Le cancer frappe encore

Nicholle Anderson a demandé à Craig Anderson d'aller... (Photo tirée de Twitter)

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Nicholle Anderson a demandé à Craig Anderson d'aller retrouver son équipe à Edmonton à la suite de la blessure qu'a subie Andrew Hammond lors de son dernier départ.

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CHRONIQUE / Il y a d'abord eu l'entraîneur-adjoint Mark Reeds, atteint deux fois plutôt qu'une. On lui donnait déjà peu de chances de s'en tirer la première fois. Il n'a même pas eu le temps de reprendre ses forces quand la maladie s'est jetée sur lui à nouveau. Ce fut rapide, dévastateur.

Il y a ensuite le directeur général Bryan Murray. À 73 ans, même s'il se sait condamné, il continue de se pointer au bureau chaque semaine, comme si de rien n'était. Il poursuit son chemin et rien ne semble affecter son moral. Il est, pour tous les gens qui ont le bonheur de le côtoyer, une grande source d'inspiration.

Maintenant, c'est au tour de Nicholle Anderson.

On sait peu de choses de l'état de santé de l'épouse du gardien de but numéro un des Sénateurs. On souhaite de tout coeur que les résultats qu'elle attend soient encourageants. On espère qu'elle fera, d'ici quelques mois ou quelques années, partie de la majorité qui atteint la rémission, puis la guérison complète.

Les jeunes mères de famille, au même titre que les enfants qu'elles élèvent, qu'elles aiment et qui ont tellement besoin d'elles, ne devraient jamais nous quitter à un jeune âge.

Quand la nouvelle a été communiquée aux médias, samedi après-midi, j'étais assis dans une galerie de presse avec un collègue anglophone. Nous avons tous eu la même réflexion bête. Nous nous sommes tous les deux posé la même question, sans vraiment avoir envie de chercher la réponse. A-t-on déjà vu un club sportif professionnel frappé aussi souvent, en si peu de temps, par le cancer ?

C'est complètement insensé.

•••

Je ne connais pas Mme Anderson. Je la croise deux ou trois fois par année. C'est à peine si on se dit bonjour.

Je ne connais pas très bien son mari, non plus.

Dans les cinq dernières années, depuis son arrivée chez les Sénateurs, j'ai bien du l'interviewer 300 fois. Je lui ai donc fourni 300 occasions de me livrer les mêmes clichés, prévisibles, sur le même ton ennuyeux. Devant les micros, Craig Anderson est d'une grande constance. Il ne rate jamais une occasion de nous rappeler que son métier consiste à « stopper des rondelles » pour « donner une chance à son équipe de l'emporter chaque soir ».

« Pour gagner, il faut tous ramer dans la même direction. »

C'est une de ses phrases préférées.

Vous savez quoi ? Je ne lui en ai jamais tenu rigueur.

Dans le monde du sport, il existe très peu de métiers aussi exigeants, mentalement, que celui de gardien de but au hockey. La pression est forte partout, mais elle doit être 10 fois pire pour les malchanceux qui ont le malheur de se retrouver au Canada, devant le filet d'un club de la LNH.

Anderson a su gagner mon respect, au fil du temps. Il a toujours eu le courage de se présenter de se présenter devant la meute après une contre-performance. Il est capable de se regarder dans le miroir et de faire face à la réalité. « Je n'ai pas été à la hauteur ce soir. Je dois faire mieux. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois. »

Ça peut paraître tout simple, mais tous les gardiens que j'ai côtoyé au cours des 15 dernières années n'ont pas été capables d'en faire autant. 

Une fois cette lecture honnête faite, j'ai toujours pensé que pour les commentaires un peu creux, il fait exprès. Alimenter la conversation au minimum peut constituer une façon de se protéger.

Anderson refuse même souvent de parler de ce qui se passe à l'extérieur d'Ottawa. Il prétend ne pas trop savoir ce qui se passe, ailleurs dans la LNH. Durant ses soirées de congé, contrairement à plusieurs de ses coéquipiers, il ne cherche pas à chasser l'ennui en suivant deux ou trois matches à la fois à la télévision. 

Quand il n'est pas au boulot, il ne pense pas trop au boulot.

Si tout cela est vrai, on se demande bien dans quel genre d'état d'esprit il se trouve. Le directeur général Pierre Dorion jure que c'est son épouse qui l'a convaincu de rejoindre les Sénateurs à Edmonton, dimanche.

La famille des Sénateurs, qui commence à avoir l'habitude des coups durs, l'aidera peut-être à court terme. Mais on ne sera pas surpris - et on ne lui en voudra pas - s'il choisit de rentrer à la maison et d'y rester pour un bout de temps.

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