Débuts colorés chez les pros pour Croteau

Danyk Croteau, de Buckingham... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Danyk Croteau, de Buckingham

Etienne Ranger, LeDroit

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La foule scandait son nom quand il s'est pointé au ring. Son adversaire l'attendait avec une jupette rose à la taille.

Danyk Croteau n'oubliera pas de sitôt ses débuts chez les pros, dimanche soir, au Hilton du Casino Lac-Leamy. Surtout que l'ancien soldat devenu boxeur a remporté son premier combat chez les super-moyens. Une victoire par décision unanime des juges contre l'Américain Rodrigo Almeida, qui a visité le tapis à deux reprises au premier round.

«J'ai tout donné à la fin de ce round pour le finir, mais il n'est pas tombé une troisième fois», a soutenu Croteau, un Buckinois âgé de 25 ans.

Ce dernier aura eu droit à l'accueil le plus bruyant de la soirée. Dans le lot d'amateurs, il y avait sa copine Marie-Soleil et leur petite fille âgée de trois mois.

Ses deux amours l'attendaient près du vestiaire. Une raison de plus pour lui de sourire.

«Je me sentais bien, même si j'étais stressé. J'ai bien fait et ç'a bien fini pour moi. Je suis très content.»

Croteau portait après cette victoire un chandail rouge sur lequel étaient imprimées ses propres armoiries. Une image sortie tout droit de l'imaginaire d'un de ses amis avec lequel il a servi pendant trois ans au sein des Forces armées canadiennes.

«J'ai fait partie des dernières rotations de combat en Afghanistan», a-t-il souligné.

Danyk Croteau n'était pas le seul pugiliste du coin à échanger des coups durant ce gala organisé par le groupe Eye of the Tiger Management, dont la dernière présence en Outaouais remontait en 2014.

Louisbert Altidor, qui a grandi à Ottawa avant de déménager à Montréal afin de poursuivre une carrière de boxeur, a gagné par décision unanime contre Roody René (1-4-1), du club de la Petite-Nation. Il conserve une fiche parfaite avec trois victoires en trois sorties.

La finale mettait en vedette le super-moyen et champion francophone de la WBC Schiller Hyppolite (19-1, 13 KO), qui a eu besoin de seulement 65 secondes pour mettre fin au parcours du Croate Ivan Jukic (22-8, 15 KO). En sous-carte, «Super» Mian Hussain (14-0, 6 KO) est sorti victorieux, tout comme son frère Ayaz (9-0, 7 KO), surnommé «The Machine».

Il y a eu de tout durant cette soirée de boxe.

Tiens, le super-léger américain Will Madera qui a gagné un affrontement ensanglanté contre le Mexicain Randy Lozano. Il portera les traces de sa victoire pour quelques semaines.

Simon Kean... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 2.0

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Simon Kean

Etienne Ranger, LeDroit

Puis il y a l'Olympien Simon Kean qui a épaté en arrêtant dès le deuxième round le vieux routier chez les poids lourds, le Tchèque Tomas Mrazek. Le boxeur européen n'avait que 10 victoires en 68 combats.

Sauf qu'il était «durable». Ils étaient peu nombreux à le sortir de l'arène avant la limite. Même de gros noms n'avaient pu réussir l'exploit, dont le champion du monde Tyson Fury.

Kean, qui est originaire de Trois-Rivières, le savait très bien.

«Tyson Fury n'est pas un gros cogneur. C'était peut-être un temps où le gars (Mrazek) était meilleur. Ou je frappe peut-être juste plus fort, a-t-il lancé en riant.

«Je suis très content, a-t-il ajouté. Puis ce ne sera pas toujours comme ça. Je vais en profiter pendant que ça passe.»

Son compatriote et quintuple champion amateur canadien chez les super-plumes, François Pratte (2-0), est aussi demeuré invaincu dans les rangs pros, l'emportant par décision unanime des juges face à Santos Lira (0-2), du Mexique. Il a été coupé au-dessus de l'oeil gauche par contre durant son duel.

«J'ai reçu un coup de tête au deuxième round», a expliqué Pratte, qui misait sur l'appui d'une vingtaine d'amis de son patelin de Trois-Rivières.

«Montres-y comment ça marche à Trois-Rivières», a-t-on pu entendre à un certain moment durant le combat.

Se contenter d'un rôle de spectatrice

Elle était présente au gala, mais Vanessa Lepage-Joanisse n'a jamais eu l'occasion d'enfiler les gants de boxe.

Son adversaire mexicaine Irasema Rayas a déclaré forfait trois jours avant le combat, faute d'avoir pu obtenir le visa nécessaire afin de mettre les pieds au pays. Le promoteur a tenté de lui dénicher un remplaçant de dernière minute, mais sans succès.

«Il a même augmenté la bourse afin de me trouver un adversaire. Il a tout fait», a noté la pugiliste de la Petite-Nation et ancienne championne canadienne dans les rangs amateurs.

Lepage-Joanisse, âgée de 20 ans, avait un petit pincement au coeur en se pointant sur le site, dimanche soir, flanquée d'amis et membres de sa famille. Ça devait être sa soirée. Ses débuts chez les pros.

Des débuts qui sont reportés pour une deuxième fois en trois mois et demi. Elle devait monter sur le ring à Moncton, quelques semaines avant Noël.

«J'ai été dans la salle tantôt. J'ai touché au ring, raconte-t-elle. Je me suis dit que ça aurait dû être moi là-dessus ce soir.

«Ça me fait de quoi. Je me suis entraînée tellement fort trois fois par jour. Je me levais chaque matin avec ça en tête... Je surveillais mon alimentation... En principe, ce n'est que partie remise.»

Un combat est déjà prévu le 19 mars au Nouveau-Brunswick. Il l'opposera à Annie Mazerolle, qui devait l'affronter en décembre dernier.

«C'est un combat qui est très attendu là-bas, note Lepage-Joanisse, qui campera le rôle de la vilaine débarquée du Québec pour vaincre la favorite locale.

«La méchante, reconnaît-elle en riant. La méchante qui a eu ses deux premiers combats annulés... Je risque de commencer fort.»

En plus du combat impliquant Lepage-Joanisse, deux autres affrontements ont dû être biffés de la carte présentée dimanche au Hilton du Casino Lac-Leamy. Les spectateurs n'ont pu voir en action Taylor Page, du club Final Round d'Ottawa, de même que Mathieu «G-Time» Germain, de Montréal. Ce dernier montre une fiche de 5-0, 4 KO.

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