Cap sur le Vieux-Continent

Claude Giroux et Daniel Brière évoluent avec les... (Courtoisie Mathias Renner, City-Press GbR)

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Claude Giroux et Daniel Brière évoluent avec les Eisbären de Berlin.

Courtoisie Mathias Renner, City-Press GbR

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Je venais à peine de descendre dans le grand lounge des départs internationaux à l'aéroport d'Ottawa. Sur tous les écrans géants de télévision, on présentait les manchettes sportives du réseau CBC.

«Ne me dites pas qu'ils vont annuler une nouvelle série de matches», s'est exclamé, en anglais, le voyageur qui s'était laissé tomber dans le siège à côté de moi.

«What a joke...»

J'ai secoué la tête en faisant semblant de soupirer pour lui faire croire que je partageais son découragement. Entre vous et moi, c'était pour la forme.

Pour la première fois depuis deux mois, je me fichais un peu de toutes ces histoires.

Je me suis montré à peine plus sympathique à la cause du douanier américain, quelques minutes plus tôt. Après m'avoir posé les questions d'usage, après avoir estampillé mon passeport, le type m'a confié qu'il est originaire du Michigan. «Big Wings fan.» Il avait prévu rendre visite à sa famille dans la semaine du Jour de l'An, mais il a tout annulé lorsque la Classique hivernale de la LNH est tombée à l'eau.

Too bad, que je lui ai répondu. Je vous souhaite de vous reprendre l'an prochain.

C'était vraiment la réponse la plus compatissante que je pouvais lui offrir.

J'étais à l'aéroport d'Ottawa en milieu de journée parce que je pars en voyage. Un voyage d'affaires. Je fais comme les joueurs que je couvre habituellement et je m'en vais voir sur le continent voisin si la glace est plus blanche.

Merci de m'avoir offert le billet d'avion, patron.

****

Le projet a germé au début du mois. Le patron nous avait demandé de fournir des idées intéressantes et différentes pour donner un souffle nouveau à notre section des sports pendant le lock-out dans la LNH. Vingt-quatre heures plus tard, j'ai soumis ma liste. Une bonne vingtaine d'idées de reportage. Des histoires de hockey, de soccer, de baseball, de sport étudiant...

À la toute fin, j'ai pris une chance. J'ai lancé trois projets en l'air, des trucs un peu plus coûteux.

«Claude Giroux et Daniel Brière, deux des plus grands joueurs de l'histoire de notre région, sont en train de brûler le championnat allemand. Je suis convaincu qu'on pourrait faire de bons papiers en leur rendant visite à Berlin...»

Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'il morde à la ligne.

Il m'a pourtant passé un coup de fil plus tard dans la journée. Il m'a demandé d'évaluer les coûts du projet. Mon agence de voyage a fourni un chiffre, le patron l'a trouvé raisonnable.

J'ai bien cru que je devrais tout annuler, la semaine dernière, quand Gary Bettman et Donald Fehr ont passé plusieurs journées consécutives à négocier dans un endroit secret.

Mais bon. Comme les deux grands responsables du conflit sont retournés bouder dans leurs bureaux respectifs, je pars.

Au retour, je vais peut-être même arrêter en Suisse pour aller saluer Jason Spezza.

Ai-je pris le temps de te remercier, patron?

****

Je peux vous faire une confidence? Quand on m'a confié le mandat de couvrir la LNH et les Sénateurs d'Ottawa, en 2002, je ne savais pas trop combien de temps je pourrais occuper ce poste de rêve.

J'espérais tenir le coup assez longtemps pour avoir la chance de goûter à tout ce que le monde du hockey professionnel pouvait offrir.

Je voulais visiter les 30 amphithéâtres du circuit Bettman au moins une fois. J'ai complété ma tournée à Phoenix en 2008.

Je voulais vivre les séries éliminatoires de la coupe Stanley. J'ai pu assister à la finale en 2007.

J'ai couvert mon quatrième Match des étoiles l'hiver dernier à Ottawa.

À la veille de mon premier repêchage amateur, en Caroline du Nord en 2004, j'ai réalisé une très mauvaise entrevue avec un Alexander Ovechkine de 18 ans qui ne parlait presque pas anglais. L'été prochain, si je me rends au New Jersey, je couvrirai la séance de sélection annuelle pour une 10e fois.

J'ai suivi Wayne Gretzky, Mario Lemieux et Martin Brodeur pendant presque un mois lors de la Coupe du monde de septembre 2004.

Quatre mois plus tard, j'étais à Grand Forks, dans le Dakota du Nord, lorsque Sidney Crosby, Corey Perry, Patrice Bergeron et les autres membres de la meilleure équipe canadienne jamais assemblée ont remporté le Championnat mondial junior.

Merci pour tout ça, patron. Et merci d'avance pour les autres projets qui pourraient suivre.

Je t'ai vendu ce nouveau voyage en Europe en te laissant miroiter des papiers intéressants. Je vais travailler fort dans les prochains jours pour remplir ma promesse.

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