La fierté remplace la déception

Le Hull-Volant de Gatineau s'est débarrassé de son... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le Hull-Volant de Gatineau s'est débarrassé de son statut de proie facile.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Au moment de subir l'élimination en finale de la Ligue de baseball junior élite du Québec dimanche soir, une douleur vive a envahi tous les joueurs du Hull-Volant sur le terrain du parc Sanscartier.

L'équipe gatinoise était si près du but. Locataire de la cave du classement de la ligue pendant les deux premiers mois de la saison, elle s'est avérée l'équipe Cendrillon du circuit Brulotte à partir du mois de juillet. Métamorphosée, la troupe de Michel Landriault s'est mise à gagner sur une base régulière pour obtenir son billet des séries éliminatoires dans les derniers matches de la saison.

Puis, à sa première participation en cinq ans en séries de championnats, le Hull-Volant a gagné une première série, puis une deuxième et une troisième. Rien ne semblait pouvoir arrêter cette équipe gonflée à bloc par ses succès à répétition. Mais la réalité a frappé en finale contre le Royal de Repentigny, une équipe bien rodée en attaque, au monticule et en défensive.

Dans une ligue à part, le Royal a complété son balayage de la série dimanche. Deux jours plus tard, avec du recul, la déception du Hull-Volant avait eu le temps de faire place à un grand sentiment de fierté. En l'espace de quelques semaines, l'équipe s'est débarrassée de son étiquette de proie facile. Plus jeune équipe de la LBJÉQ cette saison, le Hull-Volant devra être pris au sérieux en 2017, surtout qu'il sera l'hôte du championnat canadien de baseball junior.

«Ce que nous venons d'accomplir n'est pas banal. Nous sommes passés de la dernière position à la finale de la ligue. Nous avons vu que nous étions capables de rivaliser avec les meilleurs. Ça nous donne de l'expérience pour l'an prochain. Nos joueurs ont connu des séries éliminatoires phénoménales. Tout ça, avec seulement deux joueurs de 22 ans. Repentigny en comptait sept dans son alignement», a expliqué Michel Landriault.

Ce dernier est surtout content d'avoir instauré une culture de respect par rapport au Hull-Volant. «Pendant quatre ans, les autres équipes de la ligue nous ont piétinés. Nous avons gagné du respect cette année. La perception du Hull-Volant n'est plus la même. Nous pouvons marcher la tête haute. Nous sommes devenus compétitifs. Avec le jeune talent que nous avons, tout le monde a déjà hâte au mois de janvier pour commencer le camp d'entraînement», a ajouté l'entraîneur.

Seulement deux joueurs de l'édition actuelle quitteront le «HV» en 2017. Philippe Craig-St-Louis, qui a mené la ligue avec 25 coups sûrs en séries, laissera un trou béant à l'arrêt-court. Le bâton de Nicolas Côté manquera également à l'attaque. «Mention honorable à Phil. Il a joué son rôle de vétéran à fond dans le dernier droit», a lancé Landriault au sujet de Craig-St-Louis, qui a frappé pour ,439 pendant les séries.

D'autres Gatinois ont dominé les statistiques de la LBJÉQ pendant les éliminatoires. Alexis Cadieux a été le meilleur producteur de points avec 17. Cédrik Pellerin a mené la ligue avec cinq doubles alors qu'au monticule, Philippe Charlebois et Zakary Gignac ont signé quatre victoires chacun, un sommet qu'ils ont partagé dans cette catégorie. Gignac a lancé 38 manches et un tiers. C'est plus que tout autre lanceur. Finalement, Francis Krakana a été le meneur des matches sauvegardés avec quatre.

Tout ce beau monde sera de retour en 2017. Avec son parcours majestueux en séries éliminatoires, les attentes seront encore plus élevées la prochaine fois. Après avoir été vice-champion en 2016, le Hull-Volant, plus expérimenté, visera la première marche du podium.

Un Gatinois parmi les champions

Le championnat de la Ligue de baseball junior élite du Québec a glissé entre les mains du Hull-Volant de Gatineau dimanche, mais pour une deuxième année consécutive, le nom d'un Gatinois sera inscrit sur le trophée tant convoité.

Après Nicholas Lecompte avec les Diamants de Québec l'an dernier, Fred Leclerc est devenu champion avec le Royal de Repentigny. Quand il a été échangé à la date limite des transactions du 14 juillet, le Hull-Volant n'avait rien d'un club aspirant. Jamais, il aurait cru retrouver son ancienne équipe en finale.

«Vraiment pas! C'est surprenant, mais en même temps, quand ils ont changé de 'pool' pendant les séries, ils ont affronté des clubs à leur portée. Ils ont fait le travail. Ils ont vraiment bien joué. Les jeunes du Hull-Volant sont excellents. Une belle relève s'en vient. Je suis content pour eux, mais en même temps, je suis super content d'avoir gagné!»

En quelque sorte, Fred Leclerc a été sacrifié à la date limite des transactions. Âgé de 21 ans, il ne pensait pas revenir dans la ligue à 22 ans et il souhaitait goûter aux séries pour la première fois en quatre saisons dans le circuit. Il connaissait aussi quelques joueurs du Royal avec qui il avait joué avec les Ailes du Québec. Le Hull-Volant a exaucé son souhait d'aller à Repentigny en concluant un marché pour obtenir trois joueurs qui vont l'aider à partir de 2017.

«J'ai toujours été à mon mieux dans les matches importants ou dans les séries du midget AAA. Je voulais avoir la chance de gagner un championnat. L'ambiance des séries est imbattable. Il y a du monde aux matches. L'esprit d'équipe est incroyable. Je ne pensais pas revenir l'an prochain, mais un championnat, ça porte à réfléchir. Je vais sûrement reconsidérer ma décision et essayer de gagner une dernière fois.»

Contre son père

Ce qui a rendu les choses encore plus étranges pour Fred Leclerc, c'est que son père Mario était un des entraîneurs du Hull-Volant. «Il était coincé entre les deux, mais dans le fond, je pense qu'il souhaitait que je gagne! Même si les amitiés sont là pour rester, j'ai considéré le Hull-Volant comme un rival ordinaire pendant la finale.»

Leclerc a été un élément important du Royal en fin de saison. Il a notamment frappé pour ,357 en séries avec 15 coups sûrs, 11 points comptés et 11 points produits en 42 présences au bâton. Sur la butte, il a été employé à cinq reprises en relève. Il n'a jamais cédé de point.

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