Farah Jacques s'éloigne de Rio

Trois heures s'étaient écoulées depuis la fin de la course. Son coeur était... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Trois heures s'étaient écoulées depuis la fin de la course. Son coeur était encore sensible.

Le rêve de Farah Jacques de participer aux Jeux olympiques venait de tomber à l'eau, ou presque. La sprinteuse de Gatineau a terminé troisième à l'épreuve du 200 m aux essais canadiens tenus dimanche par une journée pluvieuse à Edmonton.

Les deux femmes qui l'ont devancé au fil d'arrivée, Crystal Emmanuel et Kim Hyacinthe, ont obtenu leur billet pour Rio, ayant réussi le standard olympique de 23,20 secondes.

« J'ai encore de la peine, même si ça va un peu mieux qu'après la course, a confié Jacques, 26 ans, au bout du fil.

«Je me console en me disant que j'ai quand même gagné une médaille pour la première fois en carrière aux championnats canadiens», a-t-elle ajouté.

L'étudiante de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) s'était pointée en sol albertain ces derniers jours avec la ferme intention de se tailler une place au sein de l'équipe olympique. Elle s'était invitée dans la discussion de Rio avec un chrono de 23,21 en Floride, le 30 mars.

Tout d'un coup, elle se trouvait à un centième de seconde du critère olympique.

Sauf que dimanche à Edmonton, Jacques n'a pu faire mieux que 23,68. Il s'agissait de sa première expérience à des essais. Elle a appris que tout peut arriver.

Sa course a été repoussée de presque deux heures en raison d'orages.

«Nous étions censées courir à 14 h 10. Finalement, ça s'est passé vers 16 h», a-t-elle relaté.

Un délai qui l'a agacé. «Parce que j'étais prête à courir là, a noté Jacques, qui refusait toutefois de se servir de cet imprévu comme excuse.

«J'ai eu un bon départ à ma course. Puis, j'ai vu une fille me dépasser. Je me suis laissé déconcentrer par ça...»

Maintenant, elle passera les prochaines heures à se croiser les doigts, à s'accrocher à un mince - très mince - espoir.

Une conférence de presse aura lieu lundi afin de dévoiler la composition de l'équipe olympique canadienne. «J'ai peut-être une chance de me retrouver au sein d'un des relais, a fait remarquer Farah Jacques.

«Mais en même temps, je ne veux pas me créer trop d'espoirs... Je ne veux pas vivre une autre peine.»

Peu importe ce qui arrivera, la protégée du médaillé olympique Glenroy Gilbert se répète qu'elle a connu «une grosse année». Que la saison prochaine en 2017, elle aimerait participer aux championnats du monde.

«Avant cette année, je n'avais pas eu de temps remarquables. Quand je regarde ça, je suis très fière de moi», a-t-elle soutenu.

Une blessure majeure à sa cheville droite avait déraillé sa carrière, il y a quatre ans. Une carrière que Jacques a mise en veilleuse pendant une saison en 2012.

L'athlète d'origine haïtienne, qui a grandi à Montréal, a repris l'entraînement en 2013, quelques mois après son arrivée à Gatineau. Elle a fait connaissance avec Gilbert, qui entraîne des athlètes de l'autre côté de la rivière des Outaouais, à la piste Terry-Fox, à Ottawa.

Guénard se démarque à Edmonton

Une tendinite à la cheville gauche l'a envoyé au repos forcé pendant plus d'un mois au printemps. Visiblement, cette blessure n'embête plus Danika Guénard qui a été couronnée meilleure marcheuse junior au pays.

La jeune femme de Chelsea a gagné l'épreuve de 10 km des championnats canadiens d'athlétisme à Edmonton. Elle a parcouru la distance en 1:02:49.

Encore mieux, son chrono a été le deuxième plus rapide chez les femmes seniors.

«Je suis arrivée ici et j'ai tout donné ce que j'avais, a raconté Guénard, âgée de 17 ans.

«J'ai pensé à tous mes efforts pour revenir à la compétition, tous les gens qui m'ont encouragé. J'ai eu beaucoup de plaisir. Il y avait plusieurs athlètes qui tentaient de se qualifier en vue des Jeux à Rio.»

Athlétisme Canada avait désigné ces championnats en tant qu'essais olympiques. Des rêves se sont concrétisés. D'autres ont été repoussés ou pire, écrasés.

Guénard a pris de bonnes notes.

«Ça m'a permis d'acquérir de l'expérience à une grosse compétition où il y a du stress. Plus tu es à l'aise, plus tu peux te dépasser», a-t-elle rappelé.

Surtout, les derniers jours lui ont permis de refaire le plein de confiance.

«Quand je me suis blessée, j'étais découragée un peu. Je voyais les autres qui continuaient à s'entraîner, à devenir meilleures. Là, ça me redonne confiance. Ça me dit: ne lâche pas, ça va bien. Tu peux juste t'améliorer.»

Guénard n'était pas la seule athlète du club d'athlétisme de Gatineau à ces championnats. Audrey Leduc a terminé septième au saut en longueur et 10e au 100 m, chaque fois chez les juniors.

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