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Nage synchro: Thomas a son billet pour Rio

Le tandem formé de Jacqueline Simoneau et Karine... (Courtoisie, Comité olympique canadien)

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Le tandem formé de Jacqueline Simoneau et Karine Thomas, lors de l'annonce de la bonne nouvelle par le Comité olympique canadien. Il ne s'agissait en fait que d'une formalité, car les nageuses s'étaient qualifiées pour Rio l'été dernier.

Courtoisie, Comité olympique canadien

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(Montréal) Son entraînement quotidien à la piscine a dû être repoussé de quelques heures. Un rendez-vous important se trouvait à l'horaire de Karine Thomas. Le Comité olympique canadien (COC) allait confirmer sa participation aux Jeux, à Rio.

La nageuse synchronisée de Gatineau et sa partenaire Jacqueline Simoneau ont eu droit à la traditionnelle remise de manteau aux couleurs de l'équipe canadienne, mercredi matin, au centre-ville de Montréal. Une cérémonie protocolaire qui s'est déroulée à la Maison olympique décorée pour l'occasion de nombreuses photos du duo québécois.

«Je ne peux pas décrire ce que je ressens en ce moment, à quel point je suis excitée», a lancé Thomas au journaliste du Droit, pinçant la manche gauche de son nouveau veston brodé des anneaux olympiques. «J'ai le sourire aux lèvres depuis huit heures ce matin. Je savais que je m'en venais ici, que ça allait être une belle journée.»

Qu'elle obtienne sa place au sein de l'équipe olympique ne s'avère pas une surprise. L'athlète âgée de 27 ans sait depuis 10 mois qu'elle sera de l'aventure au Brésil.

Simoneau et elle s'étaient qualifiées en duo en juillet 2015, remportant l'or aux Jeux panaméricains, à Toronto. «Aujourd'hui, c'est une étape de plus vers Rio. Ça confirme que c'est vrai, que nous allons y être aux Jeux», s'est réjoui Thomas.

Ce sera sa deuxième aventure olympique après Londres en 2012. L'athlète  de l'Outaouais avait terminé quatrième, non loin du podium, lors de l'épreuve par équipe.

Cette fois-ci, on la retrouvera en duo.

«Je crois que Karine et Jacqueline pourront savourer une médaille», a soutenu leur entraîneur Meng Chen.

Ses deux élèves disputent une troisième saison ensemble. En plus de gagner l'or aux Jeux panaméricains, elles ont pris le deuxième rang l'an dernier au concours libre des Mondiaux et la sixième position au concours technique.

Puis il y a eu cette médaille d'argent à l'Omnium du Brésil en avril.

«Les filles ont les habiletés pour aboutir sur le podium. Mais plusieurs choses vont influencer le résultat final. Certaines s'avèrent hors de notre contrôle, a reconnu la directrice générale de Synchro Canada, Jackie Stell-Buckingham.

«Pour commencer, les filles devront être exceptionnelles, être parfaites afin de déloger les médaillées en titre», a-t-elle ajouté.

Viser la perfection et même mieux

Thomas, elle, va même plus loin que la grande patronne de la fédération nationale. «C'est certain que nous visons une place sur le podium. Mais nous savons que pour nous retrouver là, nous allons devoir être plus que parfaites», a-t-elle précisé.

À quel point le duo tient-il à ramener cette médaille ? Il a décidé de rouler les dés et oser.

«Nous avons préparé une routine innovatrice, quelque chose qui n'a jamais été vu auparavant en nage synchronisée. Nous travaillons nos expressions, l'aspect artistique, avec un enseignant de l'école nationale du théâtre. La musique utilisée aussi sera du jamais vu», explique Jacqueline Simoneau.

Le mot innovateur n'a pas toujours été synonyme de médailles aux Jeux par le passé. Surtout dans les sports jugés.

La jeune Simoneau, âgée de seulement 19 ans, le sait très bien. «C'est un risque, mais nous devons le prendre pour gagner une médaille», a-t-elle fait remarquer.

La combinaison canadienne devra non seulement gagner la faveur des juges. Elle pourrait devoir aussi combattre dame Nature.

Les épreuves de nage synchronisée seront présentées dans une piscine extérieure à Rio. «Et il va sûrement faire froid», a avoué Karine Thomas.

Ça ne devrait pas déranger une fille du Québec, non?

«Je suis frileuse de nature, a-t-elle soutenu. Mais rien ne nous arrêtera. Plusieurs choses peuvent mal aller aux Jeux. Mais j'ai confiance que notre performance, elle, se déroulera très bien.»

Les Olympiques... puis l'heure de la retraite

La retraite s'en vient. Reste à savoir quand exactement.

«Ce seront mes derniers Jeux olympiques, confirme Karine Thomas. Si tu poses la question à mon entraîneur, tu n'obtiendras pas la même réponse! Elle aimerait me garder pendant huit autres années.»

La nageuse synchro de Gatineau a vu plusieurs coéquipières des Jeux de 2012 à Londres remiser leur maillot au fil des quatre dernières années. Ce fut le cas notamment de son amie Stéphanie Leclair, également originaire de l'Outaouais.

Cette dernière s'est mariée et s'est tournée vers le coaching.

«J'ai besoin de passer à autre chose, a reconnu Thomas, qui approche le cap de la trentaine. Que ce soit tout de suite après les Jeux, que ce soit deux mois, trois mois ou un an après, je ne sais pas encore... Je n'ai pas pris cette décision. Je ne suis pas dans un état pour la prendre. C'est une grosse décision. Je veux vivre les Jeux, connaître la meilleure performance de ma vie et ensuite, on verra.»

Études, mariage, enfants...

Reste que la nageuse la plus âgée du centre national d'entraînement a déjà quelques idées qui lui trottent en tête.

«Je planifie retourner aux études en marketing», a dit Thomas, qui a géré une compagnie de traiteur avec son copain. L'aventure a été mise sur pause, il y a un an, afin que l'athlète se concentre sur son parcours olympique.

«J'aimerais bien me marier, fonder une famille, avoir une maison... Un peu comme Monsieur et Madame Tout-le-monde, a-t-elle lancé. J'ai hâte de ne plus avoir mal aux muscles, d'être souvent fatiguée. Mais je me connais. Même après avoir pris ma retraite, je vais continuer à m'entraîner. Je suis une fille un peu crinquée.»

Ça ne sera pas une de ces athlètes qui gagnera plusieurs livres après avoir cessé la compétition. «Je ne pense pas. Je serai plutôt le genre de fille qui voudra aller faire des triathlons», avance-t-elle en riant.

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