Rendez-vous inusité pour Malleta et Duarte

Arrivés au pays il y a un peu... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Arrivés au pays il y a un peu moins d'un mois, les baseballeurs cubains Alexander Malleta et Donal Duarte avouent avoir été impressionnés par le calibre de jeu de l'équipe ottavienne. Ils n'auraient tous les deux jamais cru avoir à affronter l'équipe nationale de leur propre nation.

Etienne Ranger, LeDroit

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Âgé de 39 ans, Alexander Malleta a passé la moitié de sa vie à défendre les couleurs de l'équipe nationale senior de baseball de Cuba. Donal Duarte, 34 ans, a commencé à représenter cette même équipe dès l'âge de 19 ans.

Vous comprendrez que les deux Cubains prêtés aux Champions d'Ottawa pendant quatre mois attendent impatiemment le début de la série historique de trois matches contre les membres de leur équipe nationale de vendredi à dimanche.

« Je suis très excité, souligne Malleta, sourire aux lèvres. J'ai joué tellement de matches avec cette équipe. Je n'avais jamais imaginé l'affronter un jour ! »

Déjà un des meneurs de la Ligue CanAm pour la moyenne au bâton, Duarte a quant à lui parlé d'une série spéciale. « Les joueurs de l'autre côté sont mes amis, mes compatriotes. Je leur souhaite du succès dans leur tournée nord-américaine, mais je fais partie des Champions maintenant. Pour l'instant, ce qui compte, c'est une victoire des Champions. On veut aussi offrir un bon spectacle aux partisans. »

Dans un pays où le baseball est maître, les meilleurs joueurs cubains ont connu un départ difficile au Québec où ils ont perdu une série de quatre matches (1-3) contre les Capitales. Ils ont divisé les honneurs de leurs deux premiers matches contre Trois-Rivières. Alexander Malleta avait prévu ce scénario, mais il croit que ses camarades ne font que se réchauffer.

« Ils passent par une adaptation normale. Ils vont s'améliorer à chaque série. Je m'attends à ce qu'ils soient meilleurs contre nous, mais de notre côté, nous avons aussi joué du meilleur baseball récemment. »

Un mot : adaptation

Débarqués à Ottawa il y a près d'un mois, Malleta et Duarte ont été impressionnés par le calibre de jeu de la CanAm. Duarte a surtout été surpris par la qualité des lanceurs. « Je ne savais pas qu'ils seraient aussi nombreux ! »

Si Duarte a rapidement pu faire sa marque chez les Champions avec son bâton, Malleta a connu des moments angoissants à ses débuts. Il a mis 20 présences avant de frapper un premier coup sûr. Il frappe au-delà de ,300 depuis une dizaine de jours, mais il avoue avoir eu le trac en endossant son nouvel uniforme.

« Les victoires ne venaient pas facilement. Nous voulons vraiment tout faire pour aider l'équipe alors nous nous étions imposé une pression pour renverser la vapeur. J'ai voulu trop en faire à mes débuts », a expliqué le doyen de l'équipe ottavienne.

Il faut dire que le gérant des Champions, Hal Lanier, lui avait rapidement confié un rôle d'importance en l'insérant au quatrième rang des frappeurs. Malleta va mieux depuis qu'il a été déplacé au sixième rang... et depuis qu'il a reçu son visa de travail américain !

« C'était une situation stressante pour eux, a expliqué Antoine Desrosiers, agent de communications chez les Champions, qui sert aussi d'interprète. Ils étaient excités quand ils ont reçu leurs papiers pour jouer aux États-Unis. Pour eux, c'est le rêve américain qui se réalise. Ils sont venus vivre une expérience. La première chose qu'ils ont voulu manger en arrivant ici, c'est du McDonald et du Poulet frit Kentucky ! »

Père de quatre enfants, Donal Duarte a fait un sacrifice en laissant sa famille pour jouer au baseball professionnel en Amérique du Nord. Il n'est toutefois pas déçu de son choix. « Je ne suis pas habitué d'être séparé de ma famille aussi longtemps, mais l'équipe fait tout pour faciliter notre adaptation. Je peux parler régulièrement à mes enfants », a dit celui qui partage un appartement avec Malleta à Gatineau.

Les deux joueurs assurent que leur passage dans la capitale est suivi dans leur pays. « À Cuba, les gens nous surveillent. Ils veulent nous voir dominer ! Ils veulent être fiers de nous », dit Malleta, qui voudra en mettre plein la vue pendant une série fort attendue.

Frénésie anticipée aux guichets ce week-end

La première tournée cubaine en Amérique du Nord depuis 1960 ne passe pas inaperçue jusqu'ici.

Les Capitales de Québec ont attiré 15 682 spectateurs dans leur série de quatre matches en fin de semaine dernière. Les Aigles de Trois-Rivières ont obtenu leurs meilleures foules de leur saison dans les trois matches suivants contre l'équipe nationale cubaine. Les Champions d'Ottawa ne sont pas en reste. Ils anticipent des foules supérieures à 4000 spectateurs par match pendant tout le week-end. Leur record d'affluence de 6129 spectateurs pourrait même être fracassé dimanche après-midi pour le match de la fête des Pères.

Propriétaire majoritaire des Champions et commissaire de la Ligue CanAm, Miles Wolff aimerait bien dépasser la marque établie par les Capitales dans son stade qui peut contenir 10 000 personnes, mais il aura un match de moins pour y parvenir.

«Ça va être difficile à surpasser la foule totale des Capitales en seulement trois matches, mais on s'attend à recevoir beaucoup de monde en fin de semaine. L'augmentation d'affluence devrait être significative. En plus, dame nature a été plus clémente avec nous cette année et nos assistances sont en hausse.»

Plus de 800 espaces de stationnement supplémentaire seront disponibles (5 $) de l'autre côté de la rue Coventry, derrière l'édifice de la Défense nationale. Le stationnement du Canadian Tire voisin sera également accessible (7 $) et OC Transpo offrira des navettes entre le centre d'achat St-Laurent et le stade RCGT.

Wolff est heureux de constater l'intérêt généré par la tournée cubaine. Il aimerait bien en faire un événement annuel, mais il est encore trop tôt pour compter là-dessus. Certaines appréhensions l'habitent à la veille du passage de l'équipe cubaine aux États-Unis. «Il y a des gens louches qui rôdent autour de l'équipe et qui suggéreraient à de jeunes joueurs de faire défection. Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas d'incidents. L'équipe est suivie par des recruteurs du baseball majeur dans l'espoir d'une levée de l'embargo américain.»

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