Fini l'anonymat pour Woods

Avant de tenter sa chance en cyclisme de... (Courtoisie, Graham Watson)

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Avant de tenter sa chance en cyclisme de compétition en 2012, le Hullois Michael Woods était... caissier dans une banque.

Courtoisie, Graham Watson

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Il était le secret sportif le mieux gardé de Gatineau. Tout a changé pour le cycliste Michael Woods, il y a une dizaine de jours, en Australie.

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Michael Woods

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Fini l'anonymat pour ce résidant du secteur Hull, qui a pris par surprise le peloton international en pédalant jusqu'au cinquième rang du classement général du Tour Down Under, premier arrêt de la saison du World Tour. Tout ça à ses débuts au sein de l'équipe Cannondale, qui l'a embauché il y a quelques mois.

«Je me suis pointé à ce tour en sachant que j'étais en grande forme, en me disant que je pouvais obtenir de bons résultats. Mais c'est une chose d'obtenir de solides chronos à l'entraînement, c'est une tout autre affaire de battre des gars en course», lance-t-il au bout du fil.

Woods, qui habite en bordure du parc de la Gatineau, a notamment terminé troisième lors de la troisième des six étapes de ce rendez-vous disputé à Adélaïde. Le grand gagnant du Tour, Simon Gerrans, a conclu avec seulement 20 secondes d'avance sur lui.

Gerrans a déjà remporté deux étapes du Tour de France de même qu'une du Tour d'Espagne et une autre du Tour d'Italie.

«J'avais l'avantage d'être un négligé. Les parieurs aux livres estimaient mes chances de gagner à 125 à 1. Personne ne s'attendait à ce que je brille. Cela a joué en ma faveur. Personne ne me surveillait au début dans le peloton. Personne ne portait attention à mes attaques. J'ai pu me cacher.»

La question est revenue souvent sur le tapis en Australie. Qui est ce Michael Woods, qui fêtera ses 30 ans en octobre?

C'est un ancien recordman canadien de demi-fond qui s'est tourné vers le cyclisme de compétition sur le tard en... 2012. Des blessures répétées au pied gauche l'ont convaincu de délaisser l'athlétisme, un an auparavant.

En sandwich entre les espadrilles de courses et le vélo, Woods a travaillé comme caissier dans une banque de la capitale nationale. «J'ai détesté l'expérience. Je n'étais pas heureux avec ma vie à ce moment-là, avoue-t-il.

«Il y avait un vide. J'étais habitué de carburer à la compétition.»

Woods avait déjà roulé par le passé. Le cyclisme sur route venait agrémenter son entraînement hors piste en athlétisme.

Des amis dans un commerce de vélo l'ont convaincu de tenter sa chance dans des courses, il y a quatre ans.

Garneau-Québécor a été la première équipe à lui faire confiance. Une formation au sein de laquelle il a pu peaufiner son français, lui qui est maintenant bilingue. Surtout, il a appris à rouler en peloton.

«Je peux dire que je ne m'ennuie pas beaucoup de l'athlétisme. Le cyclisme s'avère beaucoup plus dynamique. Ça me permet de voyager et d'être beaucoup mieux payé», lance-t-il en riant.

La seule chose qui semble le déranger sur deux roues? Les chutes.

«Mon plus gros problème quand j'ai commencé la compétition, je ne possédais aucune connaissance technique et tactique. Je me retrouvais souvent dans des positions que je ne devais pas. Je suis tombé. Je suis tombé très souvent!»

Combien de fois? Combien de blessures?

Woods s'esclaffe à nouveau.

«Je me suis brisé tellement d'os. Je possède tellement de cicatrices sur le corps pour le prouver.

Ce n'est pas plaisant.»

Mais ça, c'était à ses débuts. Il n'est plus le même cycliste qui a embrassé le bitume trop souvent à son goût.

Cannondale l'a recruté en le voyant gagner une étape du Tour de l'Utah en 2015 au sein de l'équipe Optum Pro Cycling, terminant au deuxième rang au classement général.

Une année folle et fructueuse

Michael Woods se pince parfois.

«La dernière année a été tellement folle et bonne pour moi. Je me suis marié l'été passé. Je me suis aussi acheté cette maison près du parc de la Gatineau, un des meilleurs endroits où rouler en paix et en sécurité.»

Ajoutez qu'il vient de se louer un appartement en Espagne, son domicile temporaire durant la saison européenne. Il se trouvait là-bas lorsque le journaliste l'a contacté, la semaine dernière.

Au moment de l'entrevue, il neigeait en Outaouais.

«Ici, c'est beau. Il doit faire 20 degrés. C'est plus chaud qu'à Ottawa, mais beaucoup moins qu'en Australie! Quand j'y pense, je suis chanceux. J'ai eu l'occasion de participer aussi à un camp d'entraînement en Arizona avant le début de la saison. Tous ces voyages me permettent d'éviter l'hiver canadien!»

Rien ne laisse croire que les prochains mois seront moins fertiles en émotions.

Les plans initiaux prévoyaient que Woods tiendrait un rôle d'appui aux gros canons de Cannondale. Le plan n'a pas changé.

Sauf que la recrue du World Tour pourra être le leader en avril en vue de La Flèche wallonne en Belgique. «Une de mes plus grosses cibles en parlant avec les dirigeants de l'équipe», dit-il.

«Ça et les Jeux olympiques. Surtout que le parcours là-bas au Brésil est fait sur mesure pour mes qualités de grimpeur.»

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