Dabrowski passe à l'histoire

Gabriela Dabrowski et son partenaire Rohan Bopanna l'ont... (David Vincent, Associated Press)

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Gabriela Dabrowski et son partenaire Rohan Bopanna l'ont emporté en deux manches de 2-6, 6-2 (12-10) au double mixte, à Roland-Garros.

David Vincent, Associated Press

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Six heures s'étaient écoulées depuis la fin de la finale en double mixte à Roland-Garros. Gabriela Dabrowski ne savait toujours pas comment réagir après être devenue la première joueuse canadienne à remporter un tournoi du Grand Chelem.

« Je ne réalise pas encore l'importance de ce qui s'est passé », a avoué l'athlète d'Ottawa, jeudi après-midi, lors d'une conférence téléphonique organisée par Tennis Canada. Plus tôt dans la journée, son partenaire indien Rohan Bopanna et elle avaient défait l'Allemande Anna-Lena Grönefeld et le Colombien Robert Farah en trois manches de 2-6, 6-2 et 12-10.

Le duo a célébré en se donnant deux longues accolades en l'espace de 40 secondes.

« J'imaginais ce moment depuis mon enfance. Quand tu commences à jouer au tennis, tu rêves de gagner un tournoi majeur en simple », a expliqué Dabrowski, 25 ans, qui s'est concentrée sur sa carrière en double depuis un an.

« Le sort a voulu que je remporte  plutôt un premier titre en double mixte, a-t-elle soutenu en matinée en conférence de presse devant la presse parisienne. Tu ne sais jamais ce que l'avenir te réserve. Je suis tellement heureuse. »

La dernière raquette canadienne chez les femmes à atteindre la ronde ultime à Roland-Garros ? L'Ontarienne Jill Hetherington s'était inclinée en 1995 aux côtés du Sud-Africain John Lafnnie.

Dabrowski rejoint un club très sélect composé de Daniel Nestor, Sébastien Lareau et Vasek Pospisil, les seuls autres joueurs canadiens pouvant se vanter d'avoir gagné une étape du Grand Chelem.

L'athlète aux racines polonaises connaît sa meilleure saison sur la scène internationale. Elle a percé le top-20 du classement de la WTA en double féminin, gagnant un tournoi au mois de mars à Miami en compagnie de la Chinoise Xu Yifan. En simple, on retrouve son nom au 281e rang mondial.

« Je compte surtout continuer à jouer en double. J'ai plusieurs tournois qui m'attendent », a-t-elle expliqué en français.

Âgé de 37 ans, Bopanna a commencé à faire équipe avec elle l'an dernier. Ils ont déjà disputé ensemble trois tournois du Grand Chelem, atteignant la ronde quart de finale aux Internationaux d'Australie en janvier de même qu'à Flushing Meadows en 2016.

En sol français, le duo était la septième tête de série. En route vers la finale, il a vaincu les deuxièmes favoris puis la paire classée troisième favorite du tournoi.

Dabrowski et Bopanna n'avaient concédé aucune manche avant jeudi. Lors de la partie ultime, ils ont dû effacer deux balles de bris au super jeu décisif de la troisième manche, dont une sur une double faute de Grönefeld.

« Il y a eu un gros soupir de soulagement de notre côté en voyant ça », a avoué la nouvelle championne.

Pas son premier exploit

Dabrowski a fait les manchettes une première fois à l'âge de 13 ans en 2005. Elle avait participé à un match de démonstration en compagnie de John McEnroe, Jim Courier et Anna Kournikova au centre Canadian Tire.

Quatre ans plus tard, son nom revenait dans l'actualité. Cette fois-ci en raison de sa victoire à l'Orange Bowl chez les moins de 18 ans. Du même coup, elle devenait la première Canadienne depuis Carling Bassett en 1982 à mettre la main sur le prestigieux titre.

La fille qu'elle avait vaincue à l'époque a fini par connaître aussi du succès dans les rangs pros.

La Française Kristina Mladenovic occupe le 14e rang mondial en simple, le cinquième en double.

L'autre raison que Gabriela Dabrowski avait de se réjouir jeudi ? Elle empochera sous peu la moitié du chèque de 140 000 euros remis aux gagnants.

Une victoire qui inspire la relève

Son premier appel a été fait à ses parents Jurik et Wanda. Le message livré venait du coeur.

«Je voulais les remercier de m'avoir donné la chance de pratiquer ce sport», a relaté Gabriela Dabrowski. Elle n'a pas oublié toutes ces soirées de son adolescence durant lesquelles son père et sa mère se demandaient comme ils allaient subventionner les déplacements de leur fille.

«Ils n'avaient pas de commanditaires», s'est rappelé Philippe Miron. Sa fille Élianne s'entraînait au même endroit que la nouvelle championne, au Ottawa Athletic Club, au milieu des années 2000.

«J'avais demandé la permission au père de Gabriela si je pouvais parler à des gens, voir si des hommes d'affaires pouvaient les aider à financer les voyages.»

Dabrowski a reçu l'aide d'un peu tout le monde, dont la communauté franco-ontarienne.

«C'est remarquable de voir le visage de Gabriela aujourd'hui un peu partout sur les réseaux sociaux. D'une façon, ça ne me surprend pas. Elle était devenue la première Canadienne à remporter le tournoi des Petits As à l'âge de 14 ans.»

La victoire à Roland-Garros a fait jaser au parc de l'Île où des espoirs du programme TOP s'entraînent.

«C'est le fun de voir qu'une fille qui ne vient pas de Montréal ou de Toronto peut finir par percer. Ça prouve que tu peux te développer si tu es bien entouré par de bons entraîneurs et ta famille», a noté Mélodie Collard, qui représentera le Canada cet été aux championnats du monde juniors en Europe.

L'ado de 13 ans a participé aux Petits As et l'Orange Bowl dans la dernière année et demie. «C'est le fun de voir que je viens de faire les mêmes tournois qu'elle», a-t-elle dit en parlant de Dabrowski.




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