Le talent caché de SirVincent

Il ne serait pas étonnant que les talents... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Il ne serait pas étonnant que les talents cachés de receveur de SirVincent Rogers (au centre) soient mis à contribution lors de jeux truqués.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Il a été embauché d'abord et avant tout pour protéger les arrières de Henry Burris.

Mais le bloqueur à gauche du Rouge et Noir d'Ottawa SirVincent Rogers est prêt à en faire plus que ça pour aider son nouveau club à gagner des matches.

Le joueur autonome signé à gros prix à la fin de son dernier pacte avec les Argonauts de Toronto a déjà capté des passes de touché pour les Rattlers de l'Arizona dans l'Arena Football League, ce dont il est bien fier.

«J'étais utilisé à l'occasion comme ailier rapproché et j'ai attrapé des passes de touché de 45 et 30 verges lors de deux matches successifs. J'aime ça le rappeler aux gars dans le vestiaire, ça montre que j'ai encore des habiletés athlétiques. Mon entraîneur (Bryan Chiu) l'a montré aux joueurs de ligne offensive, ils ont bien ri. Peut-être qu'on pourra élaborer un jeu truqué pour moi, je pourrais être une arme secrète», confiait hier l'imposant bonhomme de 6'4» et 320livres après l'entraînement.

Les jeux truqués ont justement été une des rares forces du Rouge et Noir lors de sa difficile saison inaugurale, l'entraîneur-chef Rick Campbell n'hésitant pas à sortir régulièrement des lapins de son chapeau.

Mais Rogers s'amène d'abord et avant tout pour solidifier une ligne offensive qui laissait peu de temps aux quarts pour trouver leurs cibles l'an dernier. Il a été beaucoup question de l'adaptation de Burris à un groupe de receveurs qui compte cinq nouveaux venus depuis le début du camp, et pas mal moins de la cohésion recherchée par la ligne.

«Je pense que ça s'en vient, je commence à m'insérer dans le groupe et la cohésion va venir à force de répétitions. Moi, je m'en viens juste pour faire mon travail, sans plus», estime Rogers.

Campbell est enchanté du travail de son nouveau joueur de ligne. «Il cadre bien dans l'équipe, il est athlétique, mais il a aussi de bonnes habiletés de leader. Il veut une seule chose et c'est gagner», a-t-il noté.

Combat contre la pauvreté et le diabète

Ayant eu une enfance difficile, avec son père qui a fait des séjours en prison et une mère qui était handicapée, c'est tout un parcours qui l'a mené de la petite ville de Jesper, au Texas, jusqu'à Ottawa.

«Je pense que je suis béni d'avoir réussi à me rendre jusqu'ici alors que j'ai grandi dans un quartier difficile de Jesper. Le football m'a amené à l'Université de Houston. J'ai signé avec les Dolphins de Miami par après, mais je n'étais pas prêt et j'ai abandonné, retournant à l'école pour finir mon bac. Ma mère était malade à l'époque, aussi. Je suis revenu ensuite (dans la AFL) parce que j'avais encore la passion», raconte-t-il.

C'est sa mère, Alfreida, qui a décidé de lui donner son prénom particulier. «Mon père s'appelle Vincent et elle a mis le Sir en avant parce qu'elle voulait que je sois respecté», explique-t-il.

Sa mère est décédée en 2011 après avoir lutté contre une forme sévère de diabète qui l'a forcée à suivre des traitements de dialyse pendant sept ans. Son père est diabétique lui aussi, tout comme son jeune frère, ce qui fait que Rogers, 28 ans, devra faire attention à la fin de sa carrière. Il a d'ailleurs été approché pour s'impliquer auprès de l'Association canadienne du diabète, ce qu'il entend faire.

mbrassard@ledroit.com

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