout le monde dans les estrades croyait la victoire était dans le sac. Erreur. Les Eskimos ont répliqué avec deux touchés, ceux d'Adarius Bowman et Chris Getzlaf. Ils ont notamment profité d'un ballon échappé par Burris sur une des séquences.

« Notre défensive a connu une grosse journée. Elle a notamment tenu le coup quand ça comptait », a fait remarquer LaFrance avec raison. Ils avaient limité Edmonton à un maigre placement lors des 44 premières minutes de jeu.

Le demi offensif des Eskimos, John White, n'a pu récolter que 66 verges, lui qui était l'un des joueurs les plus dangereux de la LCF depuis un mois et demi.

Le Rouge et Noir tentera maintenant de devenir seulement la troisième équipe de l'histoire de la LCF à gagner la coupe Grey après avoir conservé une fiche perdante en saison régulière. Calgary (2001) et Colombie-Britannique (2000) ont déjà réussi l'exploit.

Ottawa n'a gagné que huit de ses 18 parties en 2016, dont seulement deux à domicile. Ce qui en faisait le négligé face aux Eskimos, champions en titre.

La dernière conquête de la coupe Grey par une équipe de la capitale nationale est vieille de 40 ans. Les Rough Riders d'Ottawa avaient vaincu la Saskatchewan en 1976 à.... Toronto, la même ville qui accueille la grande finale dans une semaine.

Pas de doigts sur le trophée

Pas question de répéter la même erreur que l'an dernier. Superstitieux, Rick Campbell a refusé de toucher cette fois-ci le trophée remis aux gagnants de la finale de l'Est.

« Personne n'a mis les mains dessus », a pris le soin de préciser l'entraîneur-chef du Rouge. « Nous sommes tout aussi heureux et excités. Mais la grosse différence, c'est que nous nous rappelons ce qui s'est passé l'an passé, les émotions ressenties après avoir perdu le match de la coupe Grey. Nous savons que le travail n'est pas terminé. Il reste une partie à gagner. Les gars ont déjà commencé à parler de ça. »

Campbell a même pris la parole au milieu du terrain après la victoire. Il a lâché un gros cri primal au micro en remerciant les amateurs du Rouge et Noir. 

Des partisans qui ont été peu choyés en saison régulière, l'équipe laissant filer plusieurs victoires en fin de partie. « Je suis tellement heureux pour nos amateurs. Ils ont été des premiers de classe pour nous depuis nos débuts », a-t-il rappelé.

La foule aura été traitée à une deuxième finale de l'Est spectaculaire. L'an dernier, c'est un touché de 93 verges de Greg Ellingson qui avait propulsé Ottawa au match de la coupe Grey. Cette fois-ci, c'est la neige et des rafales de vent atteignant 49 km/h qui ont rendu la joute drôlement divertissante. Même le coach a sué en voyant les Eskimos se rapprocher à huit points du Rouge et Noir au quatrième quart.

« Je vais peut-être avoir besoin d'occuper dorénavant d'un emploi derrière un bureau », a lancé en riant Campbell, qui a avoué avoir vécu une journée « très émotive ».

Burris veut gagner pour ses enfants

Le quart-arrière Henry Burris... (Adrian Wyld, La Presse canadienne) - image 4.0

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Le quart-arrière Henry Burris

Adrian Wyld, La Presse canadienne

Henry Burris sait qu'il pourrait s'agir de sa dernière participation au match de la coupe Grey.

Le vétéran quart-arrière l'a reconnu après que le Rouge et Noir s'est qualifié en vue de la grande finale de la Ligue canadienne de football. « Je ne jouerai pas jusqu'à l'âge de 50 ans », a laissé tomber le père de famille âgé de 41 ans.

Burris, qui a complété 15 de 26 passes pour 246 verges, deux touchés et une interception contre les Eskimos, s'est pointé devant les journalistes avec ses deux garçons et un de leurs jeunes amis. 

« C'était spectaculaire comme match », a laissé tomber un des enfants, sourire aux lèvres.

Le papa s'est rappelé la dernière fois qu'il a gagné la coupe en 2008. Il était alors membre des... Stampeders de Calgary.

« Je tenais mon plus vieux dans mes bras à l'époque pendant que le plus jeune était encore dans le ventre de ma conjointe », a-t-il souligné.

« J'aimerais bien gagner afin de permettre justement au plus petit des deux de manger ses céréales dans la coupe », a ajouté Burris, qui dit savourer cette plus récente victoire.

« À un certain moment, mes enfants savent que leur père ne jouera plus. Que je serai plutôt un spectateur à leurs parties de hockey aux côtés des autres parents parfois très bruyants ! »

Pour l'instant, ce sont les mini-Burris qui applaudissent et adulent le numéro 1 du Rouge et Noir.

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