Quand le temps est venu de dire «Game Over»...

Le lanceur Éric Gagné, que l'on aperçoit ici... (Photo Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste)

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Le lanceur Éric Gagné, que l'on aperçoit ici alors qu'il portait l'uniforme des Aigles de Trois-Rivières, à la fin de sa carrière, estime que l'important à court terme pour Phillippe Aumont, c'est de prendre soin de lui-même.

Photo Émilie O'Connor, Archives Le Nouvelliste

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CHRONIQUE / Depuis deux jours, j'ai le goût d'écrire à Phillippe Aumont de bien prendre son temps. J'ai envie de lui suggérer de bien réfléchir à son affaire. La retraite, c'est souvent la plus grosse décision qu'un athlète doit prendre. Le monde du sport regorge d'hommes de talent qui regrettent d'avoir crié «Game Over» trop rapidement.

Si cette chronique avait été publiée 24 heures plus tôt, j'aurais sans doute suggéré au lanceur gatinois de tendre l'oreille aux dirigeants des Champions d'Ottawa, qui frapperont sans doute à sa porte prochainement.

En lançant devant ses proches, à quelques kilomètres des terrains de balle où il a grandi, il pourrait peut-être retrouver le goût de jouer.

Sauf que mercredi soir, j'ai discuté avec un bon ami et proche conseiller d'Aumont.

Le gars en question connaît son baseball. Il sait comment la vie d'un lanceur peut être cruelle.

Le gars portait justement le surnom de «Game Over» durant ses belles années, quand il était le pompier des Dodgers de Los Angeles.

«Pour l'instant, Phillippe a besoin de prendre une pause. Il doit appuyer sur le bouton "Stop". Il doit s'occuper de lui-même», m'a fait comprendre Éric Gagné.

Aumont avait séjourné chez son compatriote québécois, l'hiver dernier, en Arizona. C'est avec Gagné qu'il avait travaillé quand il visait un retour en force dans l'organisation des White Sox de Chicago.

L'association entre les deux hommes a été fructueuse. La preuve, c'est que durant les matches préparatoires de la ligue des cactus, Aumont n'a pas alloué un seul petit point mérité.

«Il a un talent incroyable. Il est un des lanceurs les plus talentueux que j'ai eu la chance de voir à l'oeuvre. Son problème, ça n'a jamais été une question de talent», fait valoir Gagné.

Malgré son parcours parfait à l'entraînement, les White Sox n'ont pas été foutus de lui trouver une place dans l'enclos des releveurs.

On devine assez facilement qu'Aumont n'était pas heureux à Charlotte, en Caroline du Nord, au sein du club école AAA des Sox.

Au terme de deux sorties difficiles à Allentown, face à ses anciens coéquipiers des IronPigs de Lehigh Valley, il a décidé qu'il en avait assez. Il a claqué la porte, il a quitté le navire.

Officiellement, on dit qu'il est à la retraite. On attend toujours ses premiers commentaires. Pour l'instant, seuls ses amis - comme Gagné - ont pu lui parler.

«Je peux vous dire que, pour l'instant, l'important, c'est qu'il s'occupe de lui-même.»

«Tu sais, le baseball, ça peut être très difficile quand les choses ne fonctionnent pas. J'en sais quelque chose. J'en ai vécu, des moments difficiles, dans mes dernières années. Je n'ai pas toujours été très heureux quand je jouais chez les Red Sox de Boston.»

Il fallait quand même que j'essaie ma théorie. J'ai donc risqué la question qui me brûlait les lèvres.

«Je veux bien... Mais tu as retrouvé le plaisir de jouer quand tu t'es joint aux Capitales de Québec. La Ligue Can-Am t'a, au minimum, donné la chance de conclure ta carrière sur une bonne note. Même s'il s'agit d'un circuit indépendant, tu as conclu ta dernière saison en remportant un championnat...

- Je comprends ce que tu veux dire. Moi, j'ai adoré mon passage dans la Ligue Can-Am. Sincèrement. Mais l'histoire de Phillippe est différente de la mienne. Moi, ce sont des blessures qui m'avaient affecté. Si mon corps avait pu continuer, mon histoire aurait été différente...»

«Selon moi, quand le baseball n'est plus un jeu, il faut s'arrêter. C'est dommage, parce que le talent est là. Mais le talent ne fait pas tout. Il faut aussi que la volonté soit au rendez-vous. Quand tu n'as plus le goût de jouer, quand le plaisir n'est plus au rendez-vous, il faut s'arrêter.»

Gagné est convaincu qu'Aumont a pris la bonne décision en début de semaine.

Il est donc possible que l'ancien choix de première ronde des Mariners de Seattle ait disputé son dernier match de baseball en carrière. Sa décision de se retirer pourrait être définitive. À 27 ans.

«Écris de bonnes choses sur Phillippe. Il le mérite», m'a demandé Gagné juste avant de raccrocher.

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