Ce trophée qui manque à Gushue

Brad Gushue et ses coéquipiers de Terre-Neuve affronteront... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Brad Gushue et ses coéquipiers de Terre-Neuve affronteront Équipe Canada et le Québec mercredi à la Place TD.

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il a gagné l'or olympique et plusieurs épreuves du World Curling Tour (WCT) depuis dix ans. Mais une pièce importante manque à la collection de Brad Gushue.

Le nom du capitaine de Terre-Neuve ne se trouve nulle part sur le "Tankard", ce trophée massif remis au champion du Brier. L'athlète âgé de 35 ans tente sa chance une 13e fois cette semaine à Ottawa.

Ce qui pousse certains à le qualifier du meilleur joueur n'ayant pas encore gagné le titre canadien.

«Je vais cesser de dire que cette année s'avère la bonne. Je vais simplement me concentrer à bien jouer et je verrai ce qui se produira», lance Gushue, auteur d'un bon départ au Brier qui se déroule depuis samedi à la Place TD.

Son quatuor a gagné deux autres fois mardi, portant sa fiche à 5-1. Il affrontera maintenant Équipe Canada mercredi matin puis le Québec en soirée.

Gushue se plaît dans la région de la capitale nationale. «Vous pouvez dire que j'ai toujours connu du succès ici» dit-il.

Ses coéquipiers et lui ont remporté le Challenge Château Cartier, une étape du WCT, à deux reprises depuis trois ans à Gatineau. Ils ont démoli tous leurs adversaires l'automne dernier.

Une conquête survenue une semaine avant l'accident du skip au Tournoi des Maîtres en Nouvelle-Écosse. Une chute face première sur la glace lui a valu sept points de suture pour fermer une coupure au-dessus de son oeil gauche.

Surtout, Gushue a ressenti des symptômes de commotion cérébrale.

Nervosité... et casque

Un épisode qui l'a marqué.

«Je suis un brin nerveux depuis ce temps-là sur le jeu. Et je n'avais jamais été nerveux de la sorte lors de mes 20 premières années au curling», confie-t-il.

Gushue a songé à porter un casque protecteur. Mais il avoue que plusieurs préjugés existent.

«Je serais surement la cible de commentaires au début. Ça prend peut-être un joueur comme moi pour changer la perception des gens, explique-t-il.

«Mais je ne suis pas à l'aise à porter un casque. Honnêtement, je crois avoir chuté plus souvent dans ma vie en me rendant à ma voiture l'hiver que sur la glace en jouant au curling.»

Du même souffle, il affirme être en faveur du port obligatoire chez les enfants âgés de moins de 13 ans.

«Ma fille de huit ans porte un casque, même si elle est déjà très bonne sur la glace, souligne le médaillé d'or aux JO de 2006 à Turin. Tu ne sais jamais ce qui peut arriver. J'en suis la preuve. Ce qui m'est arrivé à Truro en octobre était une malchance».

Jean-Michel Ménard ne croit pas que le Québec... (Martin Roy, LeDroit) - image 2.0

Agrandir

Jean-Michel Ménard ne croit pas que le Québec accueillera le Brier de sitôt.

Martin Roy, LeDroit

Le Brier, gros risque pour le Québec

Chicoutimi l'a accueilli, tout comme Québec et même Hull, au centre Robert-Guertin, en 1967. Est-ce que le Brier pourrait être présenté à nouveau dans la Belle Province?

La dernière édition à se dérouler en sol québécois remonte à 1988 au Saguenay. Depuis, rien.

«Malheureusement, je ne pense pas en voir un au Québec de mon vivant, à moins qu'un commanditaire majeur embarque, croit l'ancien vice-champion du monde, Jean-Michel Ménard.

«Logiquement, le Brier est le championnat canadien masculin. Il devrait donc faire le tour des différentes provinces.»

Mais il y a une réalité qui ne peut être ignorée.

«Le Brier, c'est la vache à lait de Curling Canada, rappelle Ménard. Et il y a des provinces qui ne possèdent pas un bassin de partisans suffisant pour accueillir ce tournoi. C'est le cas du Québec, même si nous avons des amphithéâtres capables de tenir l'événement. Nous ne passerions même pas proches de les remplir.»

Des propos similaires tenus par son coéquipier Éric Sylvain. «Curling Canada ne prendra pas ce risque-là. C'est trop dangereux financièrement», lance-t-il.

Les profits réalisés au Brier servent notamment à éponger des pertes encaissées par d'autres tournois nationaux organisés par la fédération canadienne. Il suffit de penser à la Coupe Canada et la Coupe continentale.

Même le tournoi des Coeurs n'est pas un gage de succès chaque année.

Curling Canada était réticent au début, dit-on, à l'idée de présenter l'édition 2017 à St-John, à Terre-Neuve. Il a fallu une croisade du joueur vedette Brad Gushue et surtout, des garanties financières importantes.

Les organisateurs ont notamment vendu 2200 passes pour le tournoi avant même l'octroi officiel.

Ménard croit que le meilleur compromis s'avère Ottawa. «C'est le plus proche que tu vas avoir le Brier du Québec», dit-il.

Le Gatinois Finn Lean a eu le coup... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

Agrandir

Le Gatinois Finn Lean a eu le coup de foudre pour le curling en visionnant des compétitions aux Jeux olympiques.

Etienne Ranger, LeDroit

Un porte-bonheur de l'Outaouais

Son nom? Finn. Il a 15 ans. Et depuis moins de 24 heures, l'ado d'Aylmer s'avère le nouveau porte-bonheur de l'équipe des Territoires du Nord-Ouest.

Le quatuor du skip Jamie Koe a mis fin à une séquence de 20 défaites consécutives depuis trois ans en matches réguliers au Brier, gagnant 8-5 mardi contre le quadruple champion du monde, Glenn Howard.

Tout ça alors que Finn Lean était l'invité de la formation de Koe, tout comme un autre espoir du curling local, Chloé Bourguignon. «Je leur ai demandé après le match s'ils étaient libres pour le reste de la semaine»,a blagué le vétéran capitaine.

Les deux jeunes athlètes ont été présentés à la foule lors des cérémonies protocolaires. Ils font partie des 24 joueurs de 14 clubs choisis en tant que les "étoiles juniors" du Brier.

Dans leur cas, Lean et Bourguignon ont été jumelés à la bande de Koe. Ils ont pu regarder les équipes s'échauffer en plus d'assister au match et visiter le studio mobile de TSN durant un bout.

Koe a pris le temps de leur remettre des maillots du quatuor tout en leur refilant quelques conseils. «Ce fut inspirant. Un jour, je pourrais être un de ces joueurs», s'est mis à rêver Lean, qui pratique le curling depuis six mois.

«J'ai découvert ce sport en regardant les Jeux olympiques à la télé. Mais ce n'est que dernièrement que j'ai pu trouver du temps pour l'essayer.»

Ce fut le coup de foudre. Surtout pour la position de skip. «J'aime avoir le contrôle du match», a-t-il noté, petit sourire en coin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer