Une famille d'olympiens

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Glenn Hoag dirigera la formation canadienne, dont fait partie son fils Nicholas, aux Jeux olympiques de Rio.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Nicholas Hoag a sauté de joie. Il a aussi échangé des câlins avec son père Glenn.

« J'ai pleuré. Lui aussi. C'était un moment assez émotif », souligne le jeune homme qui fêtera ses 24 ans dans une dizaine de jours.

Le moment en question ?

Les minutes qui ont suivi la victoire du Canada en juin dernier lors d'un tournoi de volley-ball masculin à Tokyo, au Japon. Un gain qui permettait à l'équipe nationale masculine, qui a pignon à Gatineau, de se qualifier en vue des Jeux olympiques pour la première fois en 24 ans.

Une formation dirigée par le paternel depuis une décennie.

« J'ai toujours rêvé de participer aux Jeux avec mon père. Je savais que ce serait ma seule chance d'y aller », fait remarquer Nicholas Hoag.

Car son papa compte délaisser son poste d'entraîneur-chef à la fin de l'année.

« Il y a un côté de moi qui aimerait rester, avoue le quinquagénaire Glenn Hoag, qui dirige aussi un club professionnel en Turquie.

«Mais je n'ai qu'une semaine de congé durant 12 mois. C'est dur. J'aimerais passer plus de temps avec Donna (sa conjointe) pour faire des activités, dont pêcher plus souvent.»

Hoag revenait justement d'un séjour fructueux de quelques jours en truites sur la Côte-Nord lorsque le journaliste s'est arrêté au centre sportif de Gatineau. L'équipe s'entraîne à cet endroit depuis mai 2010.

Le coach mettait l'accent sur la réception de services. Et son personnel prenait les grands moyens pour préparer le Canada à affronter le Brésil, les États-Unis et l'Italie.

Un lance-balle projetait des ballons entre 115 à 125 km à l'heure vers les joueurs.

«Nous allons affronter des services aussi rapides aux Jeux», note Nicholas Hoag.

Ce dernier dispute sa troisième saison au sein de la formation canadienne senior, suivant les pas de son père qui a participé aux JO en 1984 à Los Angeles.

Son frère aîné Christopher et lui ont baigné dans le volley-ball. Leur mère s'avère aussi une ancienne joueuse de l'équipe nationale.

«Nos parents nous ont toujours encouragés d'essayer divers sports. J'ai touché à un peu de tout, indique Hoag, qui excellait notamment en tant que quart-arrière au football. Mais finalement en deuxième secondaire, j'ai pris la décision d'aller à une école spécialisée en volley-ball.»

Récolter

Ça se passait à Sherbrooke où son père avait dirigé l'équipe universitaire de l'endroit avant d'accepter le plus gros défi de sa vie. Celui de reconstruire un programme national en piteux état.

«On va se le dire. C'était un travail de cultivateur. On a labouré. On a semé. On a eu nos réussites et nos échecs, image Glenn Hoag.

«À côté des Russes et des Américains, j'avais l'impression d'avoir un champ de roches. Il a fallu trouver des stratégies pour que ça pousse mieux.»

Le Canada n'avait pas une cenne à l'époque. La relève était inexistante.

Aujourd'hui ? Il occupe le 12e rang mondial et possède un excellent programme junior. Il vient de remporter les grands honneurs en deuxième division de la Ligue mondiale.

Lors des quatre dernières années, il a réussi à battre toutes les grandes puissances au moins une fois. Ce qui donne de l'espoir à fiston Hoag. «Oui, on se retrouve dans le groupe de la mort aux Jeux. Mais ce sont tous des clubs contre lesquels nous avons déjà gagné. Mais nous sommes prêts. Nous avons travaillé très forts à l'entraînement», affirme Nicholas.

Qui sait, peut-être une autre accolade très émotive attend les Hoag à Rio.

Pichette et les Jeux de 1976

L'entraîneur-adjoint de l'équipe canadienne de volley-ball masculin, Vincent... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 3.0

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L'entraîneur-adjoint de l'équipe canadienne de volley-ball masculin, Vincent Pichette

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Il y a sept ans, Vincent Pichette effectuait le grand saut.

Le Gatinois délaissait ses fonctions d'entraîneur-chef des Griffons du Cégep de l'Outaouais afin de se joindre à l'équipe nationale de volley-ball masculin. Un poste qu'il occupait depuis une décennie après avoir mis fin à sa carrière de joueur pro en raison d'une blessure sérieuse à la paroi abdominale.

Cette décision si importante, il ne l'a jamais regrettée.

Le voilà à quelques jours de vivre les Jeux olympiques sur les lignes de côté en tant qu'entraîneur adjoint, au Brésil. «Je rêve à ça depuis l'âge de quatre ans», raconte Pichette.

Depuis qu'il a vu la gymnaste Nadia Comaneci au petit écran obtenir une note parfaite en gymnastique aux Jeux de 1976, à Montréal.

«C'est mon premier souvenir olympique. Ma première réaction, c'était de dire je veux faire ça moi aussi.»

Quelques années plus tard à son arrivée au collège St-Alexandre, ce fut le premier contact avec le volley. Il a aussi eu l'occasion de côtoyer un certain Glenn Hoag, alors joueur de l'équipe nationale, lors de camps d'été. Ce fut le début d'une amitié qui dure toujours entre ces deux produits de l'Outaouais.

Hoag est celui qui l'a embauché en 2009 en tant qu'adjoint.

Pichette savoure chaque moment passé au sein de la formation canadienne. Il dit vouer un immense respect pour les joueurs qui ont défilé au fil des ans au centre national situé à Gatineau.

Des joueurs qui partagent leur temps entre les rangs pros et Équipe Canada.

«Les gars peuvent disputer jusqu'à 92 matches en 12 mois. Ça veut dire un match presque aux trois jours. Ça peut avoir des effets à long terme. Tu n'as qu'à regarder Gavin (Schmitt).»

Ce vétéran attaquant a dû être opéré à deux reprises aux jambes. Chaque fois, une tige de métal a été insérée afin de compenser des os hypothéqués par son sport.

«Ces athlètes s'imposent de gros sacrifices», note Vincent Pichette, qui se réjouit de voir cette bande accéder enfin aux Jeux olympiques.

Son nom risque de circuler dans les prochains mois lorsque Volleyball Canada cherchera un remplaçant à Hoag.

Le principal intéressé le sait. Mais il calme le jeu déjà.

«En ce moment, je ne me verrais pas prendre l'équipe tout de suite. J'ai des choses que j'aimerais faire avant, dit-il.

«Ce n'est pas que je ne me sentirais pas prêt. J'ai déjà fait le tour de deux cycles. J'ai eu la majorité de ces athlètes pendant sept mois au centre national. Je les connais très bien.»

Pour l'instant, l'homme de 43 ans veut savourer les JO. Il sait très bien ce qui attend le Canada, ayant eu la chance de participer aux Jeux paralympiques de 2000 à Sydney.

À l'époque, Pichette était entraîneur adjoint de l'équipe canadienne qui avait gagné la médaille d'argent.

«Le format du tournoi est le même. La pression aussi. Tu auras juste un peu plus de médias pour couvrir ça. Ce fut une des plus belles expériences de volleyball que j'ai pu vivre.»

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