Le Rouge et Noir en émoi

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«Ce n'est peut-être pas l'image que les gens souhaitent avoir des États-Unis, mais c'est ça qui est ça», a lancé Greg Ellingson.

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Deux sujets ont alimenté les discussions à l'entraînement du Rouge et Noir, mercredi, à la Place TD. Un s'avérait amusant et arrachait des sourires, l'autre était plus sérieux, voire troublant pour certains.

D'un bord, les joueurs taquinaient le centre Jon Gott. Ce dernier avait décidé d'amener son chien Rufus au stade. « Un vieux chien âgé de 12 ans. Jon le possède depuis son séjour à l'Université Boise State, en Idaho », a précisé l'entraîneur-chef Rick Campbell, amusé par la question du journaliste. Comme son maître, Rufus traine de la patte ces jours-ci en se déplaçant. Ça faisait rire les coéquipiers de Gott.

Ce qui était moins drôle ? Les résultats des élections américaines qui ont surpris un peu tout le monde. Qui font de Donald Trump le successeur de Barack Obama.

Un dénouement qui touche une corde sensible chez le Rouge et Noir, dont 43 des 73 joueurs ont grandi aux États-Unis. « Ça ne jasait que de ça, de politique, ce matin dans le vestiaire, a avoué un des meilleurs joueurs défensifs de l'équipe, le secondeur Tank Reed, un Afro-Américain originaire du Texas. «Des gens ont peur. Certains craignent notamment la déportation pour des membres de leur famille. Ils ont l'impression que nous reculons comme nation au lieu d'avancer.»

Reed, lui, tente de rester optimiste malgré tout. «Trump a gagné et le pays doit l'accepter en tant que président. Espérons qu'une fois que la poussière va retomber, il saura faire des États-Unis une meilleure nation et non s'aliéner encore des gens comme ce fut le cas durant la campagne électorale.»

L'athlète âgé de 25 ans a été un des nombreux joueurs du Rouge et Noir à gazouiller à ce sujet dans les dernières heures. «Nous clamons être le meilleur pays au monde, mais après ce qui s'est passé hier, c'est clair, plus que jamais, qu'il y a beaucoup de gens qui se détestent», a-t-il notamment écrit.

Le spécialiste des retours de botté, Jamill Smith, a été le plus actif sur les médias sociaux. Il s'est notamment servi d'une des plates-formes pour vanter le Canada et son multiculturalisme. Smith, qui dispute une troisième saison à Ottawa, a même laissé entendre que le résultat allait influencer s'il retournait ou non chez lui en Indiana cet hiver.

Il craint une recrudescence de racisme au sud de la frontière, affirmant sur Twitter avoir une pensée pour sa grand-mère.

Plusieurs états américains sont représentés chez le Rouge et Noir.

 Le receveur Greg Ellingson possède encore une maison en Floride, plus précisément à Tampa Bay. «La majorité s'est exprimée. Ce n'est peut-être pas l'image que les gens souhaitent avoir des États-Unis, mais c'est ça qui est ça», a dit l'athlète âgé de 27 ans. Ellingson n'a pas l'intention de bouder son pays natal.

Tout le contraire.

 «Je vais retourner chez moi après la saison. La Floride, c'est ma famille. C'est l'endroit où je m'entraîne aussi. Ce résultat ne change rien pour moi. Puis, je doute sincèrement qu'un événement drastique survienne suite à cette élection.»

Un de ses voisins dans le vestiaire, Ernest Jackson, dit avoir peu suivi la soirée électorale.

Le joueur par excellence cette saison chez le Rouge et Noir ne cache pas son cynisme. «À mes yeux, tous les politiciens sont des marionnettes. Pour moi, ça importe peu qui est président. Je n'ai pas peur de dire que le pays est corrompu, que c'est le bordel et que rien ne changera. Nous sommes coincés dans un cercle vicieux.»

Contrairement à Jackson, le quart-arrière Henry Burris a passé sa soirée de mardi à zieuter les résultats sur un des nombreux écrans de télé à l'Ambassade des États-Unis. Il n'en revenait toujours pas du résultat final. «Les derniers mois ressemblaient plus à une émission de téléréalité à la Jerry Springer qu'une campagne électorale», a déploré Burris, un natif de l'Oklahoma qui tente d'obtenir sa citoyenneté canadienne depuis presque trois ans.

SirVincent Rogers fait partie des joueurs étoiles du... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit) - image 2.0

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SirVincent Rogers fait partie des joueurs étoiles du Rouge et Noir.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Onze joueurs parmi les étoiles de l'Est

Le Rouge et Noir a beau avoir conclu la saison régulière avec une fiche perdante, il domine la composition des équipes d'étoiles de la LCF.

Ottawa compte 11 joueurs sélectionnés, suivi par les Stampeders de Calgary avec neuf. Les athlètes choisis sont le résultat d'un vote mené auprès des membres de l'association des chroniqueurs de football du Canada et des entraîneurs-chefs du circuit.

À l'attaque, le quart Trevor Harris, les receveurs Ernest Jackson, Greg Ellingson et Chris Williams ont tous été nommés au sein de l'équipe d'étoiles de l'Est tout comme le centre Jon Gott et le bloqueur SirVincent Rogers. En défensive, le plaqueur Zack Evans, le secondeur Damaso Munoz, les demis de coin Mitchell White et Jonathan Rose de même que le demi défensif Abdul Kanneh ont été sélectionnés.

À l'opposé, les Alouettes de Montréal ne comptent que trois représentants parmi les étoiles, soient le receveur Nik Lewis, le secondeur Bear Woods et le maraudeur Marc-Olivier Brouillette.

La Ligue canadienne de football (LCF) dévoilera jeudi les finalistes en vue de son gala de fin de saison tenu quelques jours avant le match de la coupe Grey, à Toronto.

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