Faites la connaissance d'Oluwasegun Makinde, membre du club d'athlétisme des Lions d'Ottawa et étudiant de troisième année en finances à l'Université d'Ottawa. Ses amis l'appellent Segun. C'est plus court. Et c'est plus facile à prononcer.
Son coach? Glenroy Gilbert. Un nom bien connu. Un ancien sprinter qui a participé aux Jeux à cinq reprises, gagnant l'or dans cette course mémorable du relais à Atlanta en 1996 aux côtés des Donovan Bailey, Bruny Surin et Robert Esmie.
«Je suis un gars choyé. Peu de gens au pays peuvent clamer d'être entraîné par un champion olympique», a rappelé Makinde, prenant une pause entre deux séances d'entraînement au stade Terry-Fox, situé près de la plage Mooney's Bay.
Depuis la retraite des Gilbert et compagnie, le Canada a perdu ses allures de lièvre. Il ressemble plutôt à une tortue en piste. C'est lent et ennuyant.
Levez la main ceux qui pourront reconnaître les quatre membres du relais canadien au petit écran. C'est ce qu'on pensait...
Makinde croit que ses potes et lui peuvent surprendre et émerger de cet anonymat. Puis, il y a toujours des faux de départ et mauvaises remises de témoin qui mènent à des disqualifications de puissances aux Jeux.
«Il (Glenroy) sait ce que ça prend pour gagner l'or. Moi, je crois que nous avons autant de chances que les autres pays à monter sur le podium, de remporter une médaille. Pour y arriver, la première chose qu'on doit faire, c'est de croire que nous pouvons remporter une médaille. C'est peut-être une confiance aveugle, mais je maintiens que ce rêve peut devenir réalité.»
Né au Nigéria, Makinde s'est pointé au Canada avec sa famille durant son enfance. Il a d'abord goûté au soccer.
«J'ai participé à ma première course d'athlétisme en huitième année à l'école ici à Ottawa. Mon professeur d'éducation physique avait décidé de m'inscrire au 200 m. J'ai connu du succès puis quand je me suis pointé à l'école secondaire, un autre enseignant me trouvait bon là-dedans. Il m'a acheté ma première paire de souliers à crampons.»
Mais son amour du ballon rond ne l'avait pas quitté. «Je ne voulais pas participer à des courses d'athlétisme. Je voulais continuer à jouer au soccer.»
C'est lorsqu'il a été mis en contact avec Gilbert que tout a changé. En 2008, il a représenté le Canada aux Jeux du Commonwealth de la jeunesse. Puis l'été dernier, il a terminé cinquième au 200 m des Universiades d'été à Shenzhen, en Chine. Plus récemment, Makinde a gagné l'argent sur cette distance aux championnats canadiens.
Un résultat qui lui a assuré sa place au sein de l'équipe canadienne.
Pour l'instant, il ignore quel rôle l'attendra dans le relais. Sera-t-il le premier à courir? Ou le deuxième ou troisième? «Peu importe. Je sais simplement que je vais me retrouver en piste aux Jeux olympiques. C'est déjà bien», a noté l'athlète de 5'11'', qui a décliné une offre, il y a deux ans, afin de porter les couleurs de son pays natal africain sur la scène internationale.
Sa raison? C'est le Canada qui lui a fait confiance en premier.
Segun Makinde ne sera pas le seul sprinter d'Ottawa au sein du relais. On y retrouvera aussi Oluseyi Smith.
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