Kirk Muller version 2.0

Le Canadien de Montréal a embauché Kirk Muller... (André Pichette, Archives La Presse)

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Le Canadien de Montréal a embauché Kirk Muller à titre d'entraineur associé en juin dernier.

André Pichette, Archives La Presse

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(Montréal) À son premier passage, il débarquait à Montréal sans expérience, avec quatre enfants à la maison, à la découverte d'un nouveau métier.

Cinq ans plus tard, il quittait la métropole après avoir fait du Canadien LA référence de la Ligue nationale en matière d'avantage numérique.

À l'aube de la nouvelle saison, voici donc un Kirk Muller qui arrive ragaillardi. Les enfants ont quitté le nid familial, lui donnant la chance de consacrer toutes ses énergies à son emploi. Et il est fort d'une expérience dans trois organisations différentes depuis son premier séjour chez le Tricolore.

C'est d'un entraîneur associé chevronné qu'hérite Michel Therrien au sein de son personnel.

«En oeuvrant pour les Prédateurs, les Hurricanes et les Blues depuis mon départ, j'ai travaillé avec des gars comme Barry Trotz - même si j'étais avec la filiale - puis avec "Hitch" [Ken Hitchcock]. Michel a mis sur pied un gros personnel d'entraîneurs et il n'a pas peur de déléguer. Quand on s'est parlé au début, il m'a dit qu'il voulait que j'amène mes idées. Mais bon, ça ne veut pas dire qu'il les utilisera toutes!»

À l'annonce de son embauche, en juin dernier, son titre d'entraîneur associé avait fait sourciller bien des observateurs.

Il y avait certainement là un outil de négociation pour Muller. Avec ce titre, qui sous-entend un croisement entre un adjoint et un entraîneur-chef, viennent un salaire et des conditions plus avantageuses. Vient aussi un ascendant accru sur les joueurs, mais de ce côté, il semble que c'était déjà acquis, peu importe le nom de son poste. Les commentaires, entre autres, de Vladimir Tarasenko, recueillis le mois dernier par le collègue Marc Antoine Godin, en disaient long à cet égard.

Mais d'aucuns y voyaient l'embauche à peine masquée du dauphin de Therrien, en cas de mauvais départ du CH. Muller, lui, ne souhaite pas se lancer dans des conjectures sur son avenir.

«J'ai été entraîneur-chef, adjoint et maintenant associé. On verra bien où ça va me mener. En ce moment, j'aime vraiment mon rôle, car il n'y a pas de limites. Mike [Therrien] me permet d'apporter mes idées. J'ai le temps d'aller sur la patinoire avec les gars. En ce moment, je suis content où je suis.»

Il n'en demeure pas moins qu'en cas de faux départ du CH, son nom sera évoqué par ceux qui réclameront, comme ils l'ont fait la saison dernière, la tête de Therrien. Le cas échéant, la question linguistique interviendra dans le débat.

Muller a commencé à suivre des cours de français. Mais entre la compréhension de base de la langue et le fait d'être bilingue au point de communiquer au quotidien avec les médias, il y a un pas qui n'est pas près d'être franchi.

Un rôle plus commun

Ce titre d'associé, Muller le voit plutôt comme le signe d'une nouvelle réalité dans la Ligue nationale. Le Tricolore est une des huit équipes de la LNH à compter sur un entraîneur associé.

«Le hockey est rendu là. La jeune génération veut plus d'information qu'à mon époque de joueur, rappelle celui qui avait été repêché au deuxième rang en 1984. Avec tout ce qu'il a sur ses épaules aujourd'hui, un entraîneur-chef n'a pas le temps de faire ça. Donc tes assistants et associés doivent bâtir une relation, communiquer avec les joueurs, leur montrer où ils en sont au quotidien, travailler avec eux. Ça prend du temps et c'est en grande partie notre travail.

«Je ne sais pas si c'est une question d'être le bon flic ou le mauvais flic. Le poste d'entraîneur associé est de plus en plus commun ailleurs dans la LNH. C'est pourquoi plusieurs anciens entraîneurs-chefs prennent ce rôle.»

À cet égard, Muller rappelle d'ailleurs qu'il y a de moins en moins de place pour le mauvais flic. «Il y a des choses qui ne fonctionnent plus aujourd'hui. Je ne crois plus que les séances de patinage punitif, d'une bande à l'autre, soient d'une grande utilité. Ça ne se passe plus de la même façon. Maintenant, si ça va mal, les joueurs veulent que tu leur expliques, à la façon d'un enseignant, pour qu'ils comprennent ce qui fonctionne ou pas. Il faut s'adapter à notre époque.»

À St. Louis, Muller a été d'un apport inestimable dans le développement des jeunes Tarasenko et Robby Fabbri. Visiblement, il s'est adapté à son époque et le courant passe entre lui et les «milléniaux».

Avec des Nathan Beaulieu, Alex Galchenyuk, Artturi Lehkonen et Mikhail Sergachev dans les parages, susceptibles de jouer au sein de ses unités d'avantage numérique, Muller aura une nouvelle chance de montrer que le courant passe entre lui et la jeune génération.

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