Des épaules qui se démarquent

Keith Shologan a réussi cinq plaqués et trois... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Keith Shologan a réussi cinq plaqués et trois sacs, vendredi dernier lors de la visite des Alouettes de Montréal à la Place TD.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Keith Shologan a l'habitude de quitter la Place TD très rapidement après un match ou un entraînement. Tout ça afin de remettre les pieds chez lui le plus tôt possible afin d'épauler sa femme enceinte d'un troisième enfant.

Mais pas hier. Il n'avait pas le choix. Le plaqueur défensif du Rouge et Noir a dû multiplier les entrevues.

D'abord en direct à la radio anglophone. Puis à la télé avant de répondre aux questions des journalistes de la presse écrite.

C'était le prix à payer après avoir été nommé une des trois étoiles de la dernière semaine dans la Ligue canadienne de football (LCF).

«Si j'ai brillé, c'est le résultat du travail de mes coéquipiers au sein de la ligne défensive», a lancé Shologan sans grande surprise.

Il reste que c'est lui qui a réussi cinq plaqués et trois sacs dans le gain de 26-23, vendredi dernier, contre les Alouettes de Montréal. C'est lui qui a frappé le quart adverse Rakeem Cato en fin de match pour sceller la victoire des siens.

C'est le vétéran de huit saisons qui a aussi joué un rôle-clé en prolongation, deux semaines auparavant, face aux Stampeders de Calgary. Il avait récupéré un ballon échappé par le quart Bo Levi Mitchell, mettant la table au placement victorieux de son équipe.

La seule chose qu'il n'a pas faite cette saison? Réussir une interception.

«J'aimerais bien imiter Zack Evans», a-t-il avoué en riant.

Evans, c'est son compagnon le long de la ligne défensive. Son ami a intercepté une passe adverse pour inscrire un touché, il y a un mois, à Edmonton. Une course de 65 verges qui s'est retrouvée dans les jeux de la semaine au petit écran. «Je pense que je pourrais courir aussi vite», a lancé Shologan en riant.

Ça ne surprendrait personne, même s'il fait 6'2» et 290 livres.

Le joueur du Rouge et Noir a grandi sur un ranch, en Alberta. Plus précisément à Rochester, situé à une heure de route au nord d'Edmonton. Une petite communauté comptant quelques centaines de personnes sur son territoire.

Ses parents se spécialisaient dans l'élevage de vaches et de... taureaux. «J'ai fait ma part à l'époque pour m'occuper du troupeau», a raconté Shologan.

Sa famille vendait plus de 400 bêtes par année. On parle au passé, car son père et sa mère ont pris leur retraite. «Ils ont déménagé en ville. Et je ne me voyais pas prendre la relève avec ma petite famille. Ce n'était pas pour moi.»

Keith Shologan s'amuse encore beaucoup trop à l'âge de 29 ans sur un terrain de football, loin des taureaux.

Le Rouge et Noir gagne. Ses joueurs sont heureux. Ses partisans aussi. Certains commencent même à rêver aux éliminatoires. Les plus optimistes s'emportent et parlent même de la coupe Grey.

Un trophée qui a n'a pas été remporté par une équipe d'Ottawa depuis 1976.

Un trophée que Keith Shologan a déjà gagné, il y a deux ans, lorsqu'il était membre de l'alignement partant des Roughriders de la Saskatchewan. Ce dernier ne détesterait pas mettre la main dessus une deuxième fois.

« Mon plus vieux, Will, qui a deux ans, a déjà sa photo avec la coupe, a-t-il expliqué. Mais Sam, sept mois et demi, n'a pas eu cette chance encore. »

Un troisième enfant se pointera en décembre dans la vie des Shologan, qui habitent à Aylmer durant la saison de football. Le joueur albertain connaît bien ça les grandes familles.

Ses parents ont élevé cinq enfants. Aujourd'hui, ils ne sont que trois, résultat d'un accident de la route.

Dana et Laura ont perdu la vie lorsque Keith n'avait que 15 ans. Elles étaient âgées respectivement de sept et neuf ans. Le véhicule dans lequel les soeurs se trouvaient a été heurté de plein fouet par un camion qui tentait un dépassement. Un de leurs frères qui se trouvait derrière le volant a subi d'importantes blessures, mais il a survécu.

Keith devait les accompagner pour cette sortie au cinéma, mais il avait changé d'idée au dernier instant afin d'encourager une autre soeur qui jouait un match de volleyball. Un épisode qui l'a marqué. Un épisode dont il parle peu

mcomtois@ledroit.com

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