Déconfiture cubaine au parc RCGT

Les Cubains et les Champions s'affronteront à nouveau... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Les Cubains et les Champions s'affronteront à nouveau samedi soir et dimanche après-midi.

Etienne Ranger, LeDroit

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Un voyage déjà difficile a tourné au cauchemar pour l'équipe nationale de Cuba vendredi.

Leur journée a bien mal commencé alors qu'une panne d'un autobus aux couleurs de leur pays les a obligés à passer une couple d'heures sur le bord de la route entre Trois-Rivières et Ottawa.

Arrivés deux heures plus tard que prévu, ils n'ont donc pas tenu de pratique au bâton avant d'affronter les Champions d'Ottawa, qui ont ensuite gâché leur première soirée dans la capitale nationale en leur infligeant un cuisant revers de 6-1 devant une excellente foule de 5262 spectateurs au parc Raymond Chabot Grant Thornton.

Une poussée de quatre points dès la première manche, grâce à trois coups sûrs et un ballon-sacrifice, a donné le ton à cette rencontre internationale qui compte au classement de la Ligue Can-Am.

Les locaux ont offert des jeux spectaculaires à leurs nombreux partisans par surcroît, avec un superbe attrapé du voltigeur de centre Kenny Bryant en plongeant pour capter la flèche de Lazaro Ramirez, tandis que Matt Helms a réussi à voler le marbre dans une situation de double vol où un des Cubains des Champions, Donal Duarte, a auparavant réussi un larcin du deuxième but.

Les Cubains ont maintenant une fiche de 2-6 au cours du volet canadien de leur périple, eux qui affronteront à nouveau les Champions samedi soir, après une visite de l'Hôtel de ville et du Parlement, et dimanche après-midi, avant une réception en leur honneur

« La panne nous a effectivement affectés un peu, mais ce n'est pas une justification pour la performance que nous avons offerte aujourd'hui, a dit le gérant des Cubains Roger Machado à travers un interprète. Depuis que nous sommes arrivés ici, nous n'avons pas réussi à avoir le niveau de nos joueurs, nos lanceurs ont eu des difficultés et on ne réussit pas à marquer des points au moment opportun. L'équipe ne montre pas son plein potentiel, son vrai niveau. Mais avant le match, c'était vraiment agréable de voir l'accueil de la part des Canadiens et de la communauté cubaine qui habite ici. Évidemment, c'est un stade beaucoup plus grand que ceux de Québec et Trois-Rivières. »

Le partant des Champions Austin Chrismon a été solide sur la butte, limitant les visiteurs à un point mérité sur six coups sûrs en six manches de travail, pour obtenir sa première victoire dans leur uniforme, lui qui avait une bonne moyenne de points mérités de 3,00 avant la rencontre. Il a été aidé par une défensive qui, pour une fois, n'a pas commis d'erreur derrière lui.

« On en a arraché défensivement depuis le début de la saison, mais ça s'améliore depuis un petit bout de temps. Quand les gars font les jeux derrière toi, ça aide, a indiqué Chrismon. Il y avait un peu plus d'adrénaline parce qu'il y avait plus de monde dans les estrades. C'était excitant d'obtenir la chance de jouer contre une équipe nationale, mais à la fin de la journée, c'est juste une autre équipe, d'autres joueurs. »

Lors de ces retrouvailles avec leurs compatriotes, les Cubains des Champions Donal Duarte et Alexander Malleta ont été bien discrets, n'obtenant aucun coup sûr en cinq présences, alors qu'ils se sont contentés de soutirer quatre buts sur balles (trois pour Malleta).

« Ils m'ont fait un petit rapport, surtout pour me dire si les voltigeurs ont de bons bras. C'était bien pour eux de revoir du monde de leur pays, même si on les avait croisés à Québec (il y a 10 jours) parce que nous étions au même hôtel qu'eux, a souligné le gérant des Champions Hal Lanier. J'espère que ce match est le début d'une bonne séquence pour nous, on a mieux joué défensivement en plus d'être plus agressifs sur les sentiers. J'ai cinq ou six gars qui ont le feu vert (pour voler) et ils en ont tous profité lors de ce match. »

Les Champions (13-15) ont ainsi mis fin à la série de trois revers consécutifs que leur avaient infligés les Capitales de Québec, eux qui ont attiré la deuxième meilleure foule de leur histoire à cette rencontre.

Un rêve devenu réalité pour M. l'ambassadeur

Quand il est arrivé dans la capitale nationale il y a trois ans, l'ambassadeur de Cuba au Canada, Julio Garmendía Peña, n'aurait jamais cru possible de voir l'équipe nationale de son pays jouer un match officiel sous ses yeux.

C'est pourtant ce qui s'est passé au parc RCGT vendredi soir alors les représentants de Beisbol Cubano ont affronté les Champions devant une excellente foule au parc RCGT, incluant plusieurs ressortissants du pays de Fidel Castro qui affichaient fièrement leurs couleurs, certains dans une loge qui était munie d'un drapeau géant du pays insulaire des Caraïbes.

« C'est un rêve qui se réalise, je ne pensais pas que ce serait possible quand je suis arrivé ici, et là ça se passe aujourd'hui, a-t-il confié après avoir effectué le lancer protocolaire d'avant-match. C'est une équipe que j'ai vu jouer plusieurs fois dans mon pays, j'ai vu passer de nombreux joueurs au fil des années. Dans notre pays, le baseball est une passion du peuple, comme le hockey pour les Canadiens. »

Peña a assisté aux deux premières parties de la tournée canado-américaine de l'équipe de son pays à Québec et en bon diplomate, il ne faisait pas trop de cas des difficultés qu'elle a éprouvées, avec seulement deux victoires en sept parties contre les Capitales et les Aigles de Trois-Rivières, avant le revers de vendredi contre les Champions.

« Ce club est formé des meilleurs joueurs de 15 régions. L'équipe a été assemblée seulement 13 jours avant le départ pour le voyage, elle manque de cohésion. Ils ont du plaisir à jouer, ces matches sont une bonne chance pour les deux côtés de gagner de l'expérience en vue de compétitions plus importantes. Tout le monde veut toujours gagner, mais quand ils sont arrivés à Québec, il faisait très froid. Ce n'est pas une excuse, mais ils ont perdu, les meilleurs ont gagné », a souligné l'ambassadeur.

Alors que le club s'est présenté à Ottawa avec quelques agents de sécurité bien en vue, Peña n'a pas l'air de trop s'inquiéter pour la suite de la tournée, qui amènera l'équipe aux États-Unis pour affronter les formations du New Jersey, de Rockland et de Sussex County.

« C'est une belle opportunité pour l'équipe cubaine de venir jouer au Canada et aux États-Unis pour la première fois (dans une ligue professionnelle) sans avoir à renoncer à leur citoyenneté, à un moment où nous avons rétabli des relations avec les États-Unis. Nous écrivons l'Histoire (avec cette série). C'est une grande première pour nos joueurs de jouer officiellement pour leur pays sans avoir à faire défection, ce qui est très important », soulignait-il à ce sujet.

Plusieurs des meilleurs Cubains ont déjà fait défection au cours des dernières années, les plus récents étant les frères Yulieski et Lourdes Gourriel, qui n'ont toujours pas signé de contrats avec un club des majeures. La majorité des joueurs qui effectuent cette tournée sont âgés dans la trentaine, mais il y a aussi quelques joueurs plus jeunes, comme les voltigeurs Julio Martinez, 20 ans, et Lazaro Ramirez, 24 ans, ainsi que le lanceur Ulfrido Garcia, 22 ans.

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