Démission du président italien Napolitano

Giorgio Napolitano, élu en 2006 et très respecté... (PHOTO ALBERTO PIZZOLI, AFP)

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Giorgio Napolitano, élu en 2006 et très respecté dans le pays, avait été réélu en 2013 faute d'accord entre les partis sur un successeur, mais n'avait jamais fait mystère de son intention de quitter sa fonction bien avant la fin du septennat en 2020 en raison de son grand âge et de sa santé.

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Fanny CARRIER
Agence France-Presse
ROME

Le président italien Giorgio Napolitano a démissionné mercredi, tirant sa révérence à 89 ans après avoir été pendant près d'une décennie un garant de stabilité et lançant une course à la succession qui semble très ouverte.

L'assemblée des «grands électeurs» - députés, sénateurs et 58 représentants régionaux - chargés de désigner le prochain chef de l'État a été convoquée pour le 29 janvier à 15 h (9 h, heure de Montréal), ont annoncé des députés.

M. Napolitano, élu en 2006 et très respecté dans le pays, avait été réélu en 2013 faute d'accord entre les partis sur un successeur, mais n'avait jamais fait mystère de son intention de quitter sa fonction bien avant la fin du septennat en 2020 en raison de son grand âge et de sa santé.

Le chef de l'État, dont les pouvoirs sont limités en Italie, «a signé ce matin, à 10 h 35 (4 h 35 à Montréal) l'acte de démission de sa charge», a annoncé la présidence dans un bref communiqué.

La lettre de démission a été transmise en particulier au président du Sénat, Pietro Grasso, chargé d'assurer l'intérim.

Pour élire le président, une majorité des deux tiers des quelque 1009 «grands électeurs» est requise lors des trois premiers tours, puis la majorité simple à partir du 4e tour.

Le Parti démocrate (PD) du chef du gouvernement, Matteo Renzi, dispose d'un minimum de 415 sénateurs et députés, auxquels s'ajoutent plusieurs dizaines d'alliés. Mais en 2013, plus d'une centaine de membres du PD avaient refusé de voter pour leur ancien chef Romano Prodi.

Un accord avec Silvio Berlusconi sur une personnalité de centre gauche est possible et renforcerait l'axe Renzi-Berlusconi sur la réforme électorale en cours, mais la gauche du PD risque de rechigner une nouvelle fois et pourrait chercher une personnalité susceptible de plaire aux anti-partis du Mouvement 5 étoiles (M5S).

«Un arbitre équilibré et sage»

M. Renzi a reconnu que la recherche d'un successeur serait «délicate et difficile» et a souhaité l'élection d'un «arbitre équilibré et sage, un garant des institutions, au-dessus des partis».

«Le chef du gouvernement et sa majorité devront lutter pour cette élection, mais je suis convaincu qu'il en sortira un président capable de donner à ce pays et à sa majorité politique actuelle destinée à faire les réformes toute la force qu'avait mise Giorgio Napolitano», a déclaré à l'AFP Francesco Clementi, professeur de droit constitutionnel à l'Université Luiss à Rome.

Parmi les noms qui circulent figurent à nouveau M. Prodi, l'ancien chef du gouvernement Giuliano Amato, l'ancien maire de Rome Walter Veltroni, les ministres Pier Carlo Padoan (Économie) ou Roberta Pinotti (Défense), mais aucun ne semble en mesure de faire consensus.

Souvent cité, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a déclaré à l'hebdomadaire allemand Die Zeit que ce n'était «pas (son) travail». Et l'ancienne commissaire européenne Emma Bonino, possible outsider, a annoncé lundi qu'elle souffrait d'un cancer.

S'exprimant mardi lors de sa dernière sortie publique en tant que président, M. Napolitano a souhaité que le pays soit «uni et serein» dans un monde «difficile», en évoquant les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière en France.

Juste après l'annonce de la démission, M. Renzi a lancé sur Twitter le mot-clic #GraziePresidente (merci président), devenu rapidement le plus utilisé dans le pays.

Les hommages se sont multipliés en Italie, mais aussi à l'étranger. Le président du Parlement européen Martin Schulz a salué «les qualités de dirigeant et le désintéressement» du président italien.

Depuis le Sri Lanka, le pape François, a salué dans un télégramme la «personnalité éclairée et sage» de l'ancien militant communiste, estimant qu'il avait «contribué à renforcer dans la population les idéaux de solidarité, d'unité et de concorde».

Parmi les détracteurs qui reprochaient à M. Napolitano d'avoir outrepassé ses pouvoirs au cours de sa présidence, le M5S lui a demandé de renoncer au poste de sénateur à vie que la Constitution lui réserve, faisant valoir que cela épargnerait 21 000 euros (près de 30 000 $) par mois.

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