Dickie Moore s'éteint à 84 ans

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Dickie Moore a donné ses premiers coups de patin avec le Tricolore au cours de la saison 1951-1952 et a passé 12 saisons dans la métropole.

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La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Dickie Moore, un des plus grands ailiers de l'histoire du Canadien de Montréal, a rendu l'âme samedi, à l'âge de 84 ans.

Moore, qui souffrait d'une maladie depuis trois mois et habitait dans une résidence pour personnes âgées, était un «gentleman» et un homme «au grand coeur» a raconté l'ex-défenseur Jean-Guy Talbot, qui l'a côtoyé pendant ses huit premières saisons chez le Canadien.

«On parlait beaucoup de Maurice Richard et de Jean Béliveau, mais il était aussi grand qu'eux», a ajouté Talbot. «Je crois qu'il a été le meilleur ailier gauche de l'histoire du Canadien.»

Moore, qui a grandi dans le quartier Parc-Extension à Montréal, était reconnu comme un travailleur acharné, doté d'une excellente vision de jeu et d'un tir foudroyant. Né le 6 janvier 1931, il a donné ses premiers coups de patin avec le Tricolore au cours de la saison 1951-1952 et a passé 12 saisons dans la métropole.

Sa fierté et sa détermination lui ont permis de remporter six Coupes Stanleys. Il a aussi mérité le trophée Art Ross, remis au meilleur pointeur de la LNH, à deux reprises. Il a réussi l'exploit en 1957-1958 avec une récolte de 84 points, même s'il a disputé les trois derniers mois de la saison, et les séries éliminatoires, avec un plâtre pour soigner une fracture au poignet.

Il a répété le fait d'armes au cours de la saison suivante en totalisant 96 points, dont 41 buts. Il avait ainsi effacé le record de Gordie Howe pour le nombre de points en une saison (95), une marque qui a tenu jusqu'à ce que Bobby Hull la surpasse en 1965-1966 avec 97 points.

À ses débuts avec le Canadien, Moore ne s'est pas retrouvé avec des compagnons de trio obscurs. L'entraîneur Dick Irvin avait décidé de le jumeler avec nul autre que Elmer Lach et Maurice Richard, le plaçant ainsi dans des conditions gagnantes pour récolter 33 points en autant de matchs à sa saison recrue.

Les deux saisons suivantes ont été difficiles pour Moore qui a été ennuyé par les blessures, mais il est revenu en force lors des séries éliminatoires de 1953. Il avait alors enregistré 13 points, un sommet dans la Ligue, pour mener la Sainte-Flanelle à une première conquête de la Coupe Stanley en sept saisons. À partir de ce moment, sa réputation de joueur de séries n'était plus à faire.

Avec les frères Richard

Dès l'année suivante, Moore a formé un trio avec les frères Maurice et Henri Richard, qui en était à sa saison recrue, et les trois ont fait la pluie et le beau temps pour permettre au Canadien de remporter cinq Coupes Stanley d'affilée.

Amoché par ces années de dur labeur, Moore a décidé de prendre sa retraite au terme de la saison 1962-1963 afin de se consacrer à la gestion de son entreprise de location d'outils. «Il voulait aider les joueurs en difficulté avec sa compagnie», a souligné Talbot. «C'était un monsieur au grand coeur.»

Dickie Moore, Bernard Geoffrion et Yvan Cournoyer, en... (Paul Chiasson, Archives PC) - image 2.0

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Dickie Moore, Bernard Geoffrion et Yvan Cournoyer, en 2005, lors de l'annonce du retrait du numéro de leur chandail

Paul Chiasson, Archives PC

Moore n'a pu toutefois s'empêcher de revenir à ses premières amours quelques années plus tard. Il a disputé 38 rencontres avec les Maple Leafs de Toronto en 1964-1965, et il a mis la touche finale à sa carrière en atteignant la série finale de la Coupe Stanley avec les Blues de St. Louis en 1967-1968.

«Il était mon chambreur à St. Louis. Après les matchs, il avait tellement mal aux genoux qu'il pleurait dans la chambre», se souvient Talbot. «Il était dur avec son corps, mais c'était tout un joueur de hockey.»

L'idole de Cournoyer

Le fougueux attaquant a récolté 608 points, dont 261 buts, en 719 rencontres dans la LNH. Il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1974. Le Canadien lui a aussi rendu hommage en retirant son numéro 12, le 12 novembre 2005, en compagnie de celui d'Yvan Cournoyer.

«Pour moi, il a été une idole puisque j'ai eu son numéro», a indiqué Cournoyer, maintenant âgé de 72 ans. «Il a été une source d'inspiration puisqu'il était un joueur d'équipe. Je voulais bien faire quand on m'a donné le numéro 12 et je pense que ça m'a aidé à mieux jouer.»

De nombreuses épreuves

Cadet d'une famille de 10 enfants, Moore n'a pas été épargné par la vie. Mais il a toujours trouvé le moyen de se relever et de conserver le même regard perçant et le même sourire accueillant.

Il a perdu son fils Richard - nommé en l'honneur du «Rocket» -, qui n'était âgé que de 16 ans, dans un accident de voiture. Moore a déclaré à plusieurs occasions qu'il ne s'était jamais remis de cette perte.

Il a lui-même été victime d'un grave accident de la route le 27 août 2006 qui l'a laissé avec de nombreuses séquelles. Au volant de sa voiture, il a été heurté par un poids lourd et a dû patienter durant près d'une heure avant d'être extirpé de son véhicule. Il a subi de nombreuses fractures aux côtes et des blessures au cou, au genou et au bas du dos. Les médecins ont craint le pire puisqu'il souffrait également d'une grave hémorragie interne.

Comme un battant, Moore s'est relevé non sans peine et est sorti des soins intensifs trois jours plus tard. À l'époque, sa fille Lianne avait révélé à La Presse Canadienne que des anciens coéquipiers, dont Jean Béliveau et Dick Duff, avaient rendu visite à son père. «Il est bien content de ça. Il est tellement fort, c'est incroyable», avait-elle dit.

Il laisse dans le deuil sa fille Lianne, son fils John et leurs conjoints respectifs, de même que plusieurs petits-enfants.

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