Bobettes chanceuses, judoka talentueux

Nicholas Tritton... (Archives, LeDroit)

Agrandir

Nicholas Tritton

Archives, LeDroit

Martin Comtois
Le Droit

En faisant ses bagages avant de partir vers Londres, Nicholas Tritton va s'assurer de ne pas oublier une pièce de vêtement importante.

Non, ce n'est pas son kimono, mais plutôt une paire de bobettes chanceuses.

Superstitieux, le judoka originaire de Perth, situé à une heure au sud d'Ottawa, porte les mêmes caleçons boxeurs lors de chaque compétition. «Ça semble bien fonctionner. Les résultats sont là», a expliqué Tritton, qui s'exprime aussi bien en anglais qu'en français.

L'athlète, qui fête aujourd'hui ses 28 ans, a gagné 12 médailles sur le circuit de la Coupe du monde, participant à cinq reprises aux championnats du monde. Le triple champion canadien chez les 73 kg participera aux Jeux olympiques pour une deuxième fois en carrière. Il s'était incliné au premier tour à Pékin.

«C'est un avantage important d'avoir déjà goûté aux Jeux. Je suis mieux préparé à affronter les nombreuses distractions. Ça ne peut que m'aider», a-t-il soutenu lors d'un récent passage dans son patelin.

Ce fut une des rares sorties médiatiques de Tritton, qui s'entraîne à Montréal sous les ordres notamment de Nicolas Gill.

«J'ai reçu presque une centaine de demandes d'entrevue. J'ai décidé de ne pas parler, ou presque. J'ai limité le tout aux médias de la région d'Ottawa.»

La dernière année n'a pas été facile pour lui. Il a dû guérir diverses blessures.

«Nous avions un voyage de six à huit semaines en Europe dès janvier afin de nous entraîner et de participer à des compétitions, dont des épreuves de la Coupe du monde. Mais dès la première épreuve, j'ai aggravé une blessure au dos, a relaté Tritton.

«Immédiatement, la décision a été prise de tout cesser. J'ai subi des tests de résonance magnétique. J'ai reçu des injections de cortisone et j'ai eu droit à des massages. Là, j'ai retrouvé la santé.»

Pendant tous ces traitements, Nicholas Tritton a vu son père Mark construire une maison à Perth afin de la revendre et financer le rêve olympique de son garçon. «Un week-end, tu disputes une épreuve de la Coupe du monde en Europe. Puis la fin de semaine suivante, tu dois te rendre en Asie. C'est dur sur le portefeuille», a-t-il rappelé.

Une trentaine d'étudiants du collège Algonquin ont participé au projet qui a nécessité six mois. Plus de 285000$ ont été amassés. Une fois les dépenses reliées à la construction ont été soustraites, il restait environ 65000$.

Une partie de l'argent a été remise au judoka qui était classé septième au monde avant sa blessure. Le reste des profits a été versé à six organismes de son village natal, dont la banque alimentaire.

«Mon père a toujours ces idées folles et il trouve toujours le moyen de les réaliser. Il n'y a rien que je peux ajouter au sujet de son dévouement. Sans lui, je ne serais pas rendu aussi loin. La seule chose que je peux lui dire, c'est un gros merci», a dit Tritton, qui est devenu à son tour papa de deux enfants ces dernières années.

Toutes nos nouvelles sur ledroitsurmonordi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer