Cavendish double la mise

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Mark Cavendish a remporté la troisième étape du Tour de France 2016.

Jeff Pachoud, AFP

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Jean Montois
Agence France-Presse
Angers

Le Britannique Mark Cavendish s'est adjugé lundi à Angers la 3e étape du Tour de France, son deuxième depuis le départ et son 28e dans la Grande Boucle.

Pour égaler Bernard Hinault au palmarès des vainqueurs d'étape, Cavendish s'est imposé de... 6 millièmes de seconde, selon les données de l'organisation. A peine un boyau mais un écart fatal à André Greipel, le champion d'Allemagne vainqueur à quatre reprises l'année passée.

Sur la ligne d'arrivée, Greipel a levé le bras gauche puis s'est ravisé. L'examen de la photo-finish a confirmé que Cavendish, sans doute «reboosté» par les entraînements sur piste qu'il pratique en vue des JO de Rio, l'avait remonté in-extremis.

Déjà le plus rapide samedi à Utah Beach pour honorer son nouveau maillot de l'équipe Dimension Data, le coureur de l'île de Man (31 ans) n'est plus devancé au nombre d'étapes gagnantes que par la légende belge Eddy Merckx, quasi-intouchable avec 34 succès.

Enervé par sa défaite, Greipel a tenté de surmonter sa déception, alors que son équipe avait fait l'essentiel du travail en tête du peloton (41 % de présence dans les 50 derniers kilomètres).

«Ce n'était pas un bon sprint, je dois le reconnaître», a avoué le champion d'Allemagne, avant de rendre hommage à son rival historique: «Ce n'est pas une honte de perdre contre Cavendish.»

Sagan voulait prendre un café

Le duel entre les deux anciens coéquipiers qui ont appris à se respecter au fil des années, a rejeté en partie dans l'ombre la troisième place de Bryan Coquard. Dans ce sprint majeur, le jeune Français (24 ans) a fait mieux que le porteur du maillot jaune et champion du monde en titre, le Slovaque Peter Sagan (4e).

«J'ai une petite pointe de déception, a estimé Coquard. Je pense que j'étais parmi les plus rapides. C'était une arrivée qui me convenait. Mais, aux 500 mètres, j'ai dû slalomer».

Le final sous tension a éclipsé les longues heures qui l'ont précédé, une partie de campagne pour le peloton sous un ciel redevenu clément.

Derrière Armindo Fonseca, seul en tête dès la sortie du port de Granville, les coureurs ont profité de la traversée du bocage pour pédaler tranquillement, deviser et sourire. A la moyenne historiquement basse de... 33,6 km/h (dans les quatre premières heures), Fonseca a attendu ensuite Thomas Voeckler et la course s'est enfin accélérée.

«A un moment, j'ai pensé m'arrêter prendre un café», a souri Sagan. «Sur les 200 premiers kilomètres, je ne me suis pas trop amusé. Sur les 20 derniers, le temps est passé beaucoup plus vite».

Le duo d'attaquants, formé à 82 kilomètres de l'arrivée, a longtemps compté une quarantaine de secondes d'avance. Voeckler (37 ans) a souvent relancé l'allure mais la jonction a été réalisée à 8 kilomètres du château du roi René, envahie par la foule des grands jours.

Quintana au marquage de Froome

Après l'arrivée, Sagan a surtout évoqué les conditions réglementaires du sprint, bien plus que l'affrontement qui a réuni les meilleurs mondiaux sur la chaussée d'Angers. Pour demander à l'Union cycliste internationale (UCI) un changement du règlement afin que les coureurs du classement général n'aient plus de raison de se mêler aux sprinteurs dans le final.

Sagan, transformé de fait en porte-parole des sprinteurs, a cependant été contredit quelques minutes plus tard par Cavendish. «Ce n'est pas la règle des trois kilomètres qui pose problème mais plutôt la mentalité des coureurs», a estimé le vainqueur du jour.

Cavendish s'en est pris aux candidats au podium qui cherchent à profiter des éventuelles cassures dans le final pour grignoter quelques secondes. Même si cette prise de risques tactique est parfaitement licite.

Pour sa démonstration, le Britannique a fait référence au comportement de plusieurs équipes, notamment celle de son compatriote Chris Froome. A Angers, le vainqueur sortant du Tour a franchi la ligne en... 22e position. Avec, dans sa roue, le grimpeur colombien Nairo Quintana, dans un étonnant marquage au cuissard.

Sagan a conservé son maillot jaune pour (au moins) une journée supplémentaire. Mardi, à Limoges, terme de la plus longue étape de cette édition (237,5 km), l'arrivée jugée en faux-plat montant lui sera encore favorable.

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