Jeux Invictus: des médailles comme baume

L'une des médailles remportées par Natacha Dupuis en... (Courtoisie, Phil Ellsworth/ESPN Images)

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L'une des médailles remportées par Natacha Dupuis en Floride, celle de bronze en dynamophilie, lui a été remise par l'ex-président américain George W. Bush. «Un moment marquant», dit-elle.

Courtoisie, Phil Ellsworth/ESPN Images

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Avant de fouler la piste d'athlétisme, Natacha Dupuis a eu une pensée pour ses compagnons d'armes décédés sous ses yeux, il y a sept ans, dans une montagne en Afghanistan.

La caporale-chef à la retraite de Gatineau participait aux Jeux Invictus, qui se sont conclus jeudi soir à Orlando, en Floride. Elle a remporté trois médailles, dont l'or à deux reprises en athlétisme, à cette compétition de sports adaptés pour les militaires en service actif et les anciens combattants blessés et malades.

Un événement fondé en 2014 par le prince Harry, qui a justement croisé Dupuis dans les derniers jours. «J'ai pris une belle photo de lui après ma victoire au 200 m. J'attendais de recevoir ma médaille et il se trouvait proche», souligne la femme âgée de 36 ans au bout du fil.

L'ancien président américain George W. Bush lui a remis sa médaille de bronze plus tôt dans la semaine pour souligner sa troisième place en dynamophilie. «Un moment pas mal spécial», avoue-t-elle.

De beaux souvenirs qui aideront à chasser ces cauchemars qui la hantent depuis le 22 mars 2009. Une date qu'elle n'oubliera jamais.

Il s'agissait de sa deuxième mission en sol afghan. Cette fois-ci, elle était canonnière dans un véhicule blindé qui retraitait vers Kandahar. 

«Le véhicule derrière nous a sauté. Un engin explosif improvisé a tué deux de mes collègues et blessé trois autres personnes», explique-t-elle.

Son équipe a dû se transformer en premiers répondants et prodiguer les premiers soins. Il a fallu 20 minutes avant qu'un hélicoptère arrive sur les lieux afin d'extraire le groupe.

«Vingt minutes, ça fait beaucoup de dommages psychologiques. Ce sont des images qu'on n'oublie pas. Ce sont des personnes qui étaient proches de nous. Ce n'était pas beau...»

Combattre le stress post-traumatique 

Certains participants aux Jeux Invictus ont perdu l'usage d'un membre durant leur carrière militaire. D'autres comme Dupuis mènent une autre bataille quotidienne: celle contre le trouble de stress post-traumatique.

«J'ai eu des moments difficiles durant lesquels je me disais que la vie ne valait plus la peine. J'ai vécu des moments sombres durant les dernières années, confie la triple médaillée.

«Mais là, je vois l'importance de continuer de croire en la vie. Quand on pense que c'est fini, la vie finit par te réserver de belles surprises. Si tu m'avais dit il y a six ans que je serais un jour sur un podium international avec une médaille d'or au cou, je ne t'aurais pas cru.»

Natacha Dupuis a vécu sa jeunesse dans la région de Longueuil. Elle pratiquait notamment l'athlétisme. Sa spécialité? Le sprint.

Les choses allaient bien. Elle venait de se qualifier, à l'âge de 18 ans, en vue d'une compétition internationale quand des fractures de stress ont freiné complètement sa carrière sportive.

Un an plus tard, Dupuis se tournait vers les Forces armées canadiennes. «C'est une blessure qui m'a arrêté la première fois. Et c'est une blessure qui m'a finalement ramené à la compétition. C'est ça la beauté de la vie. Tu obtiens une deuxième chance.»

Une deuxième chance qu'elle compte garder bien serrée entre ses mains après avoir triomphé au 100 m et 200 m.

Dupuis compte être des prochains Jeux Invictus en septembre 2017, à Toronto. Puis si tout va bien, elle devrait être à nouveau porte-parole de la Course de l'Armée du Canada qui aura lieu le 18 septembre dans le centre-ville d'Ottawa.

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