Thomas tire sa révérence avec une septième place

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Karine Thomas, et Jacqueline Simoneau ont obtenu un score de 90,6000 points pour leur programme libre.

François-Xavier Marit, AFP

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Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne
Rio de Janeiro

Quatre ans après avoir vécu une amère déception aux Jeux de Londres, les nageuses synchronisées canadiennes ont de nouveau dénoncé un système de pointage qu'elles jugent dépassé.

Jacqueline Simoneau, à gauche, et la Gatinoise Karine... (Ryan Remiorz, PC) - image 1.0

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Jacqueline Simoneau, à gauche, et la Gatinoise Karine Thomas se font l'accolade à l'issue de leur prestation lors de la finale en nage synchronisée en duo.

Ryan Remiorz, PC

Après des mois d'efforts pour mettre sur pied un programme libre innovant, Karine Thomas et Jacqueline Simoneau ont dû se contenter du septième rang de la finale en duo, mardi, aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Un résultat qui a mis hors d'elle l'entraîneuse de l'équipe canadienne, Meng Chen, qui estime que le système est trop «subjectif».

«La nage synchronisée doit réfléchir aux objectifs qu'elle souhaite atteindre. Vous savez, en ce moment, il y a trois comités qui jugent chaque performance. Ils sont 15 juges au total, qui viennent tous de pays différents et qui ont des cultures différentes et un parcours de vie différent», a-t-elle rappelé au cours d'une longue tirade.

«Ils ne peuvent décider si c'est noir ou blanc, ils peuvent seulement utiliser leurs expériences pour rendre une note, a-t-elle poursuivi. Donc, dans 20 ans, où voulons-nous que la nage synchronisée soit? Il faut que ce sport devienne plus objectif. Il faut miser davantage sur la technologie.»

Thomas, de Gatineau, et Simoneau, de Montréal, ont obtenu un score de 90,6000 points pour leur programme libre. Jumelé à leur résultat de la veille au programme technique, elles ont donc récolté 179,8916 points.

Interrogée sur le score final, Thomas a offert une réponse qui en disait long sur la frustration qu'elle ressentait.

«Nous sommes conscientes que c'est un sport extrêmement subjectif, qui va sûrement continuer d'évoluer au cours des prochaines années quant à la manière de le juger, donc le pointage n'avait pas vraiment d'importance aujourd'hui», a simplement dit Thomas.

Les Russes Natalia Ishchenko et Svetlana Romashina ont défendu avec succès leur titre olympique en vertu d'un résultat cumulatif de 194,9910 points. Elles ont devancé dans l'ordre les Chinoises Xuechen Huang et Wenyan Sun (192,3688), et les Japonaises Yukiko Inui et Risako Mitsui (188,0547).

Une première et une dernière

Il s'agissait des premiers jeux de Simoneau et des derniers pour Thomas, qui avait terminé quatrième dans l'épreuve par équipes aux Jeux de Londres en 2012. Chen s'est dite très fière du travail accompli depuis 2012 avec ses protégées.

«Jacqueline, ce sont ses premiers jeux, et elle a fait un travail remarquable. Son avenir est fort prometteur, a-t-elle assuré. Pour ce qui est de Karine, elle mérite une bonne pause, afin de réfléchir à son avenir.»

D'ailleurs, l'athlète de 27 ans, stoïque, a indiqué qu'elle n'avait pas encore réalisé qu'il s'agissait de sa dernière compétition olympique.

«Dès que ça me venait en tête, j'essayais de le repousser, parce que je ne pouvais pas me permettre de penser que c'était mon dernier échauffement, ma dernière parade, ma dernière performance», a-t-elle évoqué.

«Là, maintenant que c'est fait, je commence à le réaliser, mais je ne l'assimile pas encore. C'est encore trop frais, donc je n'ai pas encore entamé le processus», a-t-elle confié, avant d'ajouter qu'elle pourrait poursuivre ses activités pendant une année supplémentaire pour faciliter la transition dans l'équipe.

La disette du Canada en nage synchronisée se poursuit donc. Le dernier duo canadien à être monté sur le podium olympique a été celui de Penny et Vicky Vilagos, aux Jeux de Barcelone en 1992.

«Nous voulons faire évoluer le sport»

Dans l'espoir d'atteindre le podium, les représentantes de l'unifolié ont misé sur un programme libre audacieux qu'elles peaufinent depuis des mois en compagnie de l'auteur et metteur en scène québécois Sébastien David.

Après des mois d'efforts pour mettre sur pied... (Ryan Remiorz, PC) - image 2.0

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Après des mois d'efforts pour mettre sur pied un programme libre innovant, Jacqueline Simoneau et Karine Thomas ont dû se contenter du septième rang.

Ryan Remiorz, PC

Dimanche, il leur avait procuré le septième rang des préliminaires, soit le même qu'en finale. Même si les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes, Chen a refusé de parler de mauvais choix stratégique.

«Non, ce n'est pas une erreur, a-t-elle martelé. En tant que pays, je veux que le Canada crée quelque chose qui n'existe nulle part ailleurs, je veux me démarquer des autres pays. Il faut que les jeunes nageuses qui poussent derrière embarquent avec moi, afin qu'on crée quelque chose d'unique.»

Un message qui a été repris par Thomas, qui considère que le Canada ne fait pas fausse route en adoptant une approche plus théâtrale, et moins technique.

«C'est sûr qu'on aurait pu retourner en arrière et se dire: "On aurait dont dû, on aurait dont dûÉ, mais je pense qu'avec la routine que nous avons livrée aujourd'hui nous sommes vraiment contentes, a-t-elle dit. Nous, le Canada, avons tenté de montrer un côté différent de ce sport, et allons tenter de bâtir là-dessus.

«Nous voulons faire évoluer le sport, et c'est de cette façon-là que nous voulons le faire, a-t-elle ajouté. Nous sommes dans la bonne voie.»

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