La Russie se défend d'avoir instauré un système de dopage

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Le premier ministre russe Vladimir Poutine (à gauche) et le ministre des Sports et du Tourisme (à droite).

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James Ellingworth
Associated Press

Le gouvernement russe a commencé à répliquer aux accusations de dopage étatisé alors même que les premières sanctions lui étaient imposées.

Un rapport émis lundi par l'Agence mondiale antidopage (AMA) a accusé la Russie d'avoir mis sur pied ce système commandité de dopage et d'avoir camouflé des cas de dopage en athlétisme, dont quelques-uns par des médaillés olympiques. Ce rapport fait état de l'intervention du Service fédéral de sécurité de Russie (FSB) auprès d'un laboratoire antidopage pendant les derniers Jeux olympiques d'hiver de Sotchi.

Le porte-parole du président Vladimir Poutine a déclaré que les allégations faites dans ce rapport ne sont pas supportées par des preuves solides, tandis qu'un grand nombre de hauts dirigeants ont parlé de conspiration dans le but de diffamer le sport russe.

«Tant qu'il n'y a pas de preuve, c'est difficile de considérer ces accusations, qui semblent plutôt infondées», a déclaré Dmitry Peskov.

À la suite de la parution de ce rapport, la Russie est menacée d'exclusion de toutes compétitions en athlétisme, y compris aux prochains Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Le premier geste posé en liens avec les recommandations de ce rapport a été la révocation, mardi, du permis du laboratoire antidopage de Moscou, mettant ainsi fin à tous tests sur les échantillons sur place, qui seront dirigés vers un autre laboratoire accrédité par l'AMA, à l'extérieur du pays.

La commission de l'AMA a indiqué que les résultats des tests était couramment falsifiés afin de protéger des athlètes russes de pointe. Le laboratoire est sous la direction de Grigory Rodchenkov, qui est accusé d'avoir camouflé des cas de dopage, d'extortion auprès d'athlètes et d'avoir détruit 1147 échantillons pour empêcher les enquêteurs de l'AMA d'y avoir accès. Le rapport recommande une suspension à vie pour Rodchenkov.

Le directeur exécutif de l'Agence russe antidopage (RUSADA), Nikita Kamaev, a dit que le laboratoire de Rodchenkov a «cessé de fonctionner», mais que son agence fonctionne toujours.

«L'agence russe rencontre toutes les exigences de l'AMA à ce moment-ci», a-t-il déclaré, ajoutant que la RUSADA préparait une réponse détaillé à tous les points soulevés dans le rapport de l'AMA.

La RUSADA est également passible de suspension. L'AMA l'a accusée de nombreux vices de procédures dans son programme de tests, notamment d'avoir avisé des athlètes à l'avance de supposés tests inopinés, de collusion avec les entraîneurs et d'avoir permis à certains athlètes suspendus de participer à des compétitions.

Kamaev est l'un des nombreux dirigeants russes à prétendre que ce rapport est biaisé.

«Certaines de ces allégations sont d'une acuité particulière et sont, si vous voulez, politisées», a-t-il dit, refusant de donner de plus amples détails. Il a cependant ajouté que les allégations d'infiltration du laboratoire de Moscou par des agents du FSB sont le produit «d'une imagination enflammée» et tiennent davantage du film d'espionnage.

Plus tôt, le président intérimaire de la Fédération russe d'athlétisme, Vadim Zelichenok, a déclaré aux médias russes que le rapport contenait du «matériel fait sur mesure», sans spécifier qui aurait manipulé de la sorte le rapport. Il a aussi demandé à la fédération internationale de faire preuve de prudence et de permettre aux athlètes russes de participer aux prochains JO.

Enquête exigée par le CIO

En début de soirée, le Comité international olympique (CIO) a demandé à la fédération internationale d'athlétisme d'ouvrir une enquête disciplinaire à l'endroit des athlètes, entraîneurs et dirigeants russes accusés par le rapport de l'AMA. Le CIO s'est dit prêt à priver de médaille tout athlète trouvé coupable par cette enquête de l'IAAF.

Le CIO a également suspendu provisoirement son membre honoraire Lamine Diack après que l'ex-président de l'IAAF eût été accusé de corruption et blanchiemnent d'argent en France en liens avec le scandale russe.

Mutko aussi sous enquête

Par ailleurs, le comité d'éthique de la FIFA a annoncé qu'il allait étudier le rôle du ministre des Sports de la Russie, Vitaly Mutko, dans le scandale frappant le pays.

En plus de son poste de ministre, Mutko siège au comité exécutif de la FIFA et dirige la comité organisateur de la Coupe du monde 2018 de football.

Le rapport de l'AMA place Mutko au coeur de ce scandale de dopage, clamant qu'il a «intimidé et interféré directement», en plus de donner l'ordre de manipuler les échantillons.

«Nous analysons ce document avec attention», a déclaré par communiqué le comité d'éthique, mardi.

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