L'UFC reviendra à Ottawa

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Patrick Côté (à gauche) n'a jamais été dans le coup lors de la demi-finale l'opposant à Donald Cerrone.

Etienne Ranger, LeDroit

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La soirée s'est avérée divertissante. Il y a eu des coups de poing dévastateurs. Des soumissions, dont une par étranglement arrière. Un nez cassé et quelques visages ensanglantés. Cinq athlètes ont même abouti à l'hôpital.

La soirée a été longue. Elle a commencé à 18 h 45 avec le premier combat préliminaire pour se terminer avec la finale sur le coup de 1 h 31. Les principaux vainqueurs ont terminé leur point de presse peu avant 3 h.

La soirée a aussi été chaude. Très chaude.

À quel point ?

Les spectateurs ont réclamé l'air conditionné, scandant « We want AC » plus d'une fois. L'aréna de la Place TD avait des allures de sauna.

L'événement en question ?

Le premier gala UFC à se tenir à Ottawa. Un rendez-vous qui s'avérait fort attendu, samedi, dans la capitale nationale. Tous les billets avaient été vendus en moins de 90 minutes en avril.

L'assistance ? 10 490 personnes qui ont payé de gros sous pour une soirée organisée par cette puissante organisation d'arts martiaux mixtes.

Premier constat ?

Ces gens ont aimé leur expérience, même s'ils ont sué à grosses gouttes. Et surtout si quelques performances ont laissé à désirer.

Cette foule variée n'a jamais eu le temps de s'endormir. Personne - ou presque - n'a quitté avant la conclusion marquée par la victoire-surprise de Stephen « Wonderboy » Thompson en finale contre le favori Rory MacDonald.

Un affrontement qui opposait deux des meilleurs poids mi-moyens au monde. Un affrontement qui a laissé certains sur leur faim. Ça huait en raison du manque d'action.

« Je m'attendais à une guerre. Ce fut plutôt un match d'échecs », a reconnu Thompson, qui pourrait maintenant se battre pour le titre mondial.

Les dirigeants de l'UFC semblent aussi avoir apprécié l'expérience. Tellement qu'ils veulent revenir dans la capitale nationale.

Quand ? Ça, c'est une autre histoire.

« Nous serons de retour. Il n'y a pas de doute », a assuré le directeur général de l'UFC au Canada, Tom Wright.

Est-ce que ce sera à nouveau à la Place TD ou le plus gros et plus frais centre Canadian Tire, qui pourrait accueillir 20 000 personnes ?

« Il y a plusieurs choses qui devront être prises en considération, dont le temps de l'année et le format de l'événement. Est-ce que ce serait par exemple à la télé à la carte, a soutenu Wright, qui a vanté la Ville d'Ottawa.

«Il y a eu un bon buzz autour de l'événement. Nos athlètes ont aimé leur expérience et nos partisans se sont amusés.»

Cette carte de 13 combats a été diffusée notamment à Fox Sports, aux États-Unis. Plusieurs médias américains s'étaient déplacés, dont le USA Today.

Les images qu'on retient ?

Les 21 coups de poing consécutifs donnés par Randa «Quiet Storm» Markos à la tête de son adversaire Jocelyn Jones-Lybarger. La reprise au grand écran ne mentait pas.

Il y a aussi la victoire du Letton Misha Cirkunov qui a pris racine à Toronto. Il a célébré en grimpant par-dessus la clôture de l'octogone en criant : «Je vous aime» à la foule.

Cirkunov a dit qu'il espère se battre à nouveau à Ottawa en raison de l'appui de la foule. «Quand j'entends Misha, Misha Misha, je deviens plus fort», a dit l'ancien membre de l'équipe canadienne de lutte.

Quoi d'autre ?

À l'image de la boxe, il y a les grandes gueules obligatoires dans les estrades.

Tiens comme ce gars âgé de la trentaine. «Envoie, casse-lui la jambe», a-t-il crié dès la première minute du premier combat de la soirée.

Pas le commentaire le plus brillant, mais le ton était donné à ce gala qui a duré presque sept heures. Qui a fait parler d'Ottawa pendant un samedi soir un peu partout en Amérique et en Europe.

«Durant l'hiver, des gens patinent même vers le travail en empruntant le canal Rideau», a-t-on entendu à un certain moment un descripteur raconter aux auditeurs.

Bossé a brillé, Côté s'est fait botter

L'instant d'un combat, «Le Prédateur» est devenu «La Proie».

Le favori local Patrick Côté n'a jamais été dans le coup lors de la demi-finale l'opposant au poids mi-moyen américain et ancien adepte de rodéo, Donald Cerrone.

«Le Cowboy» l'a malmené au deuxième round. Même chose à la troisième reprise. Au point où l'arbitre Yves Lavigne a dû mettre fin au duel plus tôt que prévu.

«Il est un des meilleurs au monde pour une raison, a dit Côté au sujet de Cerrone. J'ai connu un bon premier round (...) Au deuxième round, il a commencé à prendre son rythme et je l'ai laissé s'approcher trop. Ma stratégie était de l'éloigner, mais il excelle à couper les angles et avec ses combinaisons. Il m'a surpris. C'est ça qui est ça.»

Côté, 36 ans, faisait partie d'un fort contingent québécois dans l'octogone au gala UFC d'Ottawa. 

La foule était aussi composée de nombreux amateurs d'arts martiaux mixtes de Gatineau, mais également de Montréal, Québec et ailleurs dans la Belle province. Ça criait en français. Ça chantait aussi en français. C'est sans compter quelques jurons en français.

Une heure avant que Côté s'incline, ce fut Valérie Létourneau qui subissait un sort similaire. Elle était pourtant la favorite contre l'Écossaise Joanne Calderwood, qui l'a ébranlé à plusieurs reprises dans ce face-à-face chez les poids mouche.

Au dernier round, l'athlète européenne l'a frappée deux fois au niveau de l'abdomen. Deux coups de trop pour la combattante québécoise surnommée «Trouble».

Lors des préliminaires, Jonathan Meunier s'est incliné à son premier combat UFC contre Colby Covington. Son adversaire a été hué lorsqu'il a commenté sa victoire dans l'octogone.

«Ça importe peu qui se trouvait à l'intérieur ici. Ça aurait pu être GSP. Rien n'aurait pu m'arrêter», a lancé Covington, qui a appris à la dure que l'ancien champion Georges St-Pierre s'avère encore un chouchou des amateurs.

Si Côté, Létourneau et Meunier n'ont pas connu les résultats souhaités, ce fut le contraire pour Olivier Aubin-Mercier et Steve Bossé, tous deux victorieux.

Le second a livré le combat le plus violent. Un duel qui a été primé combat de la soirée.

Bossé a gagné par décision unanime cet affrontement où les coups à la tête pleuvaient de partout, où le concept de la défensive a été relégué aux oubliettes. La foule leur a réservé une ovation.

«J'ai prouvé que je suis capable d'encaisser un coup solide. Je ne crains pas de courir des risques afin d'offrir un bon spectacle», a dit Bossé, le visage tuméfié.

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