Elmer Lach s'éteint à l'âge de 97 ans

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La «ligne du punch» (Punch Line) du Canadien de Montréal composée de Maurice Richard, Elmer Lach et Toe Blake avait établi un record de 105 buts au cours de la saison 1944-1945.

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Alexandre Geoffrion-McInnis
Le Droit

(MONTRÉAL) Le Canadien a perdu une autre de ses figures emblématiques, samedi matin.

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Elmer Lach

Photo Paul Chiasson, archives La Presse Canadienne

Elmer Lach, qui a pivoté le fameux trio surnommé la Punch Line au sein du Canadien de Montréal dans les années 1940, est décédé des suites d'une crise cardiaque. Il était âgé de 97 ans, et était l'aîné de tous les anciens hockeyeurs toujours vivants.

Les anciens joueurs du Canadien contactés par La Presse Canadienne ont tenu à saluer sa mémoire, se souvenant surtout d'un homme espiègle, qui adorait la vie.

«C'était un charmant monsieur, très enjoué. Il était un bon vivant, toujours de bonne humeur, s'est souvenu Réjean Houle, le président des Anciens Canadiens. Il est entré à l'hôpital il y a un mois environ, mais il n'a pas été malade pendant très longtemps. Je pense que l'âge l'a simplement rattrapé.

«À 97 ans, j'ai l'impression que le Bon Dieu est venu le chercher pour qu'il puisse aller rejoindre sa femme Lise, qui est décédée en décembre dernier.»

Le décès de Lach survient quatre mois après celui de Jean Béliveau, qui a rendu l'âme le 2 décembre, et s'ajoute à ceux des ex-membres du Canadien Carol Vadnais, Gilles Tremblay et Claude Ruel, notamment.

«On a perdu beaucoup de nos membres dernièrement, a reconnu Houle. C'est malheureux à dire, mais la vie est une roue qui tourne. Ça va faire un grand vide dans le salon des Anciens. On espère que cette vague est passée et qu'on va maintenant pouvoir se réjouir lors des prochaines séries éliminatoires.»

Même Yvan Cournoyer, qui n'a pas côtoyé Lach sur les patinoires de la LNH, s'est dit profondément attristé d'apprendre son décès.

«On s'en attendait, parce qu'il était rendu à un âge assez avancé, mais on est jamais prêt à faire face à ce genre de nouvelle. C'est très difficile à apprendre ce matin, mettons», a dit Yvan Cournoyer.

«Personnellement, je ne l'ai pas connu comme joueur, mais comme ancien Canadien, c'était une personne toujours très agréable à parler, a confié celui qui a porté les couleurs du CH de 1963 à 1979. Sa mort nous touche beaucoup, surtout à titre de membre de la famille du Canadien.»

Né le 22 janvier 1918 à Nokomis, en Saskatchewan, Lach s'est joint au Canadien en 1940 à une époque où le Tricolore vivait une période creuse et était en mal de vedettes après le décès de Howie Morenz, trois ans plus tôt.

À sa première saison, il récolte 21 points en 43 matchs, mais l'année suivante, il ne participera qu'à une seule rencontre après s'être blessé à un coude.

C'est en 1943-44 que l'entraîneur-chef Dick Irvin décide de muter Lach au centre d'un trio que compléteront l'ailier gauche Hector «Toe» Blake et le jeune et fougueux ailier droit Maurice Richard.

«Ils l'appelaient Elegant Elmer, mais il ne l'était pas vraiment, a déclaré Dick Irvin fils, dont le père fut le seul entraîneur de Lach au cours de sa carrière de joueur. Il était petit, mais robuste.

«C'était tout un fabricant de jeux. Il savait quoi faire avec la rondelle.»

Lors de cette saison, ils mèneront le Canadien au premier rang du classement, grâce à une récolte de 83 points en 50 matchs, 25 de plus que les Red Wings de Detroit, et à une première conquête de la coupe Stanley en 13 ans.

En 1944-1945, Lach obtient 54 passes et aide Richard à devenir le premier joueur à marquer 50 buts lors d'une même saison, un exploit réalisé en 50 matchs. Mais le Canadien subit l'élimination dès le premier tour des séries, face aux Maple Leafs de Toronto.

La Punch Line a fait la pluie et le beau temps jusqu'à ce que Blake prenne sa retraite, en 1948, mais Lach a continué de connaître du succès en compagnie de Richard, ajoutant deux coupes Stanley à son palmarès, en 1946 et en 1953.

Lors du cinquième match de la finale de 1953, contre les Bruins de Boston, Lach réussit le but gagnant à 1:22 de la première période de prolongation, assurant cette troisième coupe Stanley en carrière.

Lach a joué pendant 14 saisons dans la Ligue nationale de hockey, toutes avec le Canadien, amassant un total de 623 points en 664 rencontres, dont 215 buts. Il a ajouté 64 points en 74 matchs éliminatoires, incluant une récolte de 17 points en seulement neuf rencontres en 1946.

Lach a remporté deux fois le championnat des marqueurs de la LNH, en 1945 (80 points) et en 1948 (61 points), et le trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe, en 1945. Ses 54 mentions d'aide en 1945 ont constitué un record de la LNH, qu'il détiendra pendant cinq saisons.

Son deuxième titre de meilleur marqueur lui a par ailleurs permis de devenir le premier joueur dans l'histoire du circuit à faire graver son nom sur le trophée Art-Ross, décerné pour la première fois en 1948.

Lach a également mené trois fois la ligue pour le nombre de passes, en 1945 (54), 1946 (34) et en 1952 (50) et a été choisi cinq fois sur les équipes d'étoiles de la LNH, dont en trois occasions sur la première.

Intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1966, Lach a toutefois dû patienter jusqu'au 4 décembre 2009, soir des célébrations du Centenaire du Canadien au Centre Bell, pour voir l'équipe retirer son numéro 16, en même temps que le numéro 3 du défenseur Émile Bouchard.

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