Le long parcours d'une plongeuse d'exception

Uschi Freitag a obtenu le troisième meilleur pointage... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Uschi Freitag a obtenu le troisième meilleur pointage en demi-finale, derrière notamment la Québécoise Jennifer Abel.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Adolescente, elle s'était cassé le cou lors d'un entraînement hors de l'eau. Quatorze ans après cette frousse, Uschi Freitag se prépare à participer aux Jeux olympiques pour la première fois en carrière.

Et visiblement, l'athlète des Pays-Bas semble prête à relever le défi le plus important de sa carrière sportive. Elle s'est qualifiée jeudi en vue des finales de l'épreuve de 3 m de la Coupe Canada présentée au centre sportif de Gatineau.

La jeune femme âgée de 26 ans a obtenu le troisième meilleur pointage en demi-finale, derrière notamment la Québécoise Jennifer Abel.

Freitag s'avère une des favorites de la foule partout où elle passe sur le circuit Grand Prix de la FINA. Gatineau ne fait pas exception; la visiteuse néerlandaise ayant gagné le bronze lors de ses deux visites précédentes en Outaouais.

«Je vise toujours plus haut. Remporter une médaille d'or serait très plaisant. Mais je veux simplement montrer à tout le monde où je suis rendue. Ce n'est pas le temps d'atteindre mon apogée. Ce moment est en août aux Jeux.»

Freitag dit aimer le Canada. Particulièrement Gatineau et ses bénévoles. Des gens toujours prêts à l'aider. Ce qui lui plaît un peu moins? La météo.

«Ce fut une surprise de voir de la neige ce matin», lance-t-elle en riant.

La multiple championne nationale a jasé de cette fracture au cou subie en 2002 lors d'une sortie ratée d'un trampoline. «Trois millimètres de plus, j'étais paralysée ou pire, morte», précise-t-elle.

«Pendant un an, je n'ai pas pu plonger ni m'entraîner. Je n'ai pas pu porter de sac à dos pendant trois mois. En fait, personne n'avait le droit de me toucher.»

Même pas maman ou papa pour un câlin.

«Ce fut des moments difficiles pour un enfant de 12 ans. Je ne réalisais pas à l'époque à quel point j'ai été chanceuse de m'en sortir comme ça.»

La Coupe Canada de plongeon regorge d'histoires tout aussi intéressantes que la sienne.

Tiens, il y a Habiba Ashraf Kamal, qui deviendra la première plongeuse égyptienne à participer aux JO depuis 1988. De son côté, la Néo-Zélandaise Elizabeth Cui détient une ceinture noire en taekwondo. Elle a aussi peur des... hauteurs.

Puis il y a la Française Clara Della Vedova, une ancienne championne gymnaste en France qui était en voie d'obtenir son billet pour les Jeux olympiques en 2012 à Londres. «Une rupture du tendon d'Achille m'a empêché de me qualifier», relate-t-elle.

Ce fut la dernière d'une longue liste de blessures qui l'ont poussé à quitter la palestre. Sa colocataire qui pratiquait le plongeon à l'époque l'a convaincu de la suivre sur le tremplin pour un entraînement. Après six mois d'essais, les instructeurs de ce club de Paris ont décidé de la prendre sous leur aile.

«C'est dur d'intégrer un nouveau sport. Tu reprends tout à zéro.»

Il s'agit de sa deuxième saison sur le circuit international. «C'est super, même si je n'ai pas très bien réussi aujourd'hui. Mais c'est normal. J'ai besoin d'acquérir de l'expérience», ajoute Della Vedova, qui a terminé 18e lors des préliminaires.

On ne la reverra pas dans la piscine lors des trois prochains jours à la Coupe Canada. Elle n'avait qu'une épreuve à son horaire.

«Je vais encourager mes coéquipiers», a-t-elle indiqué.

Vendredi, ce sera place aux préliminaires du 3 m chez les hommes, de même que le 10 m chez les femmes. Les finales se dérouleront durant le week-end.

Un moment d'inspiration pour un enfant malade

Pancartes à la main et les cordes vocales en grande forme, plus de 250 étudiants ont assisté aux premières épreuves de la Coupe Canada au centre sportif de Gatineau. Certains rêvent de faire carrière dans le sport. Même de gagner des médailles.

Marc-Olivier Chantelois, 11 ans, tient simplement à remporter une bataille. Celle qu'il mène depuis deux ans contre une leucémie aiguë lymphoblastique.

Et jeudi, l'élève de l'école primaire des Deux-Ruisseaux a eu droit à un gros coup de pouce. Le plongeur Maxim Bouchard, multiple champion canadien, est venu lui serrer la pince sur le bord de la piscine après avoir terminé deuxième lors des préliminaires à la tour de 10 m.

Plongeon Gatineau, qui accueille la Coupe Canada, a servi d'intermédiaire.

«Quand j'ai appris son histoire, c'est venu me chercher. Je suis quelqu'un d'assez sensible», a soutenu Bouchard. Ce dernier avait rendu visite aux étudiants des Deux-Ruisseaux à la mi-janvier, relatant son parcours.

Sa carrière a été marquée par une chute de 10 m lors d'un spectacle en 2010 aux Philippines. Il avait subi de multiples fractures. L'humérus a écopé, tout comme un poignet. Sa tête avait été fendue à deux endroits. Ajoutez à cela de profondes lacérations au dos et aux deux jambes.

Sa détermination à retrouver la santé et sa place sur l'échiquier international a retenu l'attention du jeune Chantelois, qui l'a adopté comme modèle.

«Savoir que j'ai pu faire une différence dans sa bataille me touche. C'est pourquoi je tenais à le rencontrer aujourd'hui. Je l'ai invité à voir la finale samedi. Je compte passer du temps avec lui par la suite et l'encourager, a raconté Bouchard.

«Mon parcours n'a pas été évident. Des fois, il aurait été facile de laisser tout tomber. Mais je suis toujours resté positif. Je suis passé par-dessus plusieurs obstacles devant moi. Je veux l'aider (Marc-Olivier) à passer par-dessus ses obstacles à son tour... l'aider à sortir gagnant.»

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