Hiver difficile pour les cerfs

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Les accumulations de neige et la température ont nui aux cerfs cet hiver.

Courtoisie

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CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Les conditions hivernales rigoureuses de 2017 s'avèrent des plus difficiles pour notre population de cerfs en Outaouais avec une accumulation de 100 cm de neige au sol à la fin février, sans compter ce qui s'est ajouté cette semaine.

Une situation qui est certes défavorable pour les cerfs qui éprouvent de la difficulté lorsque les accumulations dépassent les 50 cm. De plus, les périodes de froids sibériens que nous avons connus représentent un facteur néfaste qui réduit leurs chances de survie. 

Les hivers incléments des dernières années demeurent la cause principale de la progression lente de leur population dans notre région. Ce n'est donc pas surprenant que les résultats de chasse au cerf observés en Outaouais affichent des baisses consécutives depuis la saison 2013.

Dans le but d'obtenir des précisions concernant l'état actuel et la gestion du cheptel de cerfs, j'ai consulté le responsable en la matière au bureau régional du Ministère des Forêts de la Faune et des Parcs. Voici donc les commentaires de M. André Dumont, biologiste et responsable de la grande faune à la Direction de la gestion de la faune de l'Outaouais : « Les décisions de gestion du cerf sont prises aux termes des hivers (en avril), car leur rigueur se mesure à sa toute fin. Il est donc trop tôt pour tirer une conclusion à savoir si des mesures restrictives pour la saison de chasse 2017 seront nécessaires. Leur survie dépendra donc des réserves de graisses accumulées en été et en automne et de la vitesse à laquelle ils doivent les utiliser en hiver. Les cerfs sont en quelque sorte comme des batteries rechargeables et si leur pile est vide au terme de l'hiver, ils meurent. Bien que plus basses que lors des périodes de hautes densités historiques du début des années 2000 (à la suite d'une série d'hivers doux), les niveaux actuels de densités du cerf en Outaouais ne sont pas préoccupants et il en est de même pour le taux d'exploitation des femelles et ce, peu importe l'engin utilisé. Lorsqu'on gère des cerfs nordiques, il est normal de vivre des variations importantes de densité et de récolte. Le cerf de Virginie est une espèce très prolifique et excessivement résiliente. Nos connaissances du cheptel sont bonnes et notre système de gestion du cerf est efficace. Un inventaire aérien des ravages de cerfs aux cinq ans s'avère adéquat à nos besoins d'évaluer la gestion de l'abondance. »

En l'an 2000, la population de cerfs dans l'ensemble de la zone 10 Outaouais était de 52 cerfs par 10 km² comparativement à 32 cerfs par 10 km² en 2008. Selon le dernier inventaire aérien effectué en 2014, la densité de cerfs dans l'Outaouais serait de 25 cerfs par 10 km² pour la zone 10 Est et de 35 cerfs par 10 km² dans la zone 10 Ouest. Cela représente une répartition d'environ 27 cerfs par 10 km² sur l'ensemble du territoire. Il faut également préciser que la densité n'est pas répartie à parts égales dans l'habitat total de l'Outaouais, ce qui explique une concentration de cerfs plus élevée dans certains territoires et un minimum ou une pénurie de bêtes dans d'autres secteurs. 

Depuis les dernières années, j'ai remarqué que plusieurs chasseurs de notre région sont de l'avis que la densité des cerfs en Outaouais aurait atteint un point « inquiétant ». Il est en de même concernant la rareté de mâles matures depuis près d'une décennie maintenant. Bref, je demeure convaincu qu'un inventaire aérien plus fréquent des ravages hivernaux (aux trois ans) constituerait un atout d'importance en procurant des recensements moins désuets et plus réalistes de l'état réel du cheptel. Cela éviterait également l'application de mesures tardives et prohibitives telles que c'est le cas pour la récolte des faons/femelles dans la zone 10 Est depuis 2015.

Bref, un printemps hâtif est souhaitable cette année pour assurer la survie d'un plus grand nombre de cerfs et la croissance de notre cheptel !




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