Une image que Goulet-Veilleux n'oubliera pas

Le 30 juin dernier, le tibia et le... (Bernard Brault, Archives La Presse)

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Le 30 juin dernier, le tibia et le péroné de la jambe gauche d'Olivier Goulet-Veilleux s'étaient fracturés sous le poids de Martin Bédard, des Alouettes, qui était tombé sur lui lors d'un retour de botté.

Bernard Brault, Archives La Presse

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Deux mois et une tige de titane dans la jambe gauche plus tard, Olivier Goulet-Veilleux se sent mieux.

La recrue québécoise se préparait jeudi soir à regarder le match du Rouge et Noir au petit écran, bien installé sur le divan de son père, en Beauce. Le secondeur n'a pas manqué une partie de son équipe depuis qu'il a subi cette blessure horrible, le 30 juin, à Montréal.

Son tibia et son péroné ont été fracturés sous le poids du joueur des Alouettes, Martin Bédard, qui était tombé sur lui lors d'un retour de botté. «J'ai entendu un craquement. Et dès que j'ai mis mes yeux et mes mains sur ma jambe, je savais que c'était fini», a relaté Goulet-Veilleux à l'autre bout du fil. «Ma jambe pendait quand je l'ai mis dans les airs. [...] Je criais. Je capotais.»

L'ancien secondeur du Vert et Or de l'université de Sherbrooke se déplace encore en béquilles. «Mais dans une semaine et demie, je devrais être capable de marcher avec tout mon poids sur mon pied. C'est sûr que je vais boiter au début, a-t-il précisé.

«Mais je me sens beaucoup mieux. Il y a tellement une grosse différence entre le jour qui a suivi l'opération et deux mois plus tard.»

Goulet-Veilleux venait d'apprendre sur la table d'opération que sa saison était terminée. Que sa rééducation prendrait au moins de six à huit mois.

Tout ça après seulement deux matches en carrière dans la Ligue canadienne de football.

«On jouait le jeudi soir et je devais signer le bail pour un logement le samedi à Ottawa», a souligné le principal intéressé.

Les médecins ont dû insérer une tige de titane afin de réparer sa jambe. Le joueur a pris le temps de visionner une vidéo d'une chirurgie similaire pendant qu'il était sur son lit d'hôpital, pendant que sa «jambe charcutée et pleine de broches» commençait à guérir.

«Je voulais savoir ce qui avait été coupé, percé et déplacé. Ce n'était pas si pire. [...] J'ai eu plus de frissons quand j'ai vu ma jambe tout croche sur le terrain.»

Plusieurs coéquipiers ont communiqué avec lui au fil des semaines, dont Jonathan Beaulieu-Richard, Patrick Lavoie, Mikaël Charland et Dan West. Les entraîneurs aussi, tout comme le directeur général Marcel Desjardins.

Si tout va bien, Olivier Goulet-Veilleux aimerait revenir dans l'entourage du Rouge et Noir en fin de saison afin de poursuivre sa rééducation. Il dit avoir encore la passion du football.

L'équipe, elle, aimerait bien le revoir la saison prochaine.

Quant à Bédard, il n'aurait pas encore échangé de mots avec lui. Mais le joueur du Rouge et Noir ne lui en veut pas.

«Je sais que Martin se sent mal. Je n'ai aucune rancune. Si je le rencontre, il n'y aura aucune altercation. C'est ça le sport. Ça arrive ce genre de blessure. Ce n'était pas intentionnel de sa part.»

Un nom qui rend Pierzchalski fier

Alex Pierzchalski voue un respect énorme à ces hommes... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Alex Pierzchalski voue un respect énorme à ces hommes et femmes déployés un peu partout sur le globe. Sa famille aux racines européennes connaît trop bien leurs sacrifices.

Etienne Ranger, LeDroit

Quand il a enfilé son uniforme, Alex Pierzchalski a pensé à son arrière-grand-père. Quand un CF-18 a survolé la Place TD avant le match contre les Lions de la Colombie-Britannique, ce brave homme lui trottait encore en tête.

Le Rouge et Noir tenait jeudi une soirée d'appréciation des Forces armées canadiennes. «Une soirée très spéciale pour moi», a précisé Pierzchalski, un receveur substitut et membre régulier des unités spéciales des finalistes de la Coupe Grey.

L'athlète originaire de London, en Ontario, voue un respect énorme à ces hommes et femmes déployés un peu partout sur le globe. Sa famille aux racines européennes connaît trop bien leurs sacrifices.

Un de ses patriarches, Marcin Pierzchalski, est né en 1898 en Pologne. «Il avait 16 ans quand il a décidé de mentir au sujet de son âge afin de se joindre à l'armée de son pays en 1914. Il voulait combattre dans la Première Guerre mondiale», a relaté le joueur du Rouge et Noir.

Son arrière-grand-père a été capturé par les forces russes, aboutissant dans une prison en Sibérie. Il a passé quatre années là-bas avant d'être libéré lors de la fin des hostilités.

«Mon grand-père m'a raconté que son père a passé près de mourir de faim à quelques reprises pendant cette période, a raconté Pierzchalski.

«Une fois libéré, il est retourné en Pologne, puis il a immigré au Canada où il a rencontré mon arrière-grand-mère. Mon grand-père est né en 1932.»

Puis en 1939, la Deuxième Guerre mondiale a éclaté.

Marcin Pierzchalski s'est retrouvé à nouveau sur le champ de bataille, aux côtés cette fois-ci de ses nouveaux compatriotes canadiens. Il a été séparé de sa famille pendant sept ans.

«Il a même été tiré à l'estomac lors du débarquement en France. Il a survécu, mais il a été muté en tant qu'interprète pour les forces canadiennes, puisqu'il pouvait parler sept langues, dont le français et l'ukrainien.»

Un Alex Pierzchalski très émotif a passé de longues minutes à raconter passionnément au journaliste le récit de son arrière-grand-père. Il en avait fait de même quelques jours plus tôt auprès des membres des Forces armées canadiennes lors d'un événement communautaire du Rouge et Noir.

«Il est décédé en 1984. Je n'ai jamais eu l'occasion de le rencontrer, mais je connais bien son histoire et j'ai vu plusieurs photos de lui, a dit Pierzchalski, né en 1991.

«Je suis très fier de ce qu'il a accompli. Je suis fier de porter son nom de famille. Et je compte bien lui rendre hommage en nommant mon premier garçon Marcin. C'était un type exceptionnel.»

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