Trop de médailles, pas assez de place

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Marie-Alexandre Lemire... (Olivier Croteau)

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Marie-Alexandre Lemire

Olivier Croteau

Martin Comtois
Le Droit

(SHAWINIGAN) Sa mère pratiquait le ballet. Marie-Alexandre Lemire a essayé de suivre dans ses pas, mais elle préférait se servir de ses pieds pour un autre sport.

La voilà sur un vélo.

«C'est là que je me sens à l'aise», a expliqué l'adolescente âgée de 13 ans.

Et comment.

À Shawinigan, c'est la fille à battre en cyclisme sur route. Une étiquette qu'elle a confirmée en gagnant la médaille d'or lors du contre-la-montre des Jeux du Québec chez les minimes, hier matin, présenté sur 6 km au centre-ville.

«On s'attend à ce qu'elle en gagne deux autres... et toutes de la même couleur», a noté le président du club des Cuisses Or de l'Outaouais, Éric Rancourt.

L'athlète perd rarement. Elle vient de gagner le titre au classement général de la Coupe Québec pour une troisième année de suite, il y a dix jours, en Abitibi.

- Coudonc, as-tu assez de place chez vous pour placer tous tes médailles et trophées?

La question a soutiré un sourire gêné chez Lemire.

«Mon grand-père m'a bâti une étagère où j'ai pu tout ranger», a-t-elle répondu.

- Mais là, il risque de te manquer encore de place après les Jeux? On dit que tu pourrais gagner jusqu'à quatre médailles.

Encore là, elle a souri.

«Il va falloir que je demande une autre étagère à mon grand-père à mon retour à la maison», a enchaîné Lemire.

Son grand-papa a le temps. Gaston Lemire, qui a longtemps été professeur au Cégep de l'Outaouais, se trouve maintenant à la retraite.

Et si le nom de famille sonne si familier, c'est que le papa, Frédéric, a déjà roulé sur le circuit de la Coupe du monde et des championnats du monde. Mais ce n'était pas sur le bitume.

Photographe, c'est plutôt un passionné de vélo de montagne. Plus précisément de descente.

Il était là, hier, à saisir les moments forts de sa fille sur sa caméra numérique. Il en faisait de même pour les 10 autres athlètes de la délégation de l'Outaouais en cyclisme.

Le fond du baril en 2005

Une discipline en pleine croissance. Le fond du baril avait été atteint en 2005 à Amos avec une seule participante. Puis en 2007, c'était le début de la reconstruction. Une équipe de développement avait été fondée. Celle du club de patinage de vitesse de Val-des-Monts.

Rancourt était derrière ce projet. Le club a changé de nom en cours de route en plus de grandir.

Aujourd'hui, ils sont plus de 70 cyclistes âgés de sept à 16 ans à apprendre les rudiments du sport des Merckx, Indurain, Armstrong, Hesjedal et Hughes.

«On a gagné cinq titres provinciaux cette année chez les minimes, peewee et bibittes, a noté Éric Rancourt. Et il y en a plusieurs autres jeunes qui poussent.»

Quant à Lemire, elle pensait déjà à l'épreuve sur route qui se déroulera aujourd'hui dans le parc national de la Mauricie. Un parcours de 22,4 km qui servira de solides montées aux athlètes. Et la chaleur risque d'être encore au rendez-vous.

Ça n'effrayait pas la jeune vedette de l'Outaouais. Grimper, elle connaît ça. «Elle s'entraîne dans le parc de la Gatineau», a rappelé Frédéric Lemire.

Quant à Rancourt, il se réjouissait du succès de la jeune Marie-Alexandre.

«Une athlète équilibrée qui ne festoie pas et qui ne nargue pas les autres quand elle gagne. Et quand elle est malade ou que ça ne se passe pas bien en course, ça ne lui prend que quelques minutes pour se replacer.»

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