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Leçon d'escrime et de persévérance à Santiago

Un poignet amoché, un pied infecté et une... (Courtoisie, Devin Manky Photography)

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Un poignet amoché, un pied infecté et une médaille d'argent. Voilà ce que le Gatinois Maxime Brinck-Croteau a ramené des championnats panaméricains seniors d'escrime à Santiago, au Chili.

Courtoisie, Devin Manky Photography

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Un poignet en compote et un pied infecté laissaient présager le pire scénario pour Maxime Brinck-Croteau. Une sortie rapide aux championnats panaméricains seniors d'escrime semblait inévitable.

Ce fut tout le contraire pour le Gatinois de 29 ans, qui a créé une surprise en gagnant la médaille d'argent à l'épreuve individuelle d'épée masculine. Tout ça s'est déroulé dimanche à Santiago, au Chili, site de cette première étape de qualification olympique vers les Jeux de 2016.

Célébrer à l'hôpital

«Une journée remplie d'émotions», avoue Brinck-Croteau au bout du fil.

«La veille de la compétition, j'avais de grosses douleurs au pied gauche. Je me suis levé à trois heures du matin. J'avais de la misère à marcher. J'ai pris des antidouleurs. J'étais très limité dans mes déplacements durant mes combats. Je devais enlever mon soulier entre ces combats.»

Sa seule défaite a été subie en finale aux mains du champion olympique en titre, le Vénézuélien Ruben Limardo.

Les célébrations ont été de courte durée. Brinck-Croteau a dû se pointer dans un hôpital le lendemain de sa présence sur le podium, l'état de son pied s'étant dégradé.

Les médecins ont diagnostiqué une infection. «J'ai un petit trou de la grosseur d'une gomme à effacer dans le pied. On m'a prescrit des antibiotiques et je devrais être rétabli à temps pour ma prochaine compétition», a relaté Brinck-Croteau, qui soignait déjà une blessure à un poignet.

Ce dernier regarde déjà vers les prochains mois.

«Beaucoup de choses ont changé pour moi, a soutenu celui qui était classé 251e au monde avant ce tournoi. Beaucoup de nouvelles possibilités s'offrent à moi.»

Son titre de vice-champion panaméricain lui ouvre la porte vers une participation aux championnats du monde à Moscou, en juillet, suivi des Jeux panaméricains à Toronto.

Mais surtout, ça lui permet de faire le plein de points afin d'obtenir un billet en vue des JO qui auront lieu dans 15 mois à Rio. «Énormément de points», précise Brinck-Croteau.

«C'est comme si j'avais terminé deuxième à une étape de la Coupe du monde. Sauf qu'ici, il n'y avait pas les escrimeurs européens et asiatiques. C'est le scénario parfait. Je suis en très bonne position.»

Neuf autres compétitions se trouvent à l'horaire du processus de qualification olympique. Dans le lot, on retrouve notamment des épreuves du circuit Grand Prix et de la Coupe du monde.

Brinck-Croteau compte y être. Même si ça risque de lui coûter très cher.

«Je dois mettre toutes les chances de mon côté. Mais je n'ai pas le luxe de ne pas les faire ces compétitions. Je dois continuer à amasser des points. S'il faut, je suis prêt à contracter un prêt et m'endetter pour m'aider à me qualifier en vue des Jeux.»

Rio, c'était son rêve lorsqu'il a décidé de quitter Gatineau et ses amis du Masque de fer en 2011 afin de mettre le cap vers la Chine. Le club Vango, à Pékin, lui avait offert l'opportunité de s'entraîner là-bas.

«J'y ai passé trois ans et demi. Mon coach personnel chinois m'a tout donné les outils pour que je puisse continuer à tirer et m'entraîner seul, sans un entraîneur.»

Puis l'été dernier, ce fut le retour au pays.

Plus précisément à Toronto, où Vango a ouvert une succursale.

Brinck-Croteau y enseigne, tout comme deux autres anciens du Masque de fer, l'épéiste Vanessa Lacas-Warrick et l'ancien Olympien Michel Dessureault.

Malgré tous ses efforts à l'entraînement, que ce soit en Chine ou au Canada, l'épéiste de Gatineau n'avait jamais passé près de gravir un podium sur la scène internationale. Son meilleur résultat avait été une 28e position à un arrêt de la Coupe du monde à Montréal... en 2010.

«Ça m'a pris quatre ans pour me déniaiser, lance-t-il à la blague. C'est peut-être pour mon année chanceuse. J'ai eu 29 ans le 29 mars!»

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