Deux frères, un seul uniforme

Ennuyé par un caillot de sang dans sa... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Ennuyé par un caillot de sang dans sa jambe gauche, Thomas (à droite) attendait impatiemment le moment où il pourrait reprendre l'action.

Étienne Ranger, LeDroit

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Son cadeau de Noël, Thomas Legris l'a reçu de la part d'un médecin et non d'un gars vêtu de rouge et d'une longue barbe blanche.

On lui a annoncé qu'il pouvait renouer avec le football, il y a deux semaines. Que le caillot de sang qui menaçait sa jambe gauche était enfin dissous.

«Une bonne nouvelle. J'étais soulagé», lance avec un large sourire le demi de coin âgé de 16 ans.

L'entrevue se déroulait hier matin dans un gymnase du Cégep de l'Outaouais. L'ado était flanqué de son frère aîné Jean-Claude. En janvier, les deux seront réunis sur un terrain de football. Plus précisément lors du camp de printemps des Griffons, une équipe collégiale de troisième division.

«Nous avons toujours voulu jouer ensemble un jour, note Jean-Claude, un receveur qui en sera à sa deuxième saison dans l'uniforme bleu et blanc.

«Nous n'avions jamais eu la chance auparavant. En plus, nous allons pouvoir nous affronter durant les entraînements», ajoute en riant Thomas, qui sera une des dizaines de recrues à se joindre au club.

C'est pourquoi il espérait retrouver la santé le plus rapidement possible. Ça faisait trois mois qu'il était au repos forcé, à se demander s'il évoluerait avec son frérot.

«Je ne pouvais rien faire... J'étais devenu paresseux.»

Legris devait recevoir des injections et avaler beaucoup de pilules anticoagulantes afin d'éclaircir le sang. Une des raisons pourquoi il devait éviter le football et tout risque de coupures. L'étudiant-athlète de cinquième secondaire se doutait que quelque chose clochait après un match de septembre de l'Arsenal de Nouvelles Frontières, l'équipe de son école dans la Ligue Subway. Le mollet gauche lui faisait mal. Très mal.

Des tests chez le médecin ont vite révélé la source de cette douleur. «Le caillot faisait 10cm. Il n'était pas tout petit», précise le principal intéressé. «Là, je suis content de recommencer à m'entraîner et jouer.»

Son frangin l'écoute parler. Il sourit même quand Thomas Legris affirme au journaliste qu'il est le meilleur des deux.

«Il a beau m'aimer, mais c'est difficile de dire que l'autre est meilleur quand tu es un compétiteur. Tu vas dire que tu es le meilleur jusqu'au moment où tu te fais démontrer le contraire, souligne Jean-Claude.

«Mais on verra dans les batailles à 1 contre 1 durant les pratiques», ajoute-t-il en donnant une tape amicale sur la jambe droite de son cadet.

Les Griffons sont heureux de pouvoir ajouter un deuxième Legris à leur alignement en 2015. Ils étaient déjà satisfaits du plus vieux. «JC a été un de nos receveurs partants lors des trois dernières parties de la saison. Il avait connu un gros match contre Ahuntsic», note l'entraîneur-chef Sébastien Tétreault, faisant allusion aux cinq passes captées et au touché de son joueur.

Jean-Claude, lui, entrevoit la prochaine saison avec optimisme. Ses coéquipiers et lui avaient terminé le calendrier régulier avec une fiche de 4-4, ratant les éliminatoires de peu.

«Nous avions 35 recrues. C'était la moitié de notre équipe. Mais nous avons terminé la saison en gagnant nos quatre derniers matches. Je pense que nous pourrons participer aux éliminatoires l'an prochain. Nous visons le Bol d'Or.»

Mais déjà, les Griffons ont signé une première victoire. Celle du retour en santé d'une recrue prometteuse.

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