Un premier test, plusieurs enjeux

La troupe du Rouge et Noir a traversé... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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La troupe du Rouge et Noir a traversé la rivière samedi pour participer à une séance d'entraînement devant quelque 200 personnes réunies au stade Mont-Bleu, à Gatineau.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Six mois et demi plus tard, le Rouge et Noir disputera un premier match depuis sa défaite crève-coeur en finale de la coupe Grey. Mais cette fois-ci, aucun trophée ne sera remis au gagnant.

Des postes s'avèrent plutôt à l'enjeu lundi soir durant cette partie hors-concours. Les Blue Bombers de Winnipeg seront les visiteurs à la Place TD.

«Nous sommes excités de jouer enfin un match, a soutenu le quart-arrière Henry Burris.

«Ça fera du bien de frapper d'autres joueurs que nos coéquipiers après deux semaines d'entraînement», a ajouté le plaqueur Moton Hopkins, sourire aux lèvres.

Le Rouge et Noir s'avère le dernier club de la Ligue canadienne de football (LCF) à fouler le terrain en vue d'une joute pré-saison. Les Bombers ont vaincu les Alouettes de Montréal, mercredi dernier.

«Ça fera du bien aussi de jouer devant nos partisans, qui nous ont bien appuyés la saison dernière», a ajouté Hopkins.

Nouveaux visages

Ottawa pourrait afficher plusieurs nouveaux visages.

Particulièrement aux côtés de Hopkins au sein de la ligne défensive. Les Capicciotti, Lemon, Williams et Shologan sont partis.

«Je suis le vieux pépé, a reconnu le vétéran de six saisons dans la LCF. Mais ce rôle me va. Je suis prêt à servir d'exemple, à travailler encore plus fort en espérant que les autres m'imitent.»

Les dirigeants du Rouge et Noir garderont un oeil sur le rendement des demis défensifs où des postes s'avèrent vacants. Même chose au chapitre de la ligne offensive.

Les candidats défilent chaque jour à la droite du centre Jon Gott depuis le début du camp d'entraînement. Les Matt Albright, Nolan MacMillan, Alex Mateas, Jason Lauzon-Séguin, Jake Silas et Tommie Draheim ont vu de l'action. Certains dans le rôle de garde, d'autres en tant que bloqueur.

Blessé, MacMillan n'affrontera toutefois pas les Bombers, a indiqué l'entraîneur-chef Rick Campbell. Même chose pour deux autres patients de l'infirmerie, le centre-arrière Brendan Gillanders et le demi défensif Jeff Richards.

L'ailier défensif Aston Whiteside, qui a été opéré à un genou l'automne dernier, ne jouera pas même s'il entraîne régulièrement avec ses coéquipiers. L'équipe opte pour la prudence dans son cas. Elle maintient qu'on le verra en uniforme lorsque la saison régulière se mettra en branle le 25 juin à Edmonton.

Ce sera un premier match dans les rangs professionnels pour Lauzon-Séguin, septième choix au total au dernier repêchage.

«J'ai hâte, mais j'essaie de garder ça simple et ne pas arriver au stade trop stressé, a soutenu la recrue qui a grandi à St-Eugène, dans l'Est ontarien.

«L'adaptation se passe en vagues. Une journée, ça va bien, d'autres moins bien. Mais je me dirige dans la bonne direction. Je dois continuer à travailler fort.»

Le Rouge et Noir devra retrancher quelques joueurs - possiblement huit - après la partie afin de respecter les règles de la LCF.

«D'abord, nous voulons gagner ce match, a soutenu Campbell. Mais en même temps, nous voulons voir un peu tout le monde en action. Il y a des décisions difficiles qui nous attendent.»

Le coach a confirmé que Burris jouera pendant une demie contre les Bombers. Surtout qu'il est peu probable que le Rouge et Noir l'amène avec lui vendredi à Hamilton en vue d'une deuxième partie hors-concours en cinq jours.

De la prison au terrain de football

Assis derrière les barreaux d'une prison de la Floride, Martin Wright a vite saisi le message que tenait à lui passer le juge.

« Je me suis retrouvé incarcéré parmi des criminels, des purs et durs... moi qui venais d'avoir 18 ans et qui voulais aller à l'université », a relaté l'ailier défensif de 6'3'' et 246 livres, dimanche, après un léger entraînement du Rouge et Noir. Il se préparait à participer à un premier match hors-concours avec sa nouvelle équipe qui l'a embauché la semaine dernière.

Wright savait pourquoi les deux journalistes de la presse écrite tenaient à lui jaser. Il ne s'est pas défilé, passant une quinzaine de minutes à jaser de cette « crampe au cerveau » en janvier 2007.

Ce dernier avait décidé de s'introduire illégalement dans une résidence après avoir aperçu à travers une fenêtre un cellulaire qu'il voulait voler. Il s'est fait pincer par les policiers.

Résultat, Wright a dû purger quatre mois de prison. Puis les six mois suivants, il les a passés dans un « boot camp ». Un centre de rééducation. « J'ai posé un geste d'ado stupide (...), a-t-il avoué.

«Tout le monde commet des erreurs. J'ai payé le prix. Ce n'est pas tout le monde par contre qui se voit accorder une deuxième chance. J'essaie d'en profiter.»

Se reprendre en main

Wright a été recruté par les Owls de Florida Atlantic, un an et demi après son retour dans la société. Il avait passé trois mois auparavant à se pointer à chaque entraînement de l'équipe, habillé en veston et cravate, afin de convaincre les entraîneurs qu'il était sérieux.

«Il devait faire 100 degrés Fahrenheit, ou presque, chaque jour», s'est-il rappelé.

Puis, il y a eu ce coup de main inattendu. Le juge qui l'avait envoyé entre quatre murs a appuyé sa candidature.

«Ce ne sont pas tous les juges qui auraient fait ça... J'ai quelques personnes qui m'ont appuyé durant ces temps difficiles que je ne voudrai jamais laisser tomber», a reconnu Wright, qui a obtenu un diplôme en criminologie à Florida Atlantic tout en devenant papa. 

Le Rouge et Noir représente sa «deuxième chance» dans les rangs pros. Les Argonauts de Toronto l'ont libéré il y a une dizaine de jours.

Tout ça après qu'il eut réussi trois sacs en neuf parties en 2015. «J'ai été surpris qu'on me retranche. Je cherche toujours à comprendre pourquoi», a confié le principal intéressé.

En foulant le terrain dans les prochaines heures, Martin Wright aura une pensée pour son père Michael, décédé il y a quelques années dans son sommeil. «Il n'a jamais eu l'occasion de me voir jouer dans les rangs collégiaux et pros, a-t-il souligné.

«Mais il est toujours présent ici et ici», a-t-il ajouté en montrant du doigt son coeur et sa tête.

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