À distance, Brière est éveillé à une autre réalité

À Berlin, Daniel Brière utilise Skype pour rejoindre... (Sylvain St-Laurent, LeDroit)

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À Berlin, Daniel Brière utilise Skype pour rejoindre sa copine qui pratique la médecine dans un camp militaire afghan. «Mais ce n'est pas toujours facile. La réception internet n'est pas toujours égale là-bas.»

Sylvain St-Laurent, LeDroit

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Demandez à Daniel Brière s'il se sent loin de sa famille et s'il trouve le temps long en Allemagne. Il vous répondra que ça pourrait être pire.

Et il parlera en connaissance de cause.

Voyez-vous, il y a une nouvelle femme dans la vie du vétéran hockeyeur. Il la fréquente depuis presque un an, mais il ne l'a pas vue une seule fois dans les cinq derniers mois.

Sa copine, qui est médecin dans la US Air Force, soigne les blessés américains dans un camp militaire situé quelque part au beau milieu du désert de l'Afghanistan.

«Mettons qu'elle vit des affaires assez spéciales», m'a-t-il simplement lancé alors qu'il me faisait visiter Berlin dans la Mercedes-Benz qui lui a été prêtée par son employeur.

«Après quelques mois, je me suis fait à l'idée. Il n'y a pas eu trop d'action dans la région où elle se trouve, Dieu merci. Je me répète souvent qu'en tant que médecin, elle n'est pas appelée à quitter la base trop souvent. Elle ne court pas dans les champs avec des fusils. Elle ne confronte pas l'ennemi. Tout ça me réconforte un peu», enchaîne-t-il.

Elle se trouve quand même dans une zone de guerre.

La pression constante de subir une attaque doit être pas mal plus forte que la pression qu'on subit avant de sauter sur la glace en prolongation.

Un double échec en plein visage, c'est douloureux. Mais ce n'est rien à côté de ce que les militaires peuvent subir.

«Mes garçons jouent à des jeux vidéos de guerre à la maison. Ils peuvent se faire tirer sept ou huit fois par heure. Chaque fois, ils peuvent recommencer. Là-bas, en Afghanistan, tu n'as qu'une partie à jouer», acquiesce Brière.

«J'ai gagné beaucoup de respect pour nos militaires dans les derniers mois.»

Le Sportforum est un imposant complexe sportif construit... (Sylvain St-Laurent, LeDroit) - image 2.0

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Le Sportforum est un imposant complexe sportif construit dans un quartier résidentiel de Berlin-Est dans les années 1950.

Sylvain St-Laurent, LeDroit

Quand il se rend au café du coin pour jaser avec sa copine via Skype, Brière se tient au courant des conflits actuels.

Le reste du temps, quand il se balade dans les rues de sa ville d'adoption, il suit un véritable cours d'histoire.

C'est lui, par exemple, qui m'a fait remarquer que le Sportforum, vaste complexe d'entraînement utilisé par les Ours Polaires à Berlin-Est, est entouré de très hautes clôtures métalliques.

«C'est sûrement ici qu'ils enfermaient les athlètes de la RDA dans le temps. Il s'est sans doute passé des tas de choses fascinantes ici...»

«Dans cette ville, il y a des tas de petits musées à ciel ouvert. J'arrête souvent. Je lis. J'apprends.»

Durant nos quelques heures passées ensemble, Brière a parlé à trois ou quatre occasions de sa nouvelle flamme.

Il a pris le temps de jaser de son ex-femme, aussi.

Sans elle, il n'aurait probablement pas pu faire le voyage en Allemagne.

Durant le lock-out de 2004-2005, Brière s'était déniché du boulot à Berne, avec un club de la Ligue nationale A de la Suisse.

Il avait emmené toute sa petite famille avec lui.

Cette année, même s'il avait voulu répéter l'expérience, ç'aurait été impossible.

«Les enfants sont plus vieux. Ils ont leur vie à Philadelphie. Ils ont l'école, leurs amis, le hockey et puis tout le reste. Il n'est pas facile de déménager des enfants de 13-14 ans. Ce n'était donc pas une option.»

«Je savais que j'avais besoin de jouer. À 35 ans, il n'aurait pas été sage de passer plusieurs mois à l'écart du jeu. Sylvie est venue me voir, elle m'a dit de partir. Elle m'a dit qu'elle allait s'arranger pour que tout fonctionne pendant mon absence. Sans elle, je ne pourrais pas être ici.»

J'ai souri en consultant l'alignement des Ours Polaires. Ici, en Allemagne, Daniel Brière porte le numéro84. Ça m'a rappelé une anecdote qu'il m'a racontée il y a quelques années.

Quand Cameron son fils aîné devait choisir le numéro qu'il devait porter lors de sa première saison dans le hockey mineur, il avait choisi le 48. Il voulait ainsi rendre hommage à son père.

Le paternel s'était objecté. «Je ne veux pas que tu sois le prochain Daniel Brière. Je veux que tu sois le premier Cameron Brière.»

Pas fou, le gamin avait vite trouvé un compromis. Il avait inversé les chiffres. Il avait choisi de porter le 84.

Est-ce que papa rend hommage à fiston aujourd'hui?

Et pour ceux que ça intéresse, ma valise m'a été livrée dans la nuit de mercredi à jeudi. Merci pour vos bonnes pensées.

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