Le Rouge et Noir au match de la Coupe Grey

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Ce qui semblait un rêve fou au milieu de l'été est devenu réalité par une froide journée d'automne, dimanche après-midi, à la Place TD.

Chris Milo pleurait sur le terrain. Plus loin, Greg Ellingson sautait de joie. Un des propriétaires, le réservé Roger Greenberg, félicitait des joueurs, tenant une trompette dans son autre main.

Le Rouge et Noir venait de réussir ce qui semblait improbable au milieu de l'été. Il participera au match de la coupe Grey contre les Eskimos d'Edmonton, le week-end prochain, à Winnipeg.

La franchise vieille de deux ans accède à la partie ultime de la Ligue canadienne de football (LCF), une saison après avoir gagné que deux maigres parties. Tout ça grâce à une victoire spectaculaire de 35-28 obtenue contre les Tiger-Cats de Hamilton lors de la finale de l'Est devant une salle comble de 25 093 spectateurs, dimanche après-midi, à la Place TD. Un stade qui n'a jamais été aussi bruyant depuis sa remise à neuf.

Des milliers de partisans ont commencé à scander «Coupe Grey» lorsque le receveur Greg Ellingson a réussi ce qui sera connu comme «The Catch 2.0». Il a capté une longue passe de Henry Burris, marquant un touché de 93 verges avec une minute et 11 secondes à faire en temps réglementaire.

«On aurait dit que nous avons eu droit à une intervention divine.»

Chris Milo
botteur du Rouge et Noir

Ellingson a évité deux plaqués au milieu du terrain pour filer seul vers la zone des buts.

«Je pense que je n'ai jamais couru aussi vite après avoir évité le dernier joueur des Tiger-Cats, a lancé en riant le héros du match.

«Je n'avais qu'en tête de bien protéger le ballon et franchir la ligne des buts. La prochaine chose que j'ai sue, j'avais un tas de gars sur moi... Des joueurs de mon équipe!»

Sur les lignes de côté, ça célébrait aussi. «On aurait dit que nous avons eu droit à une intervention divine, a lancé le botteur Chris Milo, qui séchait des larmes. Quand je suis arrivé à Ottawa au milieu de l'été, j'ai dit que nous avions un groupe spécial», a-t-il rappelé.

Une bande d'athlètes, jeunes et moins jeunes, qui trouve toujours une façon de gagner. Tout le contraire de 2014.

Question de destin

Cette fois-ci, le Rouge et Noir avait le ballon profondément dans son territoire, à 17 verges de sa zone des buts. Il faisait face à un deuxième essai et 25 verges à gagner.

Quelques minutes auparavant, Hamilton venait de créer l'égalité.

Le coordonnateur offensif Jason Maas a alors décidé de rouler les dés. Il voulait une longue passe. Son patron Rick Campbell, qui aime les jeux risqués, a donné le feu vert.

«J'étais à côté de Jason quand il a appelé le jeu, a raconté le centre-arrière Patrick Lavoie. Quand Greg a capté le ballon, je capotais. Et quand il a commencé à courir seul vers la zone des buts, je me suis dit: ça ne se peut pas! Je me suis tourné vers les deux autres quarts, Thomas DeMarco et Danny O'Brien. Je leur ai dit que c'était notre destin de gagner cette partie»

Lavoie l'avouait. Ce ne fut pas la plus belle partie des siens. «Il y a eu des hauts et des bas... Mais on savait, que d'une façon ou un autre, on allait gagner», a-t-il reconnu.

Les hauts?

Les quatre placements de Milo, qui n'a pas été intimidé par les forts vents qui soufflaient près du canal Rideau. Il y a eu l'interception de Brandyn Thompson.

Les bas? Les nombreux plaqués ratés par la défensive.

Quoi d'autre? Le demi de coin Jovon Johnson qui a mordu à une feinte du receveur Tiquan Underwood sur un long touché de 66 verges. Ou le secondeur Antoine Pruneau, qui s'est fait battre par le receveur Luke Tasker sur le touché créant l'égalité 28-28.

«Greg, c'est le premier gars que je suis allé voir après le match», a confié la vedette québécoise du Rouge et Noir.

Ses coéquipiers et lui profiteront de deux jours de congé avant de reprendre l'entraînement mercredi à Winnipeg. Ils s'envoleront pour la capitale manitobaine mardi après-midi.

Le soupir de soulagement de Henry Burris

Burris a poussé un soupir de soulagement après... (Sean Kilpatrick, PC) - image 5.0

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Burris a poussé un soupir de soulagement après la victoire.

Sean Kilpatrick, PC

Henry Burris s'estime chanceux. Il a failli être le bouc émissaire d'une défaite, et non un des artisans d'une victoire historique.

Retour sur sa longue passe qui a mené au touché victorieux de Greg Ellingson en fin de match. Sur le jeu précédent, le vétéran quart-arrière avait tenté de refiler le ballon à un autre receveur, Brad Sinopoli.

Un ballon qui s'est toutefois retrouvé dans les mains de l'ailier des Tiger-Cats, Arnaud Gascon-Nadon. Un ballon que le joueur québécois a échappé. Il s'en voulait.

Des coéquipiers ont dû le consoler dans les secondes qui ont suivi.

Burris, lui, a poussé un soupir de soulagement.

«Ça aurait pu être une interception. Le match aurait pu se terminer autrement», a-t-il avoué.

Sur la séquence, le garde J'Michael Deane a écopé d'une pénalité de 15 verges pour avoir fauché les jambes d'un adversaire.

«Une pénalité qui nous a reculés loin dans notre territoire. Si nous avions dû botter le ballon, Hamilton aurait repris possession et aurait pu réussir un placement pour la victoire.»

Sauf que les Ti-Cats ont été pris par surprise par la longue passe de Burris.

«Cet attrapé, tout le monde en parlera encore dans 40 ans», a affirmé le vétéran de 16 saisons dans la LCF. Il se réjouissait surtout pour son ami Ellingson, qui a terminé la journée avec des gains de 186 verges.

«Connaître une telle performance contre ton ancien club. Une conclusion épique à un livre que tu pourrais écrire à son sujet», a rappelé Burris, qui a convaincu le Rouge et Noir à embaucher le numéro 82 durant l'hiver.

«J'ai beaucoup achalé les patrons durant l'hiver. Des appels, des courriels, des textos...»

Ellingson avait aussi connu un fort match, il y a deux semaines, contre ces mêmes minous. Il avait capté huit passes pour 152 verges et trois touchés dans la victoire donnant le premier rang de la division au Rouge et Noir.

«Oui, c'est toujours spécial d'affronter ton ancien club, de bien jouer. Mais surtout, c'est excitant de pouvoir participer au match de la coupe Grey à nouveau», a dit Ellingson, qui avait perdu en finale de la LCF en 2013 contre la Saskatchewan.

Henry Burris faisait équipe avec lui à l'époque. Le quart de 40 ans espère sûrement connaître une meilleure sortie, le week-end dernier, à Winnipeg. Il n'a complété que 17 de ses 32 passes dimanche tout en étant victime de deux sacs.

«Je n'ai pas bien lancé le ballon», a-t-il reconnu.

Son vis-à-vis, Jeremiah Masoli, a mieux paru comme en font foi ses statistiques. Il a réussi 30 de 42 passes pour 349 verges et deux touchés. Il a aussi gagné 44 verges au sol.

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