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L'Éthiopie se démarque au marathon d'Ottawa

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C'est l'Éthiopien Dino Sefir qui a remporté le 42e marathon d'Ottawa.

Martin Roy, LeDroit

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Les années passent, les Éthiopiens continuent de dominer le marathon d'Ottawa.

Qu'un coureur originaire du «toit de l'Afrique» franchisse le fil d'arrivée premier après avoir couru 42 km dans la capitale ne devrait plus étonner. Particulièrement chez les hommes. Un Éthiopien est sorti vainqueur chaque année depuis 2013.

Ce week-end, toutefois, la domination fut globale.

Dino Sefir, un très grand gaillard qui célébrait samedi son 28e anniversaire de naissance, a été le plus rapide. Il a complété son parcours en deux heures, huit minutes et 14 secondes.

Son jeune compatriote Shura Kitata l'a suivi pendant une bonne partie de la matinée. Il s'est finalement avoué vaincu. Il a quand même réussi à s'en tirer avec la médaille d'argent en se pointant une minute et 49 secondes plus tard.

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Koren Jelela, d'Éthiopie ,a été la première femme à franchir le fil d'arrivée du marathon, dimanche matin.

Martin Roy, LeDroit

Chez les femmes, l'Éthiopienne Koren Jelala, une jeune mère de famille, a remporté la course avec un chrono de 2:27:06. Le top-4 fut complété par trois de ses compatriotes.

«Nous travaillons. Nous y mettons l'effort. Nous avons la chance de vivre en altitude. Nous sommes aussi habités par un esprit compétitif. Nous ne voulons surtout pas subir la défaite», a répondu Sefir, tout souriant, lorsqu'on lui a demandé quel était le secret de la domination de son pays sur la scène internationale du marathon.

«Dès le départ, j'avais un bon feeling. Je sentais que ce serait une bonne journée. Je croyais que je pouvais contrôler cette course», a précisé celui qui, contrairement à la majorité des coureurs ce week-end, n'a pas du tout semblé affecté par la chaleur.

Pendant une trentaine de kilomètres, il a traîné Kitata dans son sillage. On a même vu les deux hommes partager une bouteille d'eau à un certain moment.

Le membre le plus expérimenté du tandem était convaincu qu'il finirait par s'échapper au moment opportun.

«Kitata n'a pas énormément d'expérience. Je le savais dès le départ. J'ai essayé de le pousser. C'est pour ça que je lui ai donné de l'eau», dit Sefir.

«Si la compétition avait été plus forte, j'aurais sans doute pu réussir un meilleur chrono», complète-t-il.

Il quittera quand même Ottawa avec le troisième meilleur temps jamais enregistré sur son parcours.

Le record du parcours, établi en 2014 par un dénommé Yemane Tseguay à 2:06:54, tient le coup.

Dans la zone de repos des athlètes d'élite, quelques minutes après son arrivée, le jeune Kitata ne semblait pas trop malheureux de s'en tirer avec une deuxième position.

Âgé de 20 ans, il est un petit nouveau sur la scène internationale. Il demeure convaincu que le meilleur reste à venir pour lui.

Pour le reste, il parvient assez facilement à expliquer sa perte de vitesse en fin de parcours. Ce serait attribuable à une pièce d'équipement légèrement capricieuse.

«Il a choisi d'enfiler des chaussures toutes neuves ce matin. Plus le temps passait, plus ça lui faisait mal. Il n'était pas à l'aise. Au 32e kilomètre, tandis que Dino s'échappait, Shura pensait à ses souliers. Ça explique un peu ce qui s'est passé en fin de course», a résumé l'entraîneur qui lui servait d'interprète.

Le jeune Kitata n'a peut-être pas adopté la meilleure stratégie en ce qui a trait à l'hydratation. «Il manque d'expérience. Il n'avait jamais pensé à boire de l'eau pendant une course avant aujourd'hui», dit l'entraîneur.

Kip Kangogo, un coureur albertain aux origines kényanes, a signé la plus belle performance canadienne dimanche. Il a pris le huitième rang avec un chrono de 2:21:23.

Quatre marathoniens obtiennent leur billet pour Rio

Les spectateurs qui étaient installés près du fil d'arrivée ont peut-être remarqué une toute petite coureuse passer en pleurant, peu après 9h30. Il s'agissait de larmes de joie. Mary Joy Tabal était en train de réussir son rêve de se qualifier pour les Jeux de Rio.

Elle était parfaitement consciente de l'importance du moment. Elle devenait la première marathonienne des Philippines à se qualifier pour les Jeux olympiques.

«Les Jeux existent depuis combien d'années, déjà? Je suis la première. C'est juste moi. Vous ne pouvez pas comprendre à quel point je suis heureuse», déclare-t-elle.

«J'étais très découragée après le marathon de Boston. Je n'avais pas bien couru. Je croyais bien que j'avais raté ma dernière chance de me qualifier pour Rio. Un ami qui vit à Ottawa m'a suggéré d'y aller d'une dernière tentative. Je n'étais vraiment pas certaine, mais j'ai accepté le défi. Même si je n'y croyais plus vraiment, je suis venue ici pour m'amuser», résume-t-elle.

En tout, quatre coureurs ont réussi leur standard olympique dimanche. Trois du côté féminin, un du côté masculin.

Représentant Israël, Maor Tiyouri a causé une belle surprise. Elle a obtenu son ticket pour le Brésil en courant son tout premier marathon à vie. Elle se spécialisait jusqu'à tout récemment dans les courses de 5000 et 10 000 mètres.

Ariana Hilborn représentera pour sa part la Lettonie à Rio. Née aux États-Unis, elle possède la double nationalité.

Chez les hommes, le Congolais Makorobondo Salukombo a obtenu son standard olympique en terminant la course parmi les 10 premiers.

Korir garde la tête haute

L'histoire de Tarah Korir avait été largement médiatisée ce week-end. À son deuxième marathon à vie, la Canadienne qui vit en Afrique tentait d'obtenir son standard olympique. 

Elle voulait rejoindre aux JO son mari, le député kényan Wesley Korir.

Elle a raté de quelques minutes son objectif. «Dans mes rencontres avec vous avant la course, je vous ai bien dit que ce serait extrêmement difficile. Il aurait fallu que je connaisse la course de ma vie, ce qui ne s'est pas produit», indique-t-elle.

Elle peut néanmoins se consoler en se rappelant qu'elle fut la Canadienne la plus rapide à Ottawa ce week-end.

«Dans une année olympique, tout le monde rêve aux Jeux. Je viens quand même de réussir mon meilleur temps à vie. Je n'ai pas le droit d'être déçue», dit-il.

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