Une saison à l'eau

Les Champions d'Ottawa ont terminé leur pire saison... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Les Champions d'Ottawa ont terminé leur pire saison en trois ans dans la Ligue Can-Am sous la pluie lundi. Malgré les caprices de la météo, 2597 spectateurs sont venus les saluer une dernière fois.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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Le premier match d'un programme double n'a pas tourné en leur faveur et le dernier match de la saison 2017 venait à peine de commencer quand la pluie a tout gâché.

La météo de l'été 2017 aura été à l'image de la saison des Champions d'Ottawa : déprimante. Avec un alignement prometteur sur papier, tout semblait en place pour que l'équipe du gérant Hal Lanier défende vigoureusement son titre dans la Ligue Can-Am.

Une récente série de victoires à Trois-Rivières a permis aux Champions de rester dans la lutte aux séries jusqu'au dernier week-end à domicile, mais une défaite samedi soir contre les Boulders de Rockland a mis fin à leurs derniers espoirs. Après un revers de 5-2 contre les Boulders lundi après-midi, les Champions ont officiellement complété leur pire saison depuis leur retour dans la Ligue Can-Am il y a trois ans.

Ils ont pris le cinquième rang de leur ligue avec une fiche de 42 victoires et 56 défaites, 14 matches sous la barre de ,500. Ils étaient à deux matches et demi des séries et aucun de leurs joueurs n'a été retenu dans l'équipe d'étoiles de la Can-Am. 

Le gérant Hal Lanier ne s'est pas défilé en dressant le bilan des quatre derniers mois. « Je suis extrêmement déçu. Personne n'est content de notre dossier. Nous avons manqué de constance. À part une séquence où nous avons gagné 15 matches sur 17 avant la pause du Match des étoiles, nous n'avons jamais été capables de tout mettre ensemble pour gagner. Quand nos lanceurs étaient bons, nous ne frappions pas. Quand ils étaient erratiques, nous avions de l'attaque. Quand les lanceurs partants étaient dominants, nos releveurs flanchaient. »

La relève, Lanier va en faire des cauchemars tout l'hiver. « En 19 ans dans le baseball indépendant, ça ne m'était jamais arrivé de congédier tous mes releveurs dans la même saison. J'ai déjà remercié un, deux ou même trois releveurs, mais jamais six... La situation nous a quand même fait découvrir de bons jeunes bras en fin de saison. Les Noah Gapp, Alex Vargas, Jared Price et Bobby St-Pierre devraient nous aider énormément l'an prochain. »

Les blessures ont aussi ralenti les ardeurs des Champions alors qu'ils tentaient de conserver leur place dans les séries après le Match des étoiles. « Nous n'avons jamais pu retrouver notre rythme après les trois jours de la pause du Match des étoiles. Nous avons eu des blessures à des joueurs clés. Nous n'avons jamais pu les remplacer adéquatement », a-t-il dit au sujet des blessures à Ricky Oropesa, Steve Nyisztor, Danny Grauer (le joueur le plus utile de l'équipe) et Steve Brown.

Les lanceurs partants devaient être le point fort des Champions cette année. Ils ont également déçu l'entraîneur. « Ils n'ont pas été mauvais, mais je m'attendais à ce qu'ils soient mieux que cela même si Steve Borkowski a bien fait en dominant la ligue pour les retraits au bâton. »

Lanier a toutefois retenu les excellentes saisons de Tyson Gillies, Matt Helms, Danny Grauer et Daniel Bick.

De retour l'an prochain ?

Le gérant de 75 ans va attendre de rentrer à la maison en Floride avant de déterminer son avenir avec les Champions.

« Si je devais rendre ma décision aujourd'hui, je dirais que je serais de retour, car je ne veux pas partir après une saison pareille. Nous avons des changements à faire à notre alignement. J'adore ça ici. Je vais consulter ma femme et réfléchir un peu avant de donner une réponse aux propriétaires.

Aumont a apprécié son retour à la maison

Il devait lancer l'avant-dernier match de la saison des Champions lundi après-midi. La pluie a fait en sorte qu'il a été le dernier à soutirer un retrait à une équipe adverse à Ottawa en 2017.

Même en lançant un quatrième match complet à sa 17e sortie de la saison, Phillippe Aumont n'a pas pu enregistrer la victoire. Victime de trois points non mérités en troisième manche après une série d'erreurs coûteuses, le Gatinois a accordé ses deux seuls «vrais» points en septième manche quand Joe Maloney a cogné son 35e circuit de la saison sur son 121e tir.

Mal appuyé par son attaque et sa défensive, Aumont a vu les Boulders l'emporter 5-2.

L'ancien des Ligues majeures a donc complété sa saison avec une fiche de 5-8 et une moyenne de points mérités de 4,51. En 115 manches, il a retiré 103 frappeurs sur des prises, accordé 128 coups sûrs et 30 buts sur balles.

On retiendra son match sans point, ni coup sûr contre l'équipe de la République dominicaine. Il a également lancé des matches complets à ses deux dernières sorties. Quand il est grimpé sur la butte pour finir la saison lundi, il souhaitait être là pendant sept manches et son souhait a été réalisé même si ça lui a pris 129 lancers.

«Dans ma tête, quand je commence un match, c'est pour faire au moins sept manches. J'ai déjà prouvé cette année que je pouvais effectuer plus que 120 tirs. J'avais encore du jus à la fin, surtout que c'était le dernier match. Oui, Maloney a frappé un circuit. C'était son troisième contre moi cette année. Ça m'énerve, mais je l'ai affronté plus de 20 fois et je l'ai retiré souvent aussi. Dans cette ligue, on fait le tour des équipes rapidement. Les frappeurs viennent qu'à connaître nos habitudes. Il faut changer les choses et c'est un élément que j'ai retenu cette année. J'ai beaucoup plus varié mes tirs.»

Moins de buts sur balles

Aumont aurait bien aimé signer quelques victoires de plus à sa première saison dans le baseball indépendant, mais il s'était fixé un objectif important cette année et il l'a réalisé.

«La première chose, c'était de réduire mon nombre de buts sur balles. J'en ai donné 30 en plus de 100 manches. Mon ratio de passes gratuites et de retraits au bâton a été bon. J'ai lancé plus de prises. Ç'a aussi fait en sorte que j'ai donné plus de coups sûrs, mais je voulais que les gars frappent pour se rendre sur les buts. Je ne voulais plus donner de passes gratuites. J'ai effectué des tirs pour les forcer à faire des roulants et des ballons. Notre défensive n'était pas toujours alerte. Ça m'a frustré par moments, mais il a fallu que je m'habitue et que je laisse ces choses-là aller. Dans les majeures, les gars vont faire les jeux 9,9 fois sur 10. Ce n'est pas le cas ici.»

Après avoir lancé sa dernière balle, Phillippe Aumont dit avoir savouré chaque journée de son retour à la maison. «J'ai eu du plaisir pendant tout l'été dans les bons et les moins bons moments. Chaque jour, il y avait quelque chose de productif à faire avec les gars. J'ai aimé mon travail de coach des lanceurs. C'est un des meilleurs groupes de gars avec qui j'ai joué. C'est différent du baseball affilié où chacun a son propre agenda. Ici, on forme une équipe pour l'année. On veut gagner. Ça fait qu'on s'est beaucoup parlé.»

Le grand droitier a tellement apprécié son stage avec les Champions qu'il serait prêt à revenir l'année prochaine.

«Si j'ai une occasion de jouer au Japon ou dans le baseball affilié, je vais probablement y aller, sinon je reviendrai ici avec plaisir. J'ai senti le support des partisans tout l'été. Les gens ont tendance à dire que c'est vide dans notre stade, mais c'est un gros stade. Il n'est pas vide et on entend très bien les partisans. Les joueurs apprécient beaucoup. J'aimerais bien contribuer à remplir ce stade-là un jour dans un match important.»




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