Les Espagnols ont enfin été en mesure de faire céder la défensive des Croates après avoir bousillé de nombreuses occasions en fin de partie quand Cesc Fabregas a lobé le ballon à Andres Iniesta, qui a rejoint Navas dans la surface de réparation. L'attaquant substitut n'a eu qu'à loger le ballon dans une cage abandonnée à la 88e minute.
«Nous n'avons pas abandonné et nous méritions la victoire», a dit Navas.
L'Espagne a dominé au chapitre de la possession de ballon, comme un peu tout le monde s'y attendait, mais n'a pas été en mesure de se créer beaucoup d'occasions de marquer.
Le but de Navas est survenu quelques instants après qu'Iniesta et Fabregas ont raté de belles occasions, les Espagnols se rendant coupables de trop de fantaisie, tentant de compléter une passe de plus, souvent de trop. L'Espagne, qui tente de remporter un troisième tournoi majeur consécutif, sera opposé à l'équipe qui terminera deuxième du groupe D, samedi, à Donetsk, en Ukraine.
La Croatie aurait pu atteindre la ronde éliminatoire avec une victoire, mais le gardien Iker Casillas a réalisé deux gros arrêts dans la deuxième demie pour garder la marque à zéro partout. Il a notamment effectué un arrêt de réflexes sur la tête d'Ivan Rakitic à la 59e minute, avant de boxer le ballon à l'extérieur sur la basse volée du substitut Ivan Perisic à la 79e.
Casillas a été le meilleur joueur espagnol en défense, tandis que ses arrières ont souvent été piégés par des ballons joués dans la surface.
L'Espagne a d'ailleurs été plus hésitante dans ce match que face à l'Irlande, mais plus portée sur l'attaque que dans son match face à l'Italie. Xavi Hernandez et Xabi Alonso se sont souvent repliés pour laisser les arrières Alvaro Arbeloa et Jordi Alba se porter en attaque.
La défense espagnole a toutefois bien fait pour neutraliser l'attaquant Mario Mandzukic, auteur de trois buts dans les deux premiers matches des Croates.
Fier de ses joueurs
Malgré l'élimination des siens, Slaven Bilic, sélectionneur de la Croatie, était très fier de la performance de ses joueurs: «Je suis fier de ce qu'on a fait ce soir. Je pense que nous méritions plus sur ce match. Mais l'Espagne est une équipe très compliquée à jouer, très tactique. Nous voulions les neutraliser en première période pour risquer davantage lors des 15, 20 dernières minutes. Et je pense qu'ils n'ont pas passé un bon moment face à nous. Nous avons notamment cette occasion énorme de Rakitic. Il fait tout ce qu'il faut, mais Casillas sort un immense arrêt», expliquait Bilic.
«Je tiens seulement à dire que mes joueurs ont été incroyables, qu'ils ont beaucoup de caractère. Et je veux aussi remercier la Fédération croate de m'avoir fait confiance quand, il y a six ans, j'ai pris la sélection alors que j'étais un jeune coach sans expérience. Enfin, je félicite l'Espagne et l'Italie. Sur les destinées de l'Espagne dans ce tournoi, je ne sais pas, je ne les vois pas forcément seuls favoris. Je pense qu'il y a peut-être d'autres équipes qui ont plus faim qu'elle».