Lepage-Joanisse demeure parfaite

Le combat entre Annie Mazerolle et Vanessa Lepage-Joanisse,... (Bernard Brault, La Presse)

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Le combat entre Annie Mazerolle et Vanessa Lepage-Joanisse, vendredi soir au Métropolis, était si intense qu'il ressemblait à certains moments à une bagarre de rue.

Bernard Brault, La Presse

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(Montréal) Le vendredi 13 a tout fait, sauf porter malchance à Vanessa Lepage-Joanisse.

La boxeuse de la Petite-Nation a multiplié les crochets au visage de son adversaire acadienne au quatrième et dernier round pour demeurer invaincue chez les professionnels, vendredi soir, au Métropolis, à Montréal. La cloche a sauvé Annie Mazerolle (2-2, 1 K.-O.) d'une possible visite au tapis dans ce combat mi-lourd présenté en lever de rideau d'un gala organisé par Eye of The Tiger Management.

«Elle commençait à tomber vers l'avant dans ce dernier round. Ses genoux ont fléchi, mais ce n'était pas assez», a soutenu Lepage-Joanisse (2-0) en retraitant vers le vestiaire après cette victoire par décision unanime des juges. Ces derniers ont remis des cartes de pointage de 39-37, 39-37 et 40-36 en sa faveur.

Il s'agissait d'un combat revanche entre ces deux anciennes championnes canadiennes dans les rangs amateurs. Elles s'étaient affrontées une première fois en mars à Moncton.

Lepage-Joanisse, 20 ans, avait gagné par décision partagée.

Mazerolle, qui estimait mériter un meilleur sort, avait promis d'être plus agressive cette fois-ci. Elle a tenu parole. Ce duel ressemblait à une bagarre de rue. Surtout lors des deux premiers rounds.

La pugiliste du Nouveau-Brunswick a atteint sa jeune rivale à quelques reprises au visage, sans toutefois l'ébranler. «Je m'attendais à plus», a soutenu Lepage-Joanisse, qui ne portait aucune trace au front et aux joues après son gain.

«J'ai mangé de plus gros coups chez les amateurs contre des grandes filles internationales. Je ne dis pas qu'elle n'a pas de force de frappe. Elle a quand même gagné déjà deux fois chez les pros.»

Son entraîneur Stéphane Joanisse - aucun lien de parenté - dit qu'il n'a jamais été inquiet. Que ça faisait partie du plan de match d'échanger coup pour coup au début du combat. Que sa protégée avait l'énergie pour maintenir la cadence. Il a eu raison.

Au quatrième et dernier round, Mazerolle peinait. «Vanessa aurait pu faire huit rondes», a dit Joanisse.

«Notre objectif, c'était de donner un bon spectacle. Nous voulions aussi montrer au promoteur Camille Estephan que Vanessa peut encaisser des coups, qu'elle peut aller à la guerre à la Arturo Gatti.»

Cette victoire devrait permettre à Vanessa Lepage-Joanisse de grimper au classement mondial. Elle occupait déjà le huitième rang mondial parmi les 17 poids lourds encore actifs.

Neuf combats ont meublé cette carte du vendredi soir, marquée par le retour à la compétition du super-léger Dierry Jean, qui a dû se contenter d'un verdict nul. De plus, Steven «Bang Bang» Butler a remporté un affrontement pour le Championnat du monde junior de l'IBF contre l'Allemand Ferdinand Pilz.

Puis il y avait cette sortie d'un autre pugiliste originaire d'Ottawa. Le super-moyen Louisbert Altidor (4-0) est demeuré invaincu, ayant le dessus sur le vétéran Adam Green (13-6, 6 K.-O.), qui a déjà affronté Davey et Alex Hilton.

L'appui de son copain... et de la Petite-Nation

Ils étaient une quarantaine d'amateurs de boxe de l'Outaouais à crier, à scander son nom et surtout l'applaudir après sa victoire.

Vanessa Lepage-Joanisse a pu miser sur un appui plus important que lors de son premier combat en carrière, il y a deux mois, à Moncton. Onze personnes s'étaient déplacées dans les Maritimes.

«Nous ne nous sentions pas les bienvenues», avoue en riant Julie Bigras, qui avait assisté à ce gala en mars. La dame est copropriétaire du club de boxe de Buckingham. Son conjoint Marcellin Gaumont était dans le coin de la boxeuse de Plaisance en tant que soigneur.

Bigras a suivi le gala à partir du balcon du Métropolis. Ailleurs dans la salle, on retrouvait une propriétaire d'un resto-bar de la Petite-Nation. Il y avait aussi l'ami de coeur de la gagnante, Danick Martineau.

Sa famille et lui s'étaient tapé 13 heures de route pour l'encourager la première fois.

«Cette fois-ci, la route se fait un peu mieux», a avoué Martineau, lui-même un boxeur. L'athlète de Buckingham a gagné ses quatre combats jusqu'ici dans les rangs amateurs.

Sa plus récente victoire est survenue le week-end dernier. Lepage-Joanisse se trouvait dans son coin pour l'occasion.

Qui sait, ça l'a peut-être motivé de conserver à son tour une fiche parfaite comme son copain.

L'Outaouais pourrait compter d'autres boxeuses dans les rangs pros d'ici quelques années. Le club de Buckingham est passé de 13 à 60 femmes dans ses rangs.

«Une d'elles vient justement de gagner la médaille d'argent aux Gants de bronze», a souligné Julie Bigras en parlant de Cheryl Chenier.

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