Un été nettement plus tranquille

Vincent Lecavalier jouait au golf à l'Île-Bizard, mardi,... (Olivier Jean, La Presse)

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Vincent Lecavalier jouait au golf à l'Île-Bizard, mardi, mais il rentrera bientôt à Tampa Bay.

Olivier Jean, La Presse

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Fin juin 2013. Vincent Lecavalier venait de voir son contrat racheté par le Lightning de Tampa Bay, et s'apprêtait à vivre la folie du marché des joueurs autonomes pour la première fois de sa carrière.

Trois ans plus tard, le début de l'été est nettement moins mouvementé pour le jeune retraité. Il profitait de la journée de mardi pour participer au tournoi de golf du Complexe sportif Saint-Raphaël, dont le but est d'amasser des fonds pour la rénovation de l'aréna Vincent Lecavalier, à L'Île-Bizard.

« Quand j'avais 8-9-10 ans, il n'y avait pas de complexe sportif. Il fallait jouer à l'aréna de Pierrefonds », rappelle-t-il.

Lecavalier est fraîchement rentré de la Californie, mais entend repartir prochainement dans la région de Tampa, où sa fille fréquente l'école. « C'est un peu rendu un chez-moi. Montréal, c'est chez nous, mais Tampa aussi, quand j'arrive là, je me sens comme chez nous. »

Prisonniers

Si Lecavalier est aujourd'hui en train de planifier une année tranquille, c'est notamment le résultat d'une chaîne d'événements qui a commencé justement sur le marché des joueurs autonomes.

En juin 2013, le Lightning a racheté les sept dernières années de son contrat, jugé trop lourd sur la masse salariale à long terme. Le grand attaquant s'est donc retrouvé libre comme l'air, à 33 ans. « Je parlais à mon agent, et je me voyais jouer pour encore trois à cinq ans », admet-il.

C'est finalement un contrat de cinq ans, de 22,5 millions de dollars, qu'il a signé avec les Flyers de Philadelphie. Mais dès la deuxième saison de ce contrat, quand les choses ont commencé à mal se passer pour le joueur, Lecavalier s'est retrouvé en quelque sorte prisonnier de son contrat. Et il a dû mettre de l'eau dans son vin pour s'en sortir, en renonçant aux deux dernières années de son contrat et à 6 millions de dollars. Dans ces circonstances, les Kings ont bien voulu l'accueillir pour la fin de la saison.

« Oui, pendant un an à Philadelphie, je l'ai été (prisonnier), reconnaît-il. Mais pour moi, c'était fini, je savais intérieurement que ce serait ma dernière saison. Quand j'ai pu amener ça sur la table, c'était plus facile de trouver une équipe, car ça revenait à savoir s'ils me voulaient pour un contrat d'un an. »

Sa situation n'était pas unique. Un autre Québécois, Roberto Luongo, avait fait la manchette en 2013 en déclarant candidement que son propre contrat était « pourri » (« sucks »). Luongo n'avait pas signé son contrat en tant que joueur autonome, mais sa durée (12 ans) faisait en sorte qu'il était lié aux Canucks jusqu'à l'âge de 43 ans ! Ce contrat le retenait donc à Vancouver, jusqu'à ce que les Canucks trouvent preneurs, en mars 2014, en l'envoyant aux Panthers de la Floride.

« Je détruirais mon contrat si je le pouvais. C'est dur sur l'orgueil quand les équipes ne veulent pas beaucoup payer pour t'obtenir », avait ajouté le gardien, en 2013.

Les Canucks ont perdu au change. En retour de Luongo, ils ont eu l'attaquant Shawn Matthias, parti un an plus tard, et le gardien Jacob Markstrom, qui peine à s'établir dans la LNH, à 26 ans.

Bref, on dit souvent que le marché des joueurs autonomes est impitoyable pour les joueurs dans la trentaine. « Regarde Vinny (Vaclav) Prospal. Il avait terminé meilleur compteur à Columbus (en 2013), mais il n'a jamais pu signer d'autre contrat dans la ligue, rappelle Lecavalier. Il voulait jouer, il me disait : Vincent, je ne suis pas capable de trouver un contrat. Il était trop vieux. Les équipes veulent des gars plus jeunes, c'est normal. »

Mais le danger n'est pas seulement pour les joueurs. Des équipes devront réfléchir avant d'offrir des contrats à des joueurs qui atteindront la mi-trentaine au cours de leur prochaine entente. Des cas où le joueur et l'équipe pourraient tous les deux être bien mal pris.

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