Le messie de l'ombre

Selon Delbert Alvarado, les botteurs qui connaissent de... (Martin Roy, LeDroit)

Agrandir

Selon Delbert Alvarado, les botteurs qui connaissent de longues carrières sont ceux qui ne font pas trop de bruit.

Martin Roy, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

C'est une ligue de quarts. C'est aussi une ligue de botteurs.

Dans son intrigant début de saison, le Rouge et Noir d'Ottawa peut compter sur le retour en force de son vénérable passeur Henry Burris. Tout le monde s'est rendu compte, dans les deux premiers matches, qu'il a retrouvé, ses jambes, son bras et son sourire d'antan.

Dans l'ombre du vétéran, un petit botteur de précision fait tout aussi bien son travail.

Delbert Alvarado mettra sa fiche parfaite de quatre placements réussis en quatre tentatives à l'épreuve, ce soir, quand le R & N rendra visite aux Eskimos d'Edmonton.

«Les botteurs qui sont visibles sur le terrain et ceux qui ne se font pas trop entendre à l'extérieur du terrain sont ceux qui connaissent de belles et longues carrières», confiait le bonhomme au Droit, plus tôt cette semaine.

Malgré le peu d'attention qu'on lui accorde, le joueur de 26 ans a l'impression d'être à sa place.

«Pour connaître une bonne carrière de botteur, il faut d'abord obtenir une opportunité. Pour obtenir une opportunité, il importe de se retrouver au bon endroit, au bon moment. J'ai enfin l'impression d'avoir trouvé mon bon endroit, mon bon moment.»

Quand il prononce ces mots, Alvarado met l'accent sur «enfin».

Il faut savoir qu'il part de loin.

Il avait neuf ans lorsqu'il a quitté son pays natal, le Honduras, avec toute sa famille. Il n'avait jamais porté un casque protecteur et des épaulettes avant d'entrer à l'école secondaire.

Enfant, les seuls ballons qu'il bottait étaient ronds.

Il aurait tenté sa chance au soccer et prétend que des problèmes de citoyenneté l'ont empêché de se greffer au programme de développement national américain. Il s'est donc tourné vers le foot américain. Il s'est joint aux Bulls de l'Université South Florida, où il a brillé.

Des dizaines d'excellents botteurs sortent des rangs universitaires chaque année. La majorité d'entre eux sont contraints d'accrocher leurs crampons immédiatement. On compte une quarantaine de clubs professionnels, à peine, en Amérique du nord.

Entre 2010 et 2014, Alvarado a tenté sa chance partout. Les seules formations qui lui ont permis de jouer des matches se trouvaient à Virginia Beach, dans la défunte - et très obscure - United Football League.

UN HOMME DE FOI

Même s'il se définit comme un homme de Foi, il y a certainement eu un moment où il s'est permis de douter.

Après des essais infructueux avec les Tiger-Cats de Hamilton et les Alouettes de Montréal, il s'est sans doute demandé si le Créateur ne le voyait pas ailleurs que sur un terrain de football.

«Mes parents ont fait un grand sacrifice quand ils ont quitté le Honduras. Leur sacrifice a été une bénédiction pour moi. Il m'a donné la chance de poursuivre mon rêve de faire carrière en tant qu'athlète professionnel.»

La famille lui a donc donné le courage de s'accrocher.

«Dieu m'a guidé jusqu'ici. Il m'a donné du talent. Je suis toujours jeune. Le téléphone n'arrête pas de sonner. Ça me donne le goût de continuer. Chaque fois qu'on m'a libéré, une autre formation, quelque part, m'a donné une autre chance.»

Pour chaque porte qui se ferme, une autre porte qui s'ouvre, donc.

«Les botteurs qui tombent au bon endroit, au bon moment, peuvent faire ce métier pendant un bon moment. Paul McCallum devrait tous nous servir de modèle.»

McCallum, 45 ans, vient d'entreprendre en Saskatchewan sa 23e saison à titre de botteur professionnel.

sstlaurent@ledroit.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer