À un centième de seconde du standard olympique

Pour remporter son pari et obtenir son billet... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Pour remporter son pari et obtenir son billet pour Rio, la Gatinoise Farah Jacques devra être l'une des premières à franchir le fil d'arrivée à l'épreuve du 200 m lors des Championnats canadiens en Alberta au début juillet.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il y a quatre ans, Farah Jacques songeait à ranger ses espadrilles et délaisser l'athlétisme. Elle venait de subir une blessure majeure à une jambe.

Plus précisément à la cheville droite en quittant la piste lors d'une course à relais 4 x 400 mètres.

«Un accident banal. Je venais de finir mon tour et de remettre le bâton. J'avais peur que les autres filles me foncent dedans. J'ai voulu sortir le plus rapidement possible de la piste. L'intérieur de mon pied a accroché une barre de métal sur le bord.»

Résultat, l'astragale de son pied s'est déplacé vers l'avant. Aucune chirurgie n'a été nécessaire pour corriger ce problème, qui l'a mis hors de compétition pendant un an.

La bande vidéo de l'incident circule encore sur le web. Aujourd'hui, la sprinteuse de Gatineau se permet d'en rire.

Ça se comprend. Elle file le bonheur. Jamais la femme âgée de 26 ans n'a couru aussi vite. Tellement qu'elle s'approche d'une place au sein de l'équipe canadienne qui se rendra à Rio, en août.

Jacques se trouve à un centième de seconde du standard olympique au 200 m. Elle a arrêté le chrono à 23,21 secondes à sa première sortie de la saison, le 30 mars, en Floride. Il s'agit d'une nouvelle marque personnelle.

«Ça me donne beaucoup de motivation. Je me dis que c'est de plus en plus possible», dit-elle du rêve olympique.

Une fois qu'elle aura réussi le standard en question, Jacques devra terminer parmi les premières aux championnats canadiens prévus du 7 au 10 juillet à Edmonton afin de sceller son sort. «Mon objectif, c'est d'avoir ma place aux Jeux», martèle l'athlète d'origine haïtienne, qui a grandi à Montréal dans une famille de huit enfants avant de déménager à Gatineau en 2012.

Ce transfert s'est fait en raison de ses études à l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Elle aspire à enseigner, un jour, les mathématiques à l'école secondaire.

Mais pour l'instant, les seuls chiffres qui se trouvent dans sa mire, ce sont ceux sur le chrono.

avant, c'était le basketball

L'athlétisme n'a pas été sa première aventure dans le sport. Au début de l'adolescence, on la retrouvait plutôt sur un terrain de basket-ball.

«C'était à ma première année à l'école secondaire. Je me suis rendu compte au milieu de la saison que je n'aimais pas ça les sports d'équipe. Je pouvais donner beaucoup dans un match, mais on perdait tout de même. J'ai fini par arrêter de jouer.»

Un de ses amis l'a convaincu de tenter sa chance en athlétisme.

«Parce que je courais déjà vite sur le terrain de basket. J'ai essayé ça. Ma première compétition a été une épreuve de haies. J'ai gagné la médaille d'or.»

Farah Jacques avait alors 13 ans. Au fil des saisons, les haies ont cédé leur place aux épreuves de sprint.

Elle se décrit comme une personne «souriante, pleine d'énergie, toujours positive». «Quand je commence quelque chose, je le finis», souligne-t-il.

Le genre de commentaire qui va plaire à son entraîneur et ancien médaillé olympien Glenroy Gilbert, qu'elle qualifie du «coach le plus exigeant que je n'ai jamais eu».

Ce dernier s'occupe d'elle à la piste Terry-Fox. Leur partenariat vient de franchir le cap des trois ans.

Jacques se souvient bien de sa première discussion avec lui en 2013. «Je l'ai rencontré pour lui dire que je voulais recommencer l'athlétisme, que j'aimerais qu'il m'amène aux Jeux», explique-t-elle.

La réponse de l'ancienne vedette devenue coach?

«Il m'a dit: tu dois être prête à travailler fort. Moi, je ne niaise pas, relate Farah Jacques.

«Quand je lui ai dit que j'étais déterminée, il m'a alors demandé de lui faire confiance.»

Le duo est sur le point de remporter son pari.

Glenroy Gilbert ne sera pas l'unique ancien sprinteur qui gardera un oeil sur elle dans les prochaines semaines. Bruny Surin aussi. La fondation qui porte son nom a remis à la sprinteuse une bourse de soutien à la réussite académique et sportive de 4000 $, il y a une douzaine de jours.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer