Il y a 40 ans, le rêve olympique

Le Stade olympique de Montréal, 40 ans après... (Ryan Remiorz, Archives PC)

Agrandir

Le Stade olympique de Montréal, 40 ans après les Jeux

Ryan Remiorz, Archives PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Fédération canadienne d'haltérophilie l'a convaincu de sortir de la retraite en 1973, lui promettant une bourse d'études afin de faire des études en génie mécanique. Trois ans plus tard, Pierre St-Jean a participé aux Jeux olympiques pour une troisième et dernière fois.

C'est l'haltérophile québécois Pierre St-Jean avait prononcé le serment... (Archives La Presse) - image 1.0

Agrandir

C'est l'haltérophile québécois Pierre St-Jean avait prononcé le serment au nom de tous les athlètes lors de la cérémonie d'ouverture au Stade olympique.

Archives La Presse

Ça s'est passé chez lui à Montréal, lui qui a représenté le Canada à Tokyo en 1964 puis Mexico en 1968. Encore mieux, on l'a choisi afin de prononcer le serment au nom de tous les athlètes lors de la cérémonie d'ouverture au Stade olympique.

«Un des faits saillants des Jeux pour moi», avoue St-Jean, quatre décennies plus tard.

Le Canada fêtera dimanche le 40e anniversaire des JO de 1976, dont le coup d'envoi avait été donné un 17 juillet. «J'ai conservé des articles de journaux. On me voit sur une photo avec la main sur un drapeau canadien pendant que je prononce le serment», souligne St-Jean, qui a élu domicile à Ottawa après sa carrière sportive. Il y a fondé une famille en plus de devenir entraîneur.

Pendant une quarantaine de minutes au bout du fil, le septuagénaire s'est remémoré de bons et «moins bons» souvenirs de ces Jeux d'été à se dérouler à Montréal. Il a bien ri en relatant la nervosité qui l'habitait dans la semaine qui a précédé la cérémonie d'ouverture.

«Je n'ai jamais été un gars habile avec les langues. Et je n'ai jamais eu une mémoire fantastique. Même que la journée avant de prononcer le serment,  je répétais le texte devant ma femme et j'oubliais encore des bouts!

«Ça rend un gars nerveux encore plus quand vient le temps de le faire devant 20 millions de téléspectateurs, ajoute-t-il en riant. Je me suis dit qu'il faudrait que je reste concentré, que je ne regarde pas autour de moi dans le stade. Finalement, ça s'est bien passé... pour moi. Ce ne fut pas le cas pour l'arbitre qui me suivait... Il a oublié son texte.»

Durant sa carrière, Pierre St-Jean a brisé 86 records canadiens, 55 marques du Commonwealth et un record du monde. Sa collection comprend trois médailles aux Jeux du Commonwealth, dont l'or en 1966.

Le chef de mission Maurice Allen, lui-même un ancien haltérophile, est l'homme qui l'a choisi pour le serment. Plusieurs raisons avaient joué en sa  faveur.

C'était une vedette locale bilingue qui s'était battue quelques années auparavant afin d'accroitre le financement accordé aux athlètes par le gouvernement du Québec. Puis, il était parmi les meilleurs au monde.

«Je conserve des émotions partagées de ces Jeux», confie St-Jean. 

«Le public s'attend à ce que certains athlètes québécois aillent chercher des médailles. Malheureusement, ça s'est moins bien passé pour moi. J'ai manqué mes trois essais à l'arraché et j'ai été éliminé à mi-chemin de la compétition. Ce fut très décevant.»

Des regrets? Pas du tout. St-Jean dit qu'il avait opté pour des poids audacieux. C'était tout ou rien. «Quand il s'agit de ta troisième fois Jeux olympiques, tu n'es pas là juste pour participer. Tu y vas pour la médaille.»

Porter le flambeau

La famille olympique canadienne ne l'a jamais oublié au fil des ans.

Elle l'a invité à porter le flambeau olympique à deux reprises, une première fois en 1988 à Pointe-Claire, puis en 2010 à Gatineau.

Un rôle qu'il a pris au sérieux. À quel point? «Je me suis entraîné en marchant dans la rue tout en tenant à bout de bras une masse de deux livres. Je voulais vraiment être sûr de ne pas échapper le flambeau!»

Les Jeux olympiques de Montréal.. à Ottawa

Nulle part au parc Lansdowne ne se trouvent les anneaux olympiques. Ou même une mention des six matches de soccer qui se sont déroulés sur ce site en bordure du canal Rideau en 1976.

Oui, Ottawa a vibré au rythme des Jeux, il y a 40 ans. La nouvelle génération l'ignore. Les plus vieux, eux, l'ont oublié.

La capitale nationale avait présenté cinq parties de la ronde préliminaire de même qu'une joute quart de finale. L'Allemagne de l'Est avait gagné 4-0 contre la France, en route six jours plus tard, vers la médaille d'or au stade olympique de Montréal. Plus de 20 000 personnes avaient assisté à cette confrontation.

Une foule impressionnante à l'époque, mais pas autant que les 29 417 spectateurs qui ont été témoins d'un verdict nul de 0-0 entre la Pologne et Cuba, une semaine auparavant.

De nombreux partisans gatinois avaient traversé un des ponts afin de voir du «foot olympique» pendant ce mois de juillet.

Le comptable Jean-Pierre Hétu a fait partie du lot. «Il y avait une belle ambiance dans le stade. Les gens ont embarqué. Il y avait plusieurs nationalités. J'avais été impressionné», dit-il.

À l'époque, le parc Lansdowne était doté de gazon naturel, et non d'une surface synthétique. Aussi, le soccer mineur était à ses premiers pas sur le territoire de Gatineau.

«Plusieurs personnes allaient au stade par curiosité. Il y avait plusieurs néophytes. On leur expliquait les phases du jeu», s'est rappelé Hétu. Ce dernier était notamment sur place lors du tout premier match, une victoire de 4-1 de la France contre le Mexique. Hugo Sanchez avait inscrit le seul but des perdants.

Il n'avait que 18 ans. La carrière du plus grand joueur mexicain de tous les temps ne faisait que prendre son envol. Sanchez allait marquer plus de 200 fois avec le Real Madrid, célébrant souvent ses buts en effectuant un salto.

Les Bleus, eux, comptaient sur Michel Platini en uniforme. En plus d'Ottawa, Toronto, Sherbrooke et bien sur Montréal avaient été hôtes de parties des Jeux olympiques. Le tournoi ne comptait que 13 équipes à la suite des forfaits du Nigéria, Ghana et Zambie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer